Prévention en milieu scolaire : L’Etat en campagne contre la drogue
Dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention de la toxicomanie 2025-2029, initiée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le coup d’envoi officiel de la caravane nationale de sensibilisation aux dangers de la drogue et des substances psychotropes en milieu scolaire sera donné, ce dimanche, par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemâa, sous le slogan évocateur « Novembre, une nouvelle ère. Une jeunesse consciente et saine ». C’est ce qu’a indiqué un communiqué du ministère.
Placée sous le haut patronage du Premier ministre Sifi Ghrieb, c’est depuis le Sanctuaire des martyrs, à Alger, haut lieu de mémoire nationale, que sera donné le signal d’une campagne inédite, à la fois par son ampleur et par la diversité de ses acteurs. Simultanément, les walis lanceront la caravane dans leurs wilayas respectives, marquant ainsi un engagement collectif et décentralisé contre un fléau mondial qui touche, de plus en plus, les jeunes publics.
Cette action de grande envergure est organisée par l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLDT), en collaboration avec plusieurs départements ministériels, dont ceux de l’Intérieur, de la Santé, de l’Éducation nationale, de la Jeunesse, de la Solidarité nationale, des Sports et des Affaires religieuses. La campagne mobilise également la wilaya d’Alger, l’Observatoire national de la société civile (ONSC), l’Organe national de protection et de promotion de l’enfance (ONPPE) ainsi que le Croissant-Rouge algérien (CRA), dans une dynamique d’unité et de concertation avec les acteurs locaux et les associations.
A travers cette caravane, le ministère de la Justice et ses partenaires entendent renforcer la vigilance collective face à un phénomène qui met en péril la santé, la sécurité et l’avenir de milliers de jeunes, l’objectif étant de prévenir plutôt que guérir, et ce en diffusant, dès le milieu scolaire, une culture de la prévention, de la responsabilité et du respect de soi. Le ministère a ainsi souligné l’importance « d’accompagner les jeunes, les élèves et la société civile dans la lutte contre la toxicomanie, en diffusant la culture de la conscientisation sanitaire et en inculquant les valeurs de prévention et de responsabilité individuelle et collective ». En d’autres termes, il s’agit de donner aux jeunes les outils pour comprendre, refuser et résister, tout en plaçant la société tout entière au cœur du processus de protection.
La pédagogie comme rempart
Au programme de cette campagne, des conférences, des ateliers interactifs, des séances pédagogiques dans les écoles, des démonstrations sur le terrain et des colloques régionaux. Des experts en santé publique, psychologues, éducateurs et acteurs associatifs seront mobilisés pour dialoguer avec les élèves, leur expliquer les dangers des substances illicites, mais aussi les aider à développer des réflexes de vigilance et de solidarité. La méthode adoptée repose sur une pédagogie participative, centrée sur l’écoute et l’échange, dans l’espoir de créer un mouvement durable au sein des établissements scolaires. L’enjeu dépasse la simple sensibilisation, il s’agit de former une génération lucide et responsable, capable d’affronter les défis de son époque sans tomber dans les pièges de la dépendance.
Cette caravane s’inscrit dans la stratégie nationale de prévention de la toxicomanie (2025-2029), récemment mise en œuvre par les pouvoirs publics. Cette stratégie repose sur quatre axes majeurs : la prévention, la prise en charge, la réinsertion sociale et la coopération intersectorielle. Elle a pour mission de renforcer la coordination entre les institutions, de moderniser les outils de détection et de traitement, et de favoriser une approche fondée sur la science, la communication et la proximité avec le citoyen.
En initiant cette campagne dès les écoles, le gouvernement pose la première pierre d’un dispositif global où l’éducation devient la première ligne de défense contre la drogue. Le président Tebboune a d’ailleurs rappelé à plusieurs reprises que la jeunesse est la force vive de la nation et qu’elle doit être protégée, encadrée et accompagnée pour préserver les valeurs de la société.
En outre, le choix du mois de novembre, associé à la mémoire du déclenchement de la guerre de libération nationale, n’est pas anodin. En plaçant cette campagne sous le slogan « Novembre, une nouvelle ère. Une jeunesse consciente et saine », les initiateurs veulent rappeler que la conscience citoyenne, héritée de Novembre 1954, demeure la clé du renouveau national.
Il s’agit d’un appel à la vigilance et à la responsabilité, mais aussi à la continuité du combat, cette fois contre les fléaux modernes qui menacent la cohésion sociale. De plus, le lancement au Maqam Echahid, lieu de recueillement et d’unité, donne à cette initiative une portée symbolique forte, celle d’une nation qui se souvient de ses martyrs tout en protégeant son avenir. Dès lors, à travers cette caravane, l’Algérie réaffirme sa détermination à construire une société solidaire et consciente. Elle mise sur l’éducation, la prévention et la coopération pour faire face à un défi mondial qui, aujourd’hui, appelle à l’union de toutes les volontés. En associant institutions, école, famille et société civile, le pays trace inéluctablement la voie vers une nouvelle génération de jeunes éclairés et responsables, capables d’élever le flambeau du renouveau national.