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Nationale

Propositions du panel de dialogue : Vives réactions des partis politiques

Propositions du panel de dialogue : Vives réactions des partis politiques

Après une série de rencontres de consultation auprès de quelques partis politiques, organisations du mouvement associatif issues de « l’Algérie profonde », et l’élite, ainsi que des personnalités nationales ayant accepté l’invitation de l’Instance de dialogue, cette dernière a rendu public son bilan samedi dernier et dévoilé ses propositions.

Il s’agit, selon ses membres, « d’un projet de loi organique relatif à l’autorité nationale indépendante chargée de l’organisation des élections et d’un autre projet portant les modifications censées être introduites dans la loi organique relative au régime électoral ». Les propositions du panel de dialogue ont été expliquées par ses concepteurs, membres de la commission juridique de ladite Instance, et des copies transmises aux différents acteurs politiques. Depuis, de vives réactions ont été enregistrées sur le contenu des propositions de l’instance de dialogue, qui semble d’emblée décevoir les attentes de la majorité de la classe politique, y compris au sein même des partis soutenant la démarche du panel dès son départ.

Le Mouvement El-Bina, dans un communiqué rendu public hier, a exprimé clairement sa déception quant aux propositions de l’Instance de dialogue. « Malheureusement, les propositions sont vraiment décevantes et loin de répondre à la réalité de la nouvelle Algérie », lit-on dans le communiqué du mouvement El-Bina. Bengrina estime que « les propositions du panel ne sont pas l’émanation d’une plateforme nationale ». Pis encore, « elle reflète une régression terrifiante par rapport à la proposition attribuée au gouvernement actuel et qui circulait depuis des mois sur les réseaux sociaux », réagit-il. Ajoutant que « les nouveaux textes réglementaires ont été « rembourrés », par des détails liés aux élections municipales et législatives qui, à son sens, ne sont pas au centre du débat public actuel.

On s’interroge aussi dans cette réaction sur la plateforme ayant servi de base et conduit à l’élaboration et la formulation desdits projets, où il est fait état « d’une excursion flagrante des jeunes ». À ce propos, on considère aberrant d’exiger d’avoir 40 ans pour permettre aux candidats d’être membres du conseil de l’autorité indépendante des élections. C’est ce qui a été mentionné dans l’article 9 du projet relatif à la loi organique de l’autorité en question. Le président du Mouvement El-Bina émet des réserves également sur les méthodes de désignation qui, de son avis, maintiennent le système de la cooptation. « Il est désolant que l’instance de dialogue consacre la logique de cooptation dans les projets proposés. Remplacer le ministère de l’Intérieur par une autre instance désignée par le chef de l’Etat, s’inscrit aux antipodes des attentes », commente-t-on.

Il semble que Bengrina ne se limites pas à des critiques virulentes. Cautionnant le panel de Karim Younes depuis sa mise en place, il donne l’air de « se saisir » et menace de retirer la confiance placée en l’équipe conduisant la médiation, en cas de maintien des proposition « contestées ». Car selon lui, elles ne peuvent être que le produit de certains de ses membres impliqués par le passé dans la fraude et l’élaboration des lois sur mesure par le pouvoir.

Par ailleurs, le Front de la justice et du développement(FJD), met l’accent sur le caractère équivoque du rôle qui incombe réellement à l’Instance de dialogue.

À ce propos, le député et cadre dirigeant du FJD Lakhdar Benkhellaf, estime que les choses ont été faites dans la précipitation, qualifiant la démarche du panel de dialogue et de médiation de manière de « mettre la charrue avant les bœufs ». La mission d’élaborer un arsenal juridique à même de régir le processus électoral, selon ses appréciations, devrait revenir à un gouvernement de compétences

nationales. S’interrogeant, en même temps, sur le rôle « exact » de cette instance, « est-ce que ses membres sont en train de mener un dialogue et une médiation ? » s’exclame-t-il.

« Nous ne comprenons pas quelle est la mission du panel et quel est son rôle. S’agit-il de légiférer ou de rapporter les points de vue ? Est ce qu’il y a des garanties permettant l’application des recommandations de cette instance », poursuit-il dans un entretien accordé au site électronique d’information TSA.

La commission de dialogue a poursuivi ce lundi ses rencontres avec les dynamiques de la société civile, et son coordinateur Karim Younès a tenté, encore une fois, de convaincre l’opinion publique que les membres du panel, dans leur mission, ne sont mandatés ni par le peuple ni par le pouvoir pour le faire.

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