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Nationale

Projet de loi sur les hydrocarbures: L’onde de choc a touché le FLN et le RND

Projet de loi sur les hydrocarbures: L’onde de choc a touché le FLN et le RND

L’onde de choc de la dénonciation unanime des Algériens, la société civile au premier rang, du projet de loi sur les hydrocarbures, adopté dimanche en Conseil des ministres, s’est encore élargie, à la surprise générale, aux partis du pouvoir, le FLN et le RND, fragilisés pour leur soutien indéfectible au clan de Bouteflika. Dimanche, quelques heures après l’adoption par le Conseil des ministres du projet de loi controversé, le RND et le FLN ont vivement réagi à cette décision et ont marqué leurs distances. Ce qui, fatalement, aura quelques incidences, et non des moindres, sur le vote du projet de loi au niveau du Parlement, à dominance FLN-RND.

Le RND, dirigé provisoirement par Azzedine Mihoubi, deuxième force politique au Parlement, s’est montré prudent vis-à-vis de ce projet de loi et a manifesté des réserves en plaidant pour l’ouverture d’un débat autour du dossier des hydrocarbures. « Il s’agit de la principale ressource de l’économie, qui couvre l’essentiel des besoins du pays. Rien ne justifie l’application de ce texte dans l’immédiat », estime le RND pour qui « il échoit au Président élu d’ouvrir le débat sur le dossier des hydrocarbures et la diversification de l’économie, et auquel participeront les experts dans l’énergie et des spécialistes dans tous les domaines économiques et de l’investissement ». Dans son communiqué, le RND relève que « tel qu’il a été adopté, (ce projet de loi ndlr) ligote le futur président », avant de souligner « la nécessité de sécuriser les besoins des générations futures ». « Les lois d’une telle importance et leurs retombées sur l’opinion, en ce qu’elles charrient comme lectures et craintes, imposent un débat national pour dissiper tout malentendu et opacité car il est lié à la souveraineté économique », souligne encore le texte. Plus loin, le RND croit savoir que « la logique commande d’enrichir le nouveau texte de propositions qui renforcent la transparence » lors de la signature des contrats et « permettre à l’Etat de renforcer son contrôle sur l’activité et le rôle des sociétés algériennes opérant dans le domaine ».

De son côté, le FLN, qui reste silencieux quant à sa participation à la prochaine élection présidentielle, contrairement à son « allié », le RND, s’est lui aussi montré prudent quant au texte qui fait l’objet d’un rejet populaire et de vives critiques de la part des experts. Le FLN, qui a la majorité au Parlement, refuse de donner son « quitus », fait rarissime, au gouvernement Bedoui dans ce dossier sensible. La direction de l’ex-parti unique a annoncé, dans une déclaration écrite envoyée à la presse, une réunion avec le groupe parlementaire du parti à l’APN pour débattre du contenu des deux projets adoptés ce dimanche en Conseil des ministres : la Loi sur les hydrocarbures et la loi de finances 2020. Selon le FLN, « il n’y a aucun doute que le comportement des députés du groupe parlementaire du parti sera responsable, en ligne avec les aspirations des citoyens qui les ont élus et dans le cadre de l’intérêt national suprême, que le FLN s’est engagé, en toutes circonstances, à faire passer avant tous les calculs partisans ou intérêts personnels ». Quant aux Indépendants, ils ont demandé au Premier ministre de reporter l’examen du projet après l’élection présidentielle, en affirmant qu’« il est avec le peuple ». Dimanche, à l’appel d’ONG de la société civile et d’experts, des

centaines de milliers d’Algériens avaient manifesté dans les grandes villes du pays pour dénoncer ce projet de loi sur les hydrocarbures et, surtout, mettre en garde un gouvernement à la durée de vie limitée contre un tel aventurisme dans un secteur aussi sensible pour l’économie et l’avenir de l’Algérie. Que ce soit au sein des associations de la société civile, des organisations d’experts que de spécialistes du dossier énergétique, dont le Pr Chitour ou l’ex-ministre de l’Hydraulique Abdelmadjid Attar, tous préviennent contre une telle décision et, surtout, se posent cette question simple : pourquoi maintenant, alors qu’une élection présidentielle est prévue dans deux mois ? Pourquoi une telle précipitation ? Tous les experts algériens s’interrogent sur la politique énergétique que veut mettre en place un gouvernement à la durée de vie limitée au 12 décembre prochain.

La rue algérienne reste mobilisée contre ce projet de loi et ne décolère pas, et a montré, dans sa démonstration de force de dimanche qu’elle restera mobilisée pour empêcher l’irréparable, le vote du projet par le Parlement. Il reste que le gouvernement, d’ici à l’élection présidentielle du 12 décembre prochain, peut et doit faire marche arrière. Il y va de l’intérêt du pays et de son potentiel énergétique. D’autant que la conjoncture actuelle n’est pas à de telles décisions mais à un règlement de la crise politique qui ouvrira la voie à une détente sur tous les fronts, politique, économique ou social.

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