Produits de large consommation: la fin des subventions
L’Algérie semble prendre la route vers la fin des subventions généralisées. Evoquée à maintes reprises mais jamais appliquée sur le terrain, la révision de la politique de subvention devrait être actée. Dans l’avant-projet de loi de finances 2022, il est proposé l’introduction d’une nouvelle disposition pour la mise en place d’un dispositif de ciblage des subventions de l’Etat, qui concerneront uniquement les ménages à faible et à moyen revenus.
Dans l’exposé des motifs de l’avant-projet de loi, relayé par la presse nationale, il est dit que cette disposition permettra de passer «d’un système de subventions généralisées à un système de subventions dirigées en faveur des ménages nécessiteux». Ainsi, «garantir l’équité sociale, d’une part, et répondre aux préoccupations de la classe politique, notamment les députés, d’autre part». Le soutien de l’Etat profitera donc dorénavant aux citoyens qui en ont le plus besoin. Un programme de transfert monétaire direct au profit des ménages qui y sont éligibles sera adopté et géré par une agence spéciale qui sera créée pour mener à bien cette mission. Le montant de cette aide n’a cependant pas encore été fixé.
La nécessité de la révision de la politique des subventions a été longtemps évoquée par les gouvernements précédents mais toujours reportée, compte tenu de la sensibilité de la question, étroitement liée à la nécessité du maintien de la paix sociale.
La question est cette fois-ci sur la table des décideurs, qui comptent concrétiser cette mesure. Le Premier ministre et ministre des Finances, alors premier argentier du pays, avait, au début de l’année, évoqué cette éventualité. Il avait même affirmé que la révision de la politique des subventions de l’Etat en vue de cibler les catégories sociales qui en ont le plus besoin interviendrait, au plus tard, le deuxième semestre de 2021.
Soulignant que la protection du pouvoir d’achat et le maintien du caractère social de l’Etat sont consacrés par la Constitution, il a fait savoir que l’enveloppe destinée au soutien, au titre du budget 2021, avait été portée à 17 milliards de dollars, soit 1 960 milliards de dinars. Selon lui, «il n’est pas normal que les catégories aisées acquièrent les produits subventionnés au même prix que les citoyens à faible revenu. Il y a une injustice dans la répartition de ce soutien. Nous œuvrons pour que le soutien de l’Etat profite aux citoyens qui en ont le plus besoin», avait-il dit.
Le président de la République avait, lui aussi, évoqué la révision de la politique des subventions de l’Etat, affirmant dans l’une de ses sorties médiatiques que le projet était en cours d’élaboration et qu’une réflexion nationale serait entamée. Il avait cependant réaffirmé son attachement aux principes de l’Etat social.
Il faut dire que le travail a déjà commencé pour rediriger les subventions de l’Etat en faveur des plus démunis afin d’économiser 50% du budget alloué à ces subventions. Un Fichier national des revenus a été élaboré conjointement par les ministères de l’Intérieur et des Finances, en collaboration avec d’autres départements ministériels.