Protection de la biodiversité : Alliance entre environnement et université
La visite conjointe de Kaoutar Krikou, ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, et de Kamel Baddari, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ce samedi 13 décembre, au pôle universitaire de Sidi Abdellah, traduit sur le terrain une nouvelle étape dans la concrétisation de projets stratégiques liés à la gestion, au recyclage et à la valorisation des déchets, avec un accent fort sur la recherche appliquée et l’entrepreneuriat des jeunes dans la préservation de la biodiversité .
Dès la première halte de cette visite, la ministre de l’Environnement a déclaré que « cette sortie officielle s’inscrit dans une dynamique de mise en œuvre concrète de projets structurants dans les domaines de la gestion rationnelle des déchets, du recyclage, de la lutte contre les différentes formes de pollution et de la préservation de la biodiversité ».
Elle a également souligné l’importance accordée par son département à l’investissement durable dans le secteur du recyclage, en rappelant l’entrée en vigueur du décret exécutif n° 24-61, relatif à la détermination des matériaux récupérables et aux modalités de leur valorisation. La ministre n’a soutenu que ce texte réglementaire qui ouvre de nouvelles perspectives économiques et environnementales, notamment à travers l’implication directe des jeunes.
«Nous avons engagé, en coordination avec le secteur des micro-entreprises, un programme ambitieux visant la création de mille micro-entreprises spécialisées dans la collecte et le transport des déchets plastiques, destinées aux jeunes formés au niveau de l’Institut national des formations environnementales ou des centres de formation professionnelle », a précisé la ministre.
Krikou a tenu à mettre en avant le caractère opérationnel du dispositif, mis en œuvre en partenariat avec l’Agence nationale de gestion du microcrédit, afin de faciliter l’accès des jeunes à une activité structurée, sécurisée et respectueuse des normes environnementales.
Au-delà de la gestion des déchets, la visite a également permis de faire valoir la volonté commune des deux ministères d’investir davantage dans le développement des technologies issues de la recherche scientifique, notamment dans les domaines de la lutte contre la pollution industrielle, la protection de l’environnement et l’adaptation aux changements climatiques. Pour la ministre de l’Environnement, « la question environnementale est aujourd’hui globale, avec des impacts nationaux et internationaux, ce qui impose une mobilisation accrue de la recherche scientifique et des compétences universitaires ».
Dans cette optique, les deux ministères ont initié une démarche conjointe destinée à concrétiser cette vision sur le terrain. Celle-ci s’est traduite par l’implication de deux pôles de recherche stratégiques, en l’occurrence, l’Observatoire national de l’environnement et du développement durable, placé sous la tutelle du ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie, et l’École nationale supérieure en nanosciences et nanotechnologies, relevant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Cette initiative vise également à promouvoir les compétences nationales et à valoriser l’expertise scientifique accumulée dans le domaine de l’environnement et des nanotechnologies appliquées.
Dans cette perspective, la présence du ministre de l’Enseignement supérieur aux côtés de sa collègue traduit une orientation stratégique visant à rapprocher durablement l’université algérienne des préoccupations environnementales du pays. Baddari a ainsi affirmé que « l’université est désormais une véritable locomotive du développement, capable d’apporter des solutions concrètes et innovantes aux défis environnementaux ».
Le ministre a également mis en avant le rôle croissant des centres de développement de l’entrepreneuriat au sein des universités, qui permettent aux étudiants de transformer leurs projets de fin d’études en initiatives économiques réelles. Expliquant que « les idées innovantes donnent naissance à des start-up, tandis que les projets plus classiques peuvent déboucher sur des micro-entreprises. Dans les deux cas, il s’agit de création de richesse, d’emplois et de solutions pratiques pour un secteur aussi sensible que l’environnement ».
Baddari a tenu à mettre en avant le fait que cette démarche s’inscrit pleinement dans le cadre du programme du Président de la République pour la période 2024-2029, qui place la valorisation de la recherche scientifique, l’innovation et l’économie verte au cœur du développement national. Il a également précisé qu’une part importante des bénéficiaires de ces programmes est des diplômés universitaires porteurs d’idées nouvelles en matière de tri, de collecte et de recyclage des déchets.
A l’issue de cette visite, une convention de coopération a été signée entre l’École nationale supérieure en nanosciences et nanotechnologies et l’Observatoire national de l’environnement et du développement durable. Cet accord a pour objectif de renforcer la collaboration scientifique et technique entre les deux institutions, de favoriser l’échange d’expertises et de promouvoir le développement de solutions innovantes en matière de protection de l’environnement et de gestion durable des rejets industriels.
Au terme de cette visite, les deux ministres ont réaffirmé leur engagement à renforcer cette synergie entre politique environnementale, recherche scientifique et entrepreneuriat, avec pour objectif de consolider la position de l’Algérie, tant sur le plan national qu’international, et de léguer aux générations futures un environnement sain, stable et durable.
Sihem Bounabi