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Nationale

Projets stratégiques : Tebboune passe à la vitesse supérieure

Projets stratégiques : Tebboune passe à la vitesse supérieure

Le président de la République a présidé une réunion restreinte pour accélérer les grands chantiers nationaux, du complexe de phosphate à la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset. Entre impératifs de délais, ambitions africaines et boom du marché des engrais, l’Algérie pose les jalons d’une économie à forte valeur ajoutée et d’un hub logistique régional.

Les grands projets engagés par l’Algérie, visant le développement des infrastructures et de la logistique, les projets structurants dans le secteur des hydrocarbures, ainsi que le renforcement de l’ouverture géographique et économique vers l’espace africain, ont été à l’ordre du jour d’une réunion de travail restreinte. Présidée par le président de la République, cette séance avait pour objectif principal d’accélérer la réalisation de ces chantiers hautement stratégiques. L’Algérie s’est ainsi engagée dans la voie d’une économie à forte valeur ajoutée grâce à la valorisation de ses ressources et à la construction d’un système logistique performant.

En présence du Premier ministre, du ministre d’État chargé de l’Inspection générale des services de l’État et des Collectivités locales, du ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, du ministre des Finances, du gouverneur de la Banque d’Algérie et du P-DG du Groupe Sonatrach, le président de la République a passé en revue, dimanche, ces dossiers cruciaux. Cette démarche témoigne du grand intérêt et du suivi rigoureux et permanent qu’il leur accorde, au vu de la dynamique puissante qu’ils impulsent à l’économie nationale.

Cette réunion de travail a notamment porté sur le projet du complexe de production d’engrais phosphatés, ainsi que sur le projet intégré de phosphate pour la production d’ammoniac, d’urée, et d’engrais phosphatés et azotés. Ce mégaprojet entrera en production au cours du premier trimestre de l’année 2027, parallèlement à l’achèvement des travaux d’extension du port d’Annaba, lequel sera fin prêt à exporter les premières cargaisons de phosphate à la même période.

Le financement du projet de la ligne ferroviaire Alger – Tamanrasset a également été examiné lors de cette réunion. À cette occasion, la décision a été prise de lancer les travaux au plus tard au cours du mois de septembre prochain, à travers trois grands chantiers simultanés. Le premier concerne le tronçon Ouargla – In Salah, le second s’étendra d’In Salah à Tamanrasset, et le troisième reliera Tamanrasset à In Salah.

Pour le consultant international en développement économique Abderrahmane Hadef, l’Algérie, à travers la concrétisation de ces projets d’envergure, se dirige résolument vers un nouveau modèle de croissance. Selon lui, il ne s’agit plus seulement de valoriser les ressources naturelles brutes, mais de repenser globalement les chaînes de valeur nationales et de les intégrer à un système logistique et industriel moderne, capable de renforcer la compétitivité du pays et de générer une forte valeur ajoutée.

Les engrais phosphatés, un projet hautement stratégique
Dans une tribune consacrée à cette réunion présidentielle, M. Hadef est revenu en détail sur la portée macroéconomique de ces choix, notamment celui relatif à la production d’engrais. Le complexe de production d’engrais phosphatés et le projet intégré de phosphate apparaissent, à ses yeux, comme l’un des principaux axes de cette transformation structurelle.

L’importance de ces investissements est renforcée par la conjoncture mondiale du marché des engrais en 2026, marquée par une hausse significative des prix en raison des perturbations des chaînes d’approvisionnement, des tensions géopolitiques et de l’augmentation globale des coûts énergétiques. Un contexte qui valorise directement la rentabilité économique des projets algériens et booste leur capacité à générer d’importantes recettes en devises, tout en améliorant durablement la balance commerciale hors hydrocarbures.

Pour l’expert, l’engagement de mettre en service le projet intégré de phosphate au cours du premier trimestre 2027, en parfaite concomitance avec l’achèvement de l’extension du port d’Annaba, traduit une vision politique claire, fondée sur l’intégration entre l’appareil de production industrielle et les infrastructures d’exportation. « Cette complémentarité vise à réduire les coûts logistiques, qui constituent l’un des principaux postes de dépenses dans l’industrie des engrais, et à renforcer ainsi la compétitivité des produits algériens sur les marchés internationaux », a estimé M. Hadef.

L’impact national et régional de la ligne ferroviaire Alger – Tamanrasset a, en outre, été mis en évidence par le consultant. Selon lui, cette voie ferrée ne constitue pas uniquement un projet de transport de passagers ou de marchandises, mais représente un véritable levier de rééquilibrage économique et de développement du territoire national.

Cette ligne vise, en effet, à désenclaver et relier le Grand Sud aux grands pôles économiques et aux ports du nord du pays, permettant ainsi « l’ouverture de nouveaux espaces économiques et la réduction de l’isolement de régions disposant d’importants potentiels miniers et énergétiques ». M. Hadef a également mis en exergue la dimension transfrontalière et régionale de cette ligne, qui « pourrait devenir un corridor stratégique majeur vers les pays du Sahel et de l’Afrique centrale ». Une infrastructure d’envergure qui est à même de doper les échanges commerciaux continentaux et de consolider la position de l’Algérie comme plaque tournante logistique régionale, sans oublier les retombées sociales positives pour les populations locales.



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