Propagation de la drogue : L'échec de la société civile  – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Propagation de la drogue : L’échec de la société civile 

Propagation de la drogue : L’échec de la société civile 

Si l’usage de drogues est un phénomène inquiétant qui retient l’attention, c’est essentiellement parce qu’il est considéré comme un « problème social récurrent » qui doit susciter l’intervention des pouvoirs publics, des associations et des parents afin d’y apporter une solution radicale.

Ce fléau prend de l’ampleur d’année en année, faisant son émersion dans tous les milieux, en particulier dans les établissements scolaires. Les spécialistes ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur la nécessité de lutter contre ce phénomène.

Dans ce sens, le responsable de la promotion de la santé mentale au ministère de la Santé, le Pr Mohamed Chakali, a tenu à mettre en garde contre la menace « croissante » des stupéfiants en Algérie, touchant en particulier les jeunes. Il a insisté sur le rôle prépondérant de la société civile en matière de sensibilisation et d’accompagnement dans le cadre des efforts fournis dans ce sens par les pouvoirs publics. Le même spécialiste a suggéré de faire contribuer les associations mais aussi les anciens toxicomanes aux efforts de lutte, et ce à travers leurs témoignages.

Le Pr Chakali a mis en avant l’importance d’impliquer tous les secteurs dans les campagnes de sensibilisation, insistant sur « la multiplication des formations complémentaires dédiées au personnel médical spécialisé dans la prise en charge des personnes sous l’emprise de la drogue ».

Par ailleurs, il a rappelé à ce propos que le ministère de la Santé a formé, depuis 2018, quatre promotions de médecins généralistes. Une démarche qu’il a estimé insuffisante ».

Regrettant la propagation des différentes drogues en Algérie, surtout chez les jeunes, le Pr Abdelkrim Messaoudi, chef de service à l’Etablissement hospitalier spécialisé (EHS) de psychiatrie de Chéraga, a pointé du doigt les réseaux criminels qui sont à l’origine de l’augmentation de ce phénomène, lequel agit directement sur le cerveau.

« Le centre de soins intermédiaires des addictions ouvert en 2014 a été érigé en 2016 en unité de soins des addictions qui reçoit des patients venus de toutes les wilayas du pays, avec une moyenne de 40 consultations par jour », a précisé le spécialiste.

Il a expliqué que « son unité a entamé, depuis l’année dernière, des soins par substitution par méthadone (médicament qui soulage les douleurs de la dépendance), en plus des soins nécessaires aux malades addicts sur les plans psychologique, médical et biologique mais aussi la prise en charge et l’accompagnement à domicile des toxicomanes ».

Le Pr Messaoudi a estimé, en outre, que « la prise en charge des personnes dépendant de la drogue doit être pluridisciplinaire et reposer le plus souvent sur l’association d’une prise en charge psychologique individuelle et collective, d’un traitement médicamenteux pour les addictions à certaines substances et d’un accompagnement social ».

Il a mis en avant le rôle des acteurs de la société civile et des associations dans le domaine de la prévention de la toxicomanie, en appui aux efforts déployés par les pouvoirs publics, ainsi que le rôle des parents dans le contrôle et le suivi du comportement de leurs enfants en vue d’agir au moment opportun.

Dans le même sens, un autre spécialiste, le Pr Rachid Belhadj, chef de service de médecine légale au Centre hospitalo-universitaire (CHU) Mustapha-Bacha, a également mis en garde contre « les proportions que prend le phénomène en Algérie », soulignant que « le nombre de toxicomanes que reçoit son service est en hausse chaque semaine ».

Il a fait savoir qu’un projet de création d’une unité de prise en charge de toxicomanes, dotée d’équipements de pointe, est en cours de réalisation au niveau du CHU Mustapha pour faciliter au service des urgences et réanimation de poser le bon diagnostic.

« Nous sommes aussi en train de réfléchir à la création d’unités d’addiction multidisciplinaires », a-t-il conclu.

Rappelons que dans la même vision de mise en place de mécanismes de lutte et de prévention contre la drogue, plus particulièrement en milieu familial, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Kaoutar Krikou, a annoncé, jeudi dernier, le lancement d’une plate-forme numérique destinée à l’accompagnement des familles dans la prévention contre la drogue. Ce service numérique appelé « La famille consulte » (El aila tastachir) permettra aux familles de bénéficier des orientations des cellules de proximité relevant du secteur de la solidarité nationale, a-t-elle expliqué.

Elle a ajouté que ce service vient concrétiser la stratégie tracée par la tutelle, visant à moderniser l’administration en vue d’améliorer ses prestations à travers la mise en place de plates-formes numériques, à l’instar des services offerts aux personnes aux besoins spécifiques et aux personnes âgées, l’objectif étant de prendre en charge les préoccupations soulevées par ces catégories sociales.

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