Produits de large consommation : Les marges bénéficiaires seront fixées
Nouvelle parade des pouvoirs publics pour faire face à l’augmentation des prix de certains produits alimentaires. Les marges bénéficiaires maximales des produits de large consommation seront fixées dans le cadre d’un décret exécutif en phase de parachèvement.
La nécessité de préserver le pouvoir d’achat des Algériens a été au centre des interventions des élus de l’Assemblée populaire nationale (APN), lesquels ont alerté sur la cherté des produits de large consommation.
C’est à cette doléance qu’a principalement répondu le Premier ministre, annonçant des mesures dans l’objectif de faire face aux perturbations d’approvisionnement du marché en produits alimentaires de large consommation, fixant la fin de l’année comme délai. Aïmene Benabderrahmane a affirmé, dans sa réponse aux interrogations des députés émises dans le cadre du débat autour de la déclaration de politique générale du gouvernement, que toutes les mesures visant à juguler l’inflation importée et lutter contre la hausse des prix ont été prises, qualifiant cette hausse de « conjoncturelle ».
Il a ainsi indiqué que des mesures ont été prises sur le terrain dans le but de maîtriser le réseau de distribution des produits de large consommation qui comprend 12 produits alimentaires de base, affirmant que les perturbations d’approvisionnement du marché seront éliminées avant le 31 décembre.
« L’élaboration du projet de décret exécutif définissant les marges bénéficiaires maximales des légumineuses, du riz et des autres produits alimentaires de large consommation a été parachevée », a-t-il fait savoir, précisant que l’objectif de ce texte est « de mettre en place les mécanismes juridiques à même de protéger le consommateur et de moraliser les pratiques commerciales en vue de maintenir l’approvisionnement régulier du marché ».
Le Premier ministre a mis en avant la stratégie visant la réalisation de l’autosuffisance en produits de large consommation, à l’instar des légumineuses, qui passe, notamment, par l’expansion de la superficie qui leur est consacrée actuellement et à l’orientation de 34 fermes pilotes d’une superficie totale de 37 700 hectares vers la production exclusive de légumineuses, en sus de l’augmentation des capacités de stockage des céréales, en les amenant à 9 millions de tonnes, et de porter les réserves stratégiques de céréales à neuf mois de la consommation nationale.
Selon le Premier ministre, la hausse des prix est « conjoncturelle », saluant les efforts de l’Etat dans ce sens qui visent à trouver des solutions pour intégrer les commerçants de l’informel dans les marchés non exploités au nombre de 622 sur un total de 1 502 marchés de détail au niveau national. Il a, en outre, évoqué les mesures prises pour faire face à « l’inflation importée », l’une des principales raisons de l’inflation en Algérie, selon M. Benabderrahmane, qui a signalé la hausse de la valeur du dinar, une mesure prise par la Banque d’Algérie.
Satisfecit des associations de consommateurs
Pour leur part, les associations de protection du consommateur ont salué la mesure de plafonner la marge bénéficiaire de certains produits alimentaires. L’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (APOCE), qui avait plaidé pour l’instauration d’un mécanisme efficace et durable pour mettre fin aux augmentations récurrentes des prix qui portent atteinte au pouvoir d’achat des consommateurs, a salué cette mesure. Mustapha Zebdi, président de l’association, a estimé que « cette mesure est la solution rapide pour maîtriser les prix des produits de large consommation qui sont devenus hors de portée ».
« Cette mesure est la bienvenue », selon Hacen Menouar, président de l’association Al Aman, lequel estime que cette décision « va nous aider à faire face aux augmentations des prix ». Cette mesure ne suffit cependant pas à elle seule, selon M. Menouar, qui s’est interrogé sur l’applicabilité de cette mesure sur le terrain en raison de la prédominance du marché informel. « Le consommateur fait face à un marché qui est à 50 % dans l’informel.
Cette mesure de plafonnement, on peut l’appliquer chez les opérateurs formels, alors que beaucoup de produits de large consommation sont dans un marché informel », a-t-il précisé, citant les produits agricoles. « On veut que les produits agricoles figurent dans la liste de produits de large consommation », a-t-il préconisé, soulignant aussi la nécessité de professionnaliser les réseaux de distribution et surtout contenir le marché informel pour maîtriser le volet prix et sécurité sanitaire. Le président de l’association Al Aman a, par ailleurs, évoqué les prix de référence appliqués sur les légumes secs. Selon lui, il aurait fallu les calculer sur la base des revenus des Algériens et non sur le prix d’importation