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Nationale

Propagation du COVID-19 : La difficile mission d’établir un bilan précis

Propagation du COVID-19 :  La difficile mission d’établir un bilan précis

Les autorités sanitaires ont reconnu la difficulté d’établir un bilan précis du nombre des décès liés au COVID-19, puisque certains porteurs sains du virus décèdent des suites de complications qui ne sont pas forcément liées au coronavirus qui a touché 1761 personnes dont 256 morts.

Les chiffres de décès paraissent élevés, car dès le début, les décès naturels qui n’étaient pas forcément liés au coronavirus ont été pris en compte, a déclaré, ce jeudi le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid.

Le premier responsable du secteur a ainsi expliqué que des examens post-mortem ont confirmé la positivité chez certains sujets et des résultats négatifs chez d’autres cas déclarés morts du coronavirus.

« Un porteur sain peut décéder des suites de complications qui ne sont pas forcément liées au Covid-19 », et c’est là où réside toute la difficulté de déterminer dans certains cas si un décès est survenu à la suite de la contamination au coronavirus ou non.

Notant que certains pays européens ne déclarent pas les morts en dehors des structures hospitalières, tandis que d’autres ne font pas de tests pour le coronavirus, Pr Benbouzid a assuré que « l’Algérie a choisi d’opter pour la transparence ».

Ce choix a fait que le taux de létalité dans le pays est d’environ 14%, soit l’un des plus élevé dans le monde. Cette situation suscite inquiétude non seulement parmi les spécialistes mais également parmi la population.

Et pour cause, dans les pays les plus touchés par le COVID-19, les taux de létalité s’échelonnent entre 0,3% et 8,3%, selon les derniers bilans officiels. Ces disparités ne tiennent pas à une réaction différente du virus selon le territoire, mais à la façon dont chaque Etat gère cette crise sanitaire.

Le taux de létalité d’une maladie est le ratio de deux chiffres : le nombre de personnes contrôlées positives au COVID-19 et le nombre de personnes qui y succombent. Or, si le nombre de morts est une donnée a priori sûre, les différents pays touchés ne contrôlent pas leur population de façon équivalente.

Le ministre a fait savoir, dans ce contexte, que ne sont testés que les sujets ayant été en contact avec des cas contaminés, ainsi que ceux présentant des troubles, ajoutant : « Nous avons les chiffres des tests dont nous disposons et si nous arrivons à avoir plusieurs sites de tests, nous aurons plus de données ».

« Dans tous les pays du monde, les chiffres communiqués ne reflètent pas l’exactitude de la réalité, car il est impossible de tester l’ensemble de la population, d’où un bon nombre de sujets qui échappe aux tests », a-t-il expliqué.

Le ministre de la Santé cite notamment « ceux qui ne consultent pas, ceux qui sont porteurs sains et une fois qu’ils présentent les symptômes du virus sont déclarés contaminés, ainsi que ceux qui sont porteurs mais n’ont aucun trouble et par conséquent ne demandent pas à être testés ».

Dans ce sens, Dr Omar Belabaci, spécialiste en pneumologie, a de son côté fait savoir, dans une déclaration au Jeune Indépendant, que le nombre de cas diagnostiqués ne reflète qu’une fraction du nombre réel de contaminations.

« En Algérie, les tests de dépistage sont utilisés avec parcimonie, sur les cas présentant les symptômes les plus graves et qui nécessitent une prise en charge hospitalière », a-t-il affirmé, faisant part de son expérience au sein du service d’isolement dédié au COVID-19 à l’EHP de Ain Defla.

Et de relever : « Le nombre déclaré de contaminations au nouveau coronavirus ne reflète pas le nombre réel des cas infectés. Cela est dû au manque de moyens qui ne nous permet pas de faire le diagnostique convenablement ».

Le pneumologue avertit aussi sur le fait qu’une grande partie des malades ne se présentent pas au niveau des hôpitaux au début des symptômes ou lorsqu’ils ont que des symptômes légers, chose qui facilite la détérioration rapide de l’état de santé de nombreux cas et empêche de refléter la réelle propagation du virus.

Mathématiquement, le nombre de morts est proportionnellement amoindri face à un grand nombre de malades, et inversement, si peu de personnes sont testées, le taux de létalité paraît tout de suite très important.

Une campagne de dépistage massif de la population, comme en Corée du Sud ou en Allemagne, aurait potentiellement permis de faire baisser de manière substantielle le taux de létalité au coronavirus en Algérie.

Or, les autorités sanitaires ont privilégié le confinement au dépistage massif, la distanciation sociale étant l’une des principales barrières à la propagation du virus recommandées.

Pour l’heure, la wilaya de Blida, épicentre national de l’épidémie, est en confinement total depuis le 24 mars dernier, tandis que le reste du pays est sous confinement partiel.

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