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Procès autoroute Est-Ouest: Déballages en cascade

Procès autoroute Est-Ouest: Déballages en cascade

« L’affaire de l’autoroute est politique, ce n’est pas moi qui le dis mais le principal témoin à charge. Je n’ai rien à voir ». Et d’ajouter : « Dans les circonstances où j’étais, ils pouvaient m’accuser des pires crimes » déclare le principal inculpé dans ce scandale. Le juge lui demande quelle était sa relation avec Sacha et Falcone. C’est une histoire qui remonte à 2005. « Je n’ai rien à voir avec eux », a-t-il répliqué.

Le magistrat le ramène vers le fond de l’affaire. « Les Chinois m’ont contacté parce qu’ils voulaient une garantie bancaire pour l’Algérie. C’est ce que j’ai fait avec les banques algériennes »
« Le deuxième conseil que j’ai donné aux Chinois, c’est de préparer une avance de trésorerie de la société-mère de CETIC. Je voulais rencontrer le ministre des Travaux publics pour l’informer que les Chinois voulaient réaliser le projet dans les délais ».
Le mis en cause a déclaré : « J’ai un bureau de conseil au Luxembourg.

J’ai une clientèle à l’échelle internationale. J’avais des représentations à Londres et ailleurs. J’avais des clients asiatiques, dont les Chinois à travers CETIC international qui appartient à l’Etat. J’ai travaillé avec cette firme avec des contrats sur l’Afrique. J’étais conseiller financier. CETIC m’a missionné au Gabon pour la construction des stades pour la coupe d’Afrique de football. J’ai été donc dans ce pays à la tête d’une délégation et on a été reçu par Omar Bongo qui m’a dit que si je réussissais à lui ramener le financement vous seriez l’invité d’honneur de l’équipe gabonaise ».

Dans tout cela, Chani n’a pas abordé le projet de l’autoroute. Il fait diversion en noyant le sujet. Le juge comprend la ruse et lui rappelle ses déclarations devant le juge d’instruction à propos d’un supposé mini-conseil du gouvernement. Chani précise qu’il nie toutes ses déclarations. « On me les a dictées », dit-il et il revient sur les circonstances de son interpellation.

« Ma comparution devant le juge repose sur de grands mensonges comme ma supposée relation amoureuse avec la fille de l’ex-directeur du groupe chinois. Je défie quiconque de prouver l’existence même de cette personne », entre autres justificatifs que l’accusé a avancés. 

Le mis en cause a ensuite déclaré : « J’ai acheté des actions dans Housing Bank en 2002 ». Le magistrat lui demande qu’elle fut sa relation avec Benachenhou, l’ex-ministre des Finances.
« Je ne suis pas un inconnu en Algérie. Le colonel Khaled est le dernier élément des services de sécurité que j’ai connus. J’ai des amis dans ces services depuis les années 1990.

Je suis un financier respecté sur la place luxembourgeoise. Quand il y a eu la Housing Bank, j’étais en Chine. Je suis rentré au pays et j’ai acheté les actions de Kadri Luminaire par le biais de Réda Mili à qui j’ai donné une procuration ».

Me Sidhoum lui demande pourquoi il a fait deux déclarations contradictoires devant le juge d’instruction. L’accusé répond qu’il n’était pas dans les mêmes dispositions.

Interrogé, Ouzzene Mohamed, dit « colonel Khaled », a d’emblée affirmé que « le secrétaire général du ministère des Travaux publics, à savoir Bouchama Mohamed que je connais depuis plus de 40 ans étant donné qu’on a été ensemble à l’université, jouit d’une très bonne réputation.

« C’est un homme intègre et je n’ai jamais dit qu’il a trempé dans les affaires de pots-de-vin ! ». 
Le représentant du parquet général demande à l’accusé où il rencontrait Chani. « A la maison, au ministère, sachant qu’il était poursuivi pour dilapidation de deniers publics et avec la sensibilité du poste que vous occupiez ? »

« Comment se fait-il que tout colonel que vous étiez et de surcroît conseiller au ministère de la Justice, vous ne pouviez pas vous faire aider ? », a interrogé Hellali. L’accusé avoue qu’il a revendu la villa d’Oran à Chani mais que l’acte est toujours à son nom. « Donc les sommes que Chani vous versait étaient sans contrepartie ? », demande le président. Ouazzane confirme et poursuit son audition en dédouanant Bouchama « dont la probité ne souffre d’aucun doute ».

Hellali lui rappelle toutes les sommes qu’il a perçues de Chani (1,8 milliard, achat de villas, etc). « Mon premier bien foncier, je l’avais eu en 2004, à 520 millions avec un crédit bancaire de deux millions. En 2006, j’ai fait une réservation à l’EPLF. Quant à la villa d’El Biar, de 18 millions de dinars que je n’avais pas, c’est Chani qui me les a prêtés », réplique Ouazzane.

Ouazzane poursuit en disant qu’il a connu Chani en 2006. Et Bouchama depuis une quarantaine d’années. « Chani est venu me voir pour que je lui présente Bouchama, alors secrétaire général du ministère des Travaux publics. J’ai refusé jusqu’à ce qu’il le rencontre à travers Melzi ». « Ensuite, Chani m’a informé de sa rencontre et je l’ai accompagné par la suite. Chani a présenté à Bouchama la série de blocages rencontrés par les Chinois dans le projet de l’autoroute ».

Le magistrat appelle Ouazzane Mohamed (colonel Khaled). Il relate au tribunal comment il a connu Chani : « C’était après qu’il soit rentré en Algérie et vidé son mandat d’arrêt dans l’affaire du Fonds algéro-koweitien pour l’investissement (FAKI). Chani a été condamné et s’est pourvu en appel. On m’a demandé de l’aider au début, ce que j’ai refusé en disant à des amis communs qu’il fallait suivre la procédure. C’est ce qui a été fait.
 

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