Primeurs : Gare aux résidus de pesticides
Face à la course aux profits générée par les premiers fruits et légumes récoltés en début de saison, le président de l’Organisation de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE), Mustapha Zebdi, a rappelé, ce vendredi, à l’ordre les professionnels de la terre. En cause : la présence de résidus chimiques visibles sur des fruits mis en vente.
C’est à travers un post publié, ce vendredi, sur les réseaux sociaux que le président de l’APOCE a interpellé le monde agricole et les consommateurs. S’appuyant sur le cliché d’une récolte récemment acheminée vers un marché de gros, le défenseur des droits des consommateurs met en garde contre le non-respect des protocoles sanitaires, un phénomène trop souvent dicté par l’appât du gain ou le manque de sensibilisation.
Pour le premier responsable de l’APOCE, le respect du délai avant récolte (DAR) — période obligatoire à observer entre le dernier traitement phytosanitaire et la cueillette — ne doit plus être perçu comme une simple contrainte technique. « C’est un devoir professionnel et éthique qui protège la santé du consommateur et préserve la qualité ainsi que la réputation de la production nationale sur le marché », a souligné Mustapha Zebdi.
Le constat sur le terrain est pourtant sans appel. La photo partagée par l’organisation, provenant directement d’un marché de gros, montre, selon lui, des traces blanches et des dépôts visibles sur les fruits ou les feuilles. Qu’elles soient issues de traitements fongiques ou d’autres produits phytosanitaires, ces substances altèrent non seulement la sécurité et la valeur nutritionnelle des produits, mais exposent surtout la population à des risques sanitaires majeurs, a-t-il alerté.
Par ailleurs, Mustapha Zebdi dit « comprendre parfaitement » l’engouement économique que représentent les premières récoltes de la saison, communément appelées El Fal. Ces fruits précoces, a-t-il précisé, bénéficient systématiquement d’une forte demande et de prix de vente particulièrement élevés.
L’APOCE rappelle, cependant, avec fermeté que la rentabilité ne doit jamais se faire au détriment de la santé publique. Selon la nature des produits phytosanitaires utilisés, les délais de sécurité indispensables à la dégradation des molécules s’étalent généralement de sept à quatorze jours. Un calendrier non négociable. «L’agriculteur professionnel est celui qui sait concilier rentabilité économique et responsabilité sanitaire, en faisant de la qualité de ses produits et de la confiance des consommateurs son véritable capital», a-t-il affirmé.
En conclusion, Mustapha Zebdi lance un appel pressant à une prise de conscience collective afin de barrer la route à ces pratiques, souvent liées à un manque de formation ou à de la négligence.