Propagation du variant Omicron : Quel impact sur les hôpitaux ?
Eprouvé par deux années d’épidémie, le personnel soignant s’attend encore à quelques semaines difficiles avec la propagation rapide du variant Omicron. Les structures de santé devraient connaître un afflux considérable de malades les jours à venir. Des études ont certes démontré que le variant Omicron est moins virulent, en comparaison avec le Delta, mais il peut cependant conduire à une hospitalisation. L’épisode de saturation des hôpitaux risque-t-il de se reproduire ?
Avec une flambée des contaminations par le variant Omicron signalée, représentant désormais 33% des contaminations, l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) prédit un basculement du variant Delta vers Omicron d’ici à la fin du mois en cours. Compte tenu de la vitesse de contamination de ce nouveau variant du coronavirus, la saturation des unités Covid est redoutée et le scénario vécu l’été dernier lors de la troisième vague, caractérisé par la saturation des hôpitaux mais aussi par la pénurie de l’oxygène médical, risque de se reproduire, d’autant que les services de réanimation affichent déjà complet.
C’est d’ailleurs ce qu’a affirmé hier le Pr Merzak Gharnaout, président de l’Académie algérienne d’allergologie (AAA) et chef du service des allergies et des maladies pulmonaires à l’hôpital de Rouiba, lors de son passage sur les ondes de la radio locale de Sétif. Il a affirmé que les services de réanimation sont saturés et que le nombre de patients dans les hôpitaux augmente chaque jour.
Une hausse des hospitalisations des patients atteints du coronavirus est également signalée dans plusieurs établissements de santé, partout à travers le pays, notamment au niveau de la capitale. Le Pr Kamel Hayel, chef de service Covid-19 au CHU Mustapha, a indiqué il y a quelques jours que le service qui accueillait en décembre dernier 8 à 9 cas par jour accueille désormais une moyenne quotidienne de 17 à 20 cas, soit le double. Il a mis en garde contre la situation pandémique prévalant ces derniers jours.
Même son de cloche au CHU Issad-Hassani de Béni Messous, qui enregistre un total de 136 patients et la saturation du service de réanimation. Pour faire face au flux de malades, il est prévu, au niveau de ce CHU, l’aménagement d’autres services. Pour sa part, le directeur général de l’IPA a confirmé cet état de fait, précisant que 4 200 personnes sont actuellement hospitalisées. Il n’a pas caché ses appréhensions de voir les établissements hospitaliers saturés à nouveau.
Pour rappel, lors de la troisième vague du coronavirus, trouver une place pour un malade atteint de coronavirus dans un hôpital n’était pas une mince affaire. Il fallait attendre qu’un lit se libère pour pouvoir voir un nouveau patient admis à l’hôpital. Certains ont même été renvoyés faute de lits disponibles.
Une situation que le ministre de la Santé ne veut pas voir se reproduire. Lors d’une réunion d’évaluation avec les directeurs locaux de la santé et les directeurs d’hôpitaux tenue à la fin du mois de décembre, en prévision d’une quatrième vague de Covid, à laquelle est désormais confrontée le pays, Abderrahmane Benbouzid avait mis l’accent sur la prise en charge impérative des patients Covid-19 dans les hôpitaux, mettant en garde contre tout refus d’accueil des citoyens au niveau des structures hospitalières. Il avait alors mis en garde les directeurs des hôpitaux contre tout refus d’accueil de malades ou leur transfert vers un autre hôpital sous prétexte de manque de lits.
L’augmentation rapide des hospitalisations, en raison de la propagation du variant Omicron, laissera-t-elle le choix aux responsables d’hôpitaux, sachant que les capacités d’accueil des hôpitaux sont souvent limitées ?