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Nationale

Prolongation de la révision des listes électorales : L’argumentaire peu convaincant de l’ANIE

Prolongation de la révision des listes électorales : L’argumentaire peu convaincant de l’ANIE

Une prolongation de la révision exceptionnelle des listes électorales est prévue à compter d’hier et jusqu’au 17 octobre en cours, suite à une décision prise jeudi dernier par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie). Selon celle-ci, l’ouverture de la révision périodique des listes électorales durant la période du 12 au 17 octobre « vient en réponse à une revendication insistante qu’auraient exprimée les jeunes citoyens pour pouvoir exercer leur droit constitutionnel ».

Ainsi, l’Autorité de Mohamed Charfi s’appuie sur la nouvelle loi organique 19-07 du 14 septembre 2019 et la loi organique régissant le régime électoral 16-10 du 25 août 2016, modifiée et complétée en septembre dernier, citant à ce titre les dispositions introduites dans les articles 14 et 15 du régime électoral. « Conformément à la loi organique 19-07 du 14 septembre 2019 relative à l’ANIE, la loi organique 16-10 du 25 août 2016 portant régime électoral, modifié et complété, notamment ses articles 14 et 15, l’ANIE annonce l’ouverture de la révision périodique des listes électorales sous la supervision de l’Autorité nationale indépendante des élections, et ce durant la période allant du 12 au 17 octobre 2019 », indique le communiqué de l’Autorité des élections. Certes, les articles 14 et 15 évoquent la révision périodique des listes électorales, mais le même texte réglementaire ne prévoit dans aucun de ses articles, sa prolongation de cette opération après la clôture le 6 octobres passé.

D’après l’article 14 de loi organique modifiée, « les listes électorales sont permanentes et font l’objet d’une révision au cours du dernier trimestre de chaque année. Peuvent également être révisées à titre exceptionnel, les listes électorales, en vertu du décret présidentiel portant convocation du corps électoral qui en fixe également les dates d’ouverture et de clôture ».

Ce qui peut être conforme à la décision prise le 15 septembre dernier lorsque le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, a convoqué le corps électoral pour un scrutin présidentiel le 12 décembre prochain, annonçant par la même occasion la révision exceptionnelle des listes électorales, en vertu du décret présidentiel n° 19-245.

Il faut dire que durant la période « réglementaire » de cette opération de révision périodique des listes électorales, le nombre des nouveaux inscrits a atteint à peine 128 000 électeurs. Un chiffre qui ne reflète pas l’empressement et la motivation de la population d’aller vers des élections présidentielles dans un climat aussi tendu que celui que connaît le pays en cette conjoncture exceptionnelle. Le nombre des nouveaux électeurs à l’échelle nationale est loin de rendre « convaincante » la justification sur laquelle s’est adossée l’ANIE pour prendre une telle décision et qu’il se serait agi, « d’une revendication insistante ».

À entendre, par ailleurs, la voix des milliers de manifestants qui ne cessent de battre le pavé chaque mardi et vendredi, depuis bientôt huit mois, la réalité est tout autre. Car selon les contestataires, les conditions actuelles ne permettent pas la tenue d’un scrutin transparent et démocratique, où la voix du peuple serait respectée et le futur Président émanerait du choix des seuls Algériens. Cependant, le prochain scrutin, semble-t-il, intéresse plus les prétendants à la magistrature suprême, dont le nombre a dépassé le seuil de 139 candidats selon la déclaration, jeudi dernier, du ministre de la Communication Hassan Rabehi. Ce dernier a affirmé que « cette prolifération en termes de nombre de candidats explique que le peuple voit « en les élections la seule voie à même de conduire à une stabilité politique du pays ».

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