Promotions immobilières à Blida : Les promoteurs enlaidissent plusieurs villes
Vendre un bien familier est devenu un fait très courant chez les héritiers en quête d’une part d’une somme d’argent bien conséquente afin de subvenir à des besoins vitaux pour chaque membre de la famille.
C’est ce qui fait courir les promoteurs prêts à tout pour acquérir d’anciennes maisons. En démolissant la vieille bâtisse achetée et en y construisant à la place des bâtiments de 6, voire 7 étages au beau milieu de la ville, ces promoteurs font de très bonnes affaires. Ce phénomène se propage de plus en plus à Blida, au chef-lieu de la wilaya, où de belles villas coloniales, qui ornaient le paysage de plusieurs quartiers de la ville, ont été vendues par les héritiers à des promoteurs avant d’être remplacées par un bâtiment de plusieurs étages, défigurant ainsi la belle image de la ville de Blida, surnommée « la ville des Roses ». Même constat au niveau de Boufarik, de l’Arbaa ou encore de Mouzaïa et d’El-Affroun. Toutes ont des habitations avec une architecture typiquement européenne et parfois même des maisons qui datent de l’ère ottomane, notamment à Blida.
Beaucoup de citoyens ont interpellé les autorités afin d’interdire ces constructions en hauteur en plein milieu de quartiers résidentiels, ouvrant la voie à des batailles juridiques, mais le bras de fer a fini par être gagné par les promoteurs qui ne recule devant rien, poussant la plupart du voisinage à vendre leurs biens. Dans les villes citées, ce sont des milliers de maisons qui ont été vendues pour laisser place à des bâtiments de plus de sept étages, sans aucun espace vert. Aucun responsable, quel que soit son rang, n’a dénié arrêter ce massacre. «Regardez par vous-même.
Ce bâtiment, qui est adjacent à ma maison, a complètement caché les rayons du soleil. Pourquoi ce massacre, où est l’Etat?», s’indigne un chef de famille à Boufarik. Or, l’agence de gestion et de régulation foncière fait face à des difficultés depuis bien longtemps. En effet, les chantiers de projets de logements de type LSP et LPA, au niveau de Boufarik, Ouled Yaich, Blida et d’autres communes de la wilaya, sont à l’arrêt depuis des années.
L’agence n’a plus les moyens financiers pour achever ces chantiers dont la plupart ont atteint une avancée de plus de 70%. Plusieurs sit-in ont été observés par les souscripteurs, en vain. Tous les walis qui se sont succédé n’ont pu trouver de solutions afin de rétablir les souscripteurs dans leurs droits.