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Nationale

Priorité à la diplomatie de proximité

Priorité à la diplomatie de proximité

L’accession d’Abdelkader Messahel à la tête de la diplomatie algérienne, au-delà de la consécration personnelle de l’homme au long parcours dans les arcanes du ministère des Affaires étrangères, traduit une nouvelle approche dans la pratique diplomatique algérienne, celle de la proximité, et le couplage lutte antiterroriste-processus de réconciliation politique. Et pour cette tâche, Abdelkader Messahel a plusieurs cordes à son arc.

D’abord parce qu’il a été, de très longues années, l’interlocuteur privilégié de tous les protagonistes des conflits en Afrique et dans le monde arabe, son statut de ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines lui permettant de maîtriser les questions conflictuelles dans toute la région.

Ensuite, son activisme au côté du président Abdelaziz Bouteflika, dans la promotion du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), cheval de bataille de l’Algérie pour la réintégration de l’Afrique dans une logique de dynamique et de croissance sous-tendues par la bonne gouvernance et des partenariats tous azimuts.

Le dossier du Nepad a été, et pour de longues années également, « le » dossier de Messahel, au point que des diplomates du continent l’ont surnommé « Messahel l’Africain ».

Enfin, le nouveau chef de la diplomatie algérienne a été l’interface entre l’Algérie et les grandes puissances notamment la Russie et les Etats-Unis, lors des réunions de dialogue stratégique et celles relatives à la coopération antiterroriste tant à Alger, qu’à Moscou ou à Washington et Bruxelles.

Si le dossier malien a été géré par un autre africaniste de la diplomatie algérienne, l’ancien ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Ramtane Lamamra, ancien Commissaire africain pour la Paix et la Sécurité, la question libyenne est le grand dossier que le successeur de Lamamra aura à gérer en priorité.

Déjà, Abdelkader Messahel a effectué au moins deux déplacements afin de rapprocher les points de vue des frères ennemis en Libye. Cette stratégie de proximité entend agir directement sur le terrain afin d’amener les politiques au dialogue et à les unir contre les groupes terroristes.

Martin Kobler, l’envoyé spécial de l’Onu pour la Libye a, à maintes reprises, loué les efforts de l’Algérie et de son ministre Messahel dans la recherche d’une voie pacifique à la crise libyenne.

Les protagonistes, qu’ils soient à Tripoli, à Benghazi, Tobrouk ou dans le Sud, ont tous salué la dynamique inclusive et inter-libyenne préconisée par Abdelkader Messahel. Exit les interférences régionales « intéressées » ou les pressions internationales, c’est aux Libyens de trouver, eux-mêmes, la solution à la crise enclenchée pourtant par l’Otan et le CCG.

C’est donc fort du principe tout algérien de la primauté du politique sur le militaire que le nouveau chef de la diplomatie algérienne entend imprimer sa marque pour résoudre la question du voisin de l’Est. Et ce n’est pas ce principe qui empêchera Messahel d’être l’interlocuteur privilégié des capitales qui comptent dans le monde pour discuter des questions sécuritaires de la région.

Du Mali à la Syrie en passant par la Libye et le Sahara occidental, Abdelkader Messahel développera sans aucun doute une approche inspirée de l’expérience algérienne de lutte antiterroriste et de politique de réconciliation nationale avec, comme clé de voute, une stratégie de déradicalisation qui a été adoptée par les Nations unies comme base de travail pour l’élaboration d’une stratégie globale de lutte contre l’extrémisme religieux.

C’est dire que Abdelkader Messahel a du pain sur la planche. Parviendra-t-il à appliquer sa diplomatie de proximité en Libye ? Un test grandeur nature pour un diplomate chevronné.

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