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Nationale

Priorité à la préservation des réserves de change

Priorité à la préservation des réserves de change

Lors de sa dernière sortie médiatique le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a catégoriquement rejeté le recours à l’endettement extérieur et au financement non conventionnel pour couvrir le lourd déficit du budget de l’Etat.

Pour le Président de la République, l’Algérie doit compter sur son potentiel économique et humain pour faire face cette conjoncture mondiale défavorable. Depuis presque deux mois et avec l’aggravation de la récession, nombreux sont les pays qui sollicitent le FMI et la Banque Mondiale pour bénéficier de crédits leur permettant de faire face aux conséquences sociaux économique de la pandémie. Les institutions de Bretton Woods sont soumises à de fortes pressions ces deux derniers mois. Le FMI a déjà donné son accord pour un prêt de 3,5 milliards de dollars au Nigeria, 3 milliards de dollars au Maroc, 900 millions de dollars à la Cote d’Ivoire et 750 millions de dollars à la Tunisie et 739 millions de dollars au Kenya. Tandis que l’Egypte attend la réponse du FMI concernant le montant de sa demande d’aide. Ce ne sont là qu’un petit échantillon des nombreux pays qui subissent de plein fouet les conséquences du covid-19 sur leurs économies.

Concernant l’Algérie, la voie de l’endettement est rejetée par le gouvernement. Des décisions ont été prises par le Conseil des ministres pour faire face à la pandémie et aux conséquences de l’effondrement des marchés pétroliers. Parmi ces décisions figure une réduction substantielle de la facture des importations de biens de près de 10 milliards de dollars, celle des services de 7 milliards de dollars et de diviser par deux les dépenses d’investissement et d’exploitation de Sonatrach. Des réductions qui se rapprochent du seuil de dépenses incompressibles selon les termes du ministre de la communication.

Le gouvernement table ainsi sur des recettes prévisionnelles des exportations des hydrocarbures de 20,6 milliards de dollars en 2020 contre 33,24 milliards de dollars en 2019.
Les prévisions les plus optimistes tablent sur un prix moyen du baril de pétrole à 35 dollars en 2020, contre 64,34 dollars en 2019. Ce qui représente une baisse dépassant les 54%. Pour combler le lourd déficit du solde courant de la balance des paiements le gouvernement espère tabler sur les réserves de change. Dans ses prévisions le Conseil des ministres prévoit une baisse de ces réserves de l’ordre de 17,8 milliards de dollars. Les réserves de change passeraient ainsi de 62 milliards de dollars à fin 2019 à 44,2 milliards de dollars à fin 2020.

Ce serait une prouesse si le gouvernement termine l’année avec un montant des réserves de change à 44,2 milliards de dollars quand on sait que les prévisions les plus optimistes tablent sur un prix moyen du baril de l’ordre de 35 dollars. A titre de rappel, en 2014 et avec un baril moyen du baril de pétrole à 100 dollars, le gouvernement de l’époque a fait perdre 15 milliards de dollars aux réserves de change.

Une année plus tard, en 2015 et avec un prix du pétrole à 53 dollars les réserves de change subiront une très lourde érosion de l’ordre de 36 milliards de dollars. Ce montant faramineux dépasse celui de la dette extérieure de l’Algérie qui a été payée par anticipation en 2005. La saignée s’est poursuivie en 2016 avec un nouveau recul de 29 milliards de dollars et un baril à 45 dollars. Face à ce rétrécissement rapide des réserves le gouvernement de l’époque tardait à prendre des mesures audacieuses pour freiner cette sortie massive vers l’extérieur des devises de la banque d’Algérie. 


De 2014 à fin 2019, les réserves de change passeront de 194 milliards de dollars à 62 milliards de dollars. Ce qui représente un trou de 132 milliards de dollars en six ans.
 

Pour expliquer simplement les choses, ceux qui ont gouvernés durant ces six dernières années ont maintenues les dépenses et les importations de biens et de services au niveau d’un prix moyen du baril à 100 dollars, alors que le baril avait baissé à 45 dollars en 2016. L’inertie des gouvernants face à la rapide détérioration des réserves est expliquée par les pressions exercées par le puissant lobby des importations.

Ce dernier était derrière le blocage de toutes mesures visant la réduction des factures d’importation des biens et services ainsi que les dépenses de Sonatrach. Le défunt ministre du Commerce Bakhti Belaib avait évoqué le problème de la surfacturation des importations en 2015. Et en 2017, Abdelmadjid Tebboune, alors premier ministre, s’est attaqué à certains hommes d’affaires en appelant à séparer l’argent de la politique. Trois mois plus tard, il sera limogé sous la pression du même lobby conduit par le duo Ahmed Ouyahia et Ali Haddad et soutenu par le SG de l’UGTA Abdelmadjid Sidi Said.

Certains ont évalué la surfacturation et le transfert illicite des devises dans une fourchette de 25 à 30% du montant total des importations. De 2013 à 2019 le pays à importer pour près de 354 milliards de dollars de marchandises. Pour 25% de surfacturation le montant des transferts illicite dépasserait les 88 milliards de dollars depuis 2013. Un montant qui aurait permis, aujourd’hui, au pays de faire face avec aisance aux conséquences de la pandémie et de l’effondrement des marchés pétroliers.

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