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Nationale

Procès en appel d’Ali Haddad : Le premier jugement confirmé

Procès en appel d’Ali Haddad : Le premier jugement confirmé

Le président de la première chambre pénale près la cour d’appel d’Alger, Amrani Abdenour, a confirmé ce mardi la peine prononcée contre Ali Haddad par le président du tribunal correctionnel de Bir Mourad Raïs, à savoir six mois de prison ferme.

Le président de la même chambre a par contre annulé les deux mois de prison ferme prononcé contre le commissaire divisionnaire Hassen Boualem, qui s’est vu infliger une amende de 500 00 dinars.

Pour rappel, le procureur général près la cour d’Alger a requis, la semaine dernière, un verdict aggravant les peines requises contre l’homme d’affaires Ali Haddad ainsi que contre le commissaire divisionnaire, chef de service du centre biométrique sécurisé Hassen Boualem.

Le procureur a affirmé que toutes les preuves légales et matérielles relatives aux accusations retenues contre les deux mis en cause au cours de l’enquête préliminaire et de l’instruction judiciaire sont fondées, notamment pour l’usage de faux pour le premier et la remise d’un passeport à titre de complaisance pour le deuxième.

L’ancien patron du FCE et le chef de service du centre de biométrie ont maintenu hier, devant le président de la chambre pénale près la cour d’appel d’Alger, leur première déposition faite devant le président du tribunal correctionnel de Bir Mourad Raïs le 17 juin dernier.

Appelé à la barre pour donner sa version des faits, l’ex-président du FCE a tenu à affirmer au juge : « Je devais présider une délégation appelée à faire une tournée à l’étranger. J’ai dit à l’ancien chef du gouvernement Abdelmalek Sellal qu’il me serait impossible de faire le déplacement car les pages de mon passeport étaient déjà remplies. Suite à quoi, Abdelmalek Sellal a appelé l’actuel Premier ministre, alors ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, qui m’a orienté vers le secrétaire général de ce ministère, Hocine Maazouz ».

Ali Haddad a ajouté dans le même contexte : « Ce dernier a appelé Hassen Boualem et lui a dit de me préparer le passeport biométrique dans les plus brefs délais. »

A la question de savoir pourquoi il n’avait pas voyagé avec le premier passeport en sa possession, Ali Haddad a déclaré : « Je devais assister à un forum économique international aux Etats-Unis et mon premier passeport contenait le visa de l’Iran. J’avais peur que les autorités américaines refusent de m’accorder le visa. »

Le président lui ayant demandé s’il avait payé la quittance de 12 000 dinars représentant les frais de la quittance du nouveau passeport, interrogeait, l’accusé a répondu : « Non ! Non ! Je ne l’ai pas payé. » Le président a alors répliqué : « Vous avez donc bénéficié d’une faveur, d’une exception ! »

Interrogé, le commissaire divisionnaire, toujours en charge du service des documents biométriques sécurisés, Hassen Boualem, a déclaré : « Je n’ai fait qu’appliquer les directives du secrétaire général du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, Hocine Maazouz, qui m’a appelé et m’a demandé de remettre le passeport, objet de la poursuite judiciaire dont je fais l’objet, à Ali Haddad ».

Il a tenu à préciser au président du tribunal : « Je ne connais pas personnellement Ali Haddad. J’ai remis le passeport à son secrétaire personnel, qui s’est présenté à l’administration pour le récupérer. »

Le premier responsable du service biométrique Hassen Boualem a en outre affirmé : « Ali Haddad n’a pas présenté de dossier de base pour le deuxième passeport

qui lui a été remis. On s’est basé sur les premières données ».

Pour rappel, l’ex-patron des patrons algériens a été condamné à six mois de prison ferme assortis de 50 000 dinars d’amende. Il s’est vu infliger une sanction administrative liée à la saisie de ses deux passeports.

Quant à l’actuel commissaire de police, il a été condamné à deux mois de prison avec sursis pour s’être rendu coupable d’avoir remis le passeport, objet de la poursuite judiciaire, à titre de complaisance.

Les avocats de la défense constitués au profit d’Ali Haddad sont maîtres Khaled Bourayou et Kamel Alleug. Ce dernier a indiqué dans sa plaidoirie qu’« il s’agit d’un simple dossier qui a été traité de manière anormale. Mon client, au moment de son arrestation par les services de sécurité à Oum Tobbol, ne faisait pas l’objet d’une interdiction de sortie du territoire. Ali Haddad a été présenté le 2 avril dernier à minuit et n’a été auditionné par le juge d’instruction qu’à 5 heures. Il a passé plus de 72 heures dans les geôles de la police ! C’est une entrave à la loi ».

Il par ailleurs souligné que « la présidence de la République et la chefferie du gouvernement comptaient beaucoup sur les discussions qu’entreprenait son client à l’échelle mondiale. Ali Haddad a sacrifié son argent pour investir dans plusieurs domaines, et en guise de reconnaissance, il est aujourd’hui incarcéré comme un voyou ! ».

Plaidant en faveur de son client Hassen Boualem, Me Zeraïa L’Khemissi a dressé un dur réquisitoire contre l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal et l’actuel Premier ministre alors ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Nouredine Bedoui : « Mon client mérite le respect et la considération. C’est un haut cadre qui a beaucoup fait pour améliorer le service biométrique. En guise de reconnaissance, il est poursuivi car il a tout simplement appliqué à la lettre les directives qui lui venaient d’en haut. Sellal, Bedoui et Maazouz doivent être poursuivis et jugés vu leur responsabilité dans la délivrance du deuxième passeport trouvé en possession d’Ali Haddad. Mon client devait être entendu à charge et à décharge mais, malheureusement, le juge d’instruction s’est contenté de l’entendre en tant qu’inculpé seulement ! Mon client est innocent des faits qui lui sont reprochés, c’est pourquoi je sollicite la relaxe car j’estime que les preuves légales et matérielles relatives à son accusation sont nulles et non avenues. »

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