Production de vaccins: L’Algérie veut atteindre l’autosuffisance
Produire ses vaccins, renforcer son indépendance sanitaire et rayonner à l’échelle régionale : l’Algérie engage une nouvelle phase de sa politique de sécurité sanitaire, et ce en misant sur l’Institut Pasteur d’Algérie pour faire émerger une industrie biomédicale capable de répondre aux besoins nationaux, de relever les défis de demain et de positionner le pays comme un acteur régional de référence.
En visite à l’Institut Pasteur d’Algérie, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a ordonné, « l’élaboration d’une feuille de route destinée à accélérer le développement de la production nationale de vaccins », tout en saluant la reconnaissance internationale dont bénéficie l’établissement.
Mettant en avant l’importance du développement de cette filière stratégique, le ministre a expliqué que cette démarche « s’inscrit dans les orientations de l’Etat visant à renforcer la souveraineté sanitaire du pays et à réduire progressivement sa dépendance vis-à-vis des approvisionnements extérieurs ».
Au cours de cette visite de travail, le ministre s’est informé des activités de cette institution scientifique de référence, de ses programmes de recherche ainsi que des projets qu’elle mène dans les domaines de la santé publique, de la veille épidémiologique, du diagnostic biologique et de la recherche biomédicale. Autant de missions qui placent aujourd’hui l’Institut Pasteur d’Algérie au cœur de la stratégie nationale de prévention et de réponse aux risques sanitaires.
Face aux responsables et aux chercheurs, Mohamed Seddik Aït Messaoudène a estimé que le moment était venu de « passer à une nouvelle étape fondée sur la production nationale de vaccins », en s’appuyant sur l’introduction des technologies les plus modernes. Pour le ministre, l’enjeu ne se limite pas à produire localement, mais consiste à « bâtir une filière capable de répondre aux besoins nationaux, tout en accompagnant le développement scientifique et technologique du pays ».
Il a ainsi mis en avant l’impératif de disposer d’une feuille de route définissant avec précision les priorités, les objectifs et les moyens à mobiliser afin d’assurer un développement progressif et durable de cette industrie. Une planification qui devrait permettre de renforcer les capacités nationales, tout en accompagnant les ambitions de l’Algérie dans un domaine devenu hautement stratégique.
Le ministre a ainsi affirmé que « le relèvement de ce défi passe par la poursuite de l’investissement dans une formation de qualité, le développement de la recherche scientifique et la promotion de l’innovation ». Il a également plaidé pour une meilleure valorisation des compétences nationales dont dispose l’Institut Pasteur d’Algérie, estimant qu’elles constituent un atout essentiel pour faire de l’Algérie un pôle de référence en matière de santé et de recherche biomédicale en Afrique du Nord.
En outre, M. Aït Messaoudène a souligné l’importance de poursuivre l’alignement des établissements scientifiques et sanitaires sur les standards internationaux. Il a appelé à consolider la culture de la qualité et de l’excellence afin d’améliorer les performances des structures de santé et d’offrir des prestations toujours plus performantes aux citoyens.
Par ailleurs, cette visite a également été marquée par la récente désignation de l’Institut Pasteur d’Algérie comme Centre régional d’excellence en biosûreté et biosécurité pour l’Afrique du Nord. Le ministre a félicité le directeur général ainsi que l’ensemble des cadres et chercheurs de l’établissement, estimant que cette distinction internationale « consacre le parcours remarquable accompli par l’Institut dans le développement de ses capacités scientifiques et techniques » et traduit « la confiance accordée aux compétences algériennes par les organisations internationales spécialisées ».
Il a ajouté que cette reconnaissance conforte la place de l’Algérie parmi les acteurs régionaux de la sécurité sanitaire et ouvre de nouvelles perspectives de coopération scientifique, d’échange d’expertises et de renforcement des capacités en matière de biosûreté et de biosécurité. Elle constitue également un encouragement à poursuivre les efforts engagés pour hisser les structures nationales aux meilleurs standards internationaux.
A l’issue de sa visite, Mohamed Seddik Aït Messaoudène a rendu hommage au parcours de cette institution, qu’il a qualifiée de « pilier de la santé publique nationale ». Saluant le professionnalisme de ses équipes et la qualité de leurs travaux, il a estimé que le rayonnement régional et international de l’Institut Pasteur d’Algérie devait désormais servir de moteur pour accélérer l’innovation, renforcer la recherche biomédicale et accompagner la modernisation durable du système national de santé.