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Nationale

PRESSE : L’eternel faux débat

PRESSE : L’eternel faux débat

La presse privée en Algérie venait à peine d’atteindre la vingtaine d’années lorsqu’ont commencé ces vilaines disputes entre canards au sujet de leur rapport avec le pouvoir en fonction du soutien financier indirect que procure l’ANEP en tant qu’annonceur public.

Une querelle alimentée par des journaux qui s’imaginent plus nobles et mieux placés dans le cœur des lecteurs et des annonceurs privés pour supporter la concurrence, voire l’existence de publications roturières qui profiteraient de la manne financière de l’Etat pour grignoter le lectorat ou l’espace médiatique.

Le syllogisme posant comme prémices l’origine du financement dans l’objectif de conclure à l’aliénation éditoriale ne peut pourtant pas se limiter au cas des « petits journaux soutenus par la publicité de l’ANEP ».

En effet, au Jeune Indépendant, premier titre de la presse privée algérienne paru en Algérie le 28 mars 1990, tout le monde sait que l’ensemble des journaux pionniers dont les prétendues grosses cylindrées d’aujourd’hui, ont bénéficié d’un coup de pouce financier et administratif pour se lancer dans l’esprit de la circulaire Hamrouche qui invita à « l’aventure intellectuelle. »

Une étape de l’évolution du métier où les amoureux de la presse pensaient davantage à la mission d’informer librement qu’à compter les pages de pub de journaux concurrents. Pendant que l’Etat accordait de très généreuses lignes de crédit à des canards qui ont pu, par la suite, acquérir leurs propres rotatives. A plus de vingt ans d’existence, les coquins qui déclarent ne boire que du lait révolutionnaire genre printemps arabe ne doivent pas oublier qu’ils ont été d’abord nourris au biberon de l’Etat.

Money is money

Il ne sert donc à rien de faire l’amalgame entre les ressources financières et la qualité du travail fourni par les journaux publiés actuellement. A un autre niveau, ceux qui revendiquent leur autonomie vis-à-vis de l’ANEP doivent reconnaître que l’argent des annonceurs privés, parfois étroitement liés à des officines étrangères ou à des cercles d’intérêts privés qui gravitent autour du pouvoir en place, n’est pas plus propre que l’argent de l’Etat.

Nous l’avons écrit plus d’une fois et personne n’est jamais venu nous prouver le contraire. L’actuel ministre de tutelle en sait forcément quelque chose, pour avoir eu à s’occuper de la communication d’un grand groupe de la téléphonie à propos duquel les journaux bénéficiaires de grosses pages de publicité, en couleurs et facturées à grand prix, n’ont jamais osé critiquer la politique commerciale ni commettre d’enquête désobligeante.

Par-delà le fric !

Non, Dieu merci, la ligne éditoriale ne dépend heureusement pas des ces questions triviales de trésorerie par rapport au noble défi d’informer. Informer après avoir réussi l’exploit d’obtenir des éléments fiables face à des institutions verrouillées et toujours incapables de communiquer en temps réel sur les sujet cuisants de l’actualité. Il n’est donc pas seulement question de s’affranchir du pouvoir ou de son traitement officiel de l’info.

C’est la quête de la vérité des faits, l’investigation, le recoupement en bannissant les travers de la diffamation qui participent à l’élaboration d’une édition honorable, au jour le jour. En s’autorisant un peu de provocation et d’ironie à l’endroit de tous. Et que diable, arrêtons d’assimiler au pouvoir les papiers qui entendent d’abord défendre la patrie contre mille périls !
Cette accusation légère trahit aussi une perception dangereuse du patriotisme en attribuant le monopole de son expression et de sa promotion aux gouvernants.

Alors qu’au Jeune Indépendant, comme dans d’autres journaux « petits et grands », on n’attend pas de quitus, de qui que ce soit, pour défendre l’Algérie. Les lecteurs l’ont bien noté, qui font la différence entre l’orgueil excessif d’un canard et la sincérité de bonnes feuilles. Cessons-donc la polémique et laissons les décideurs mettre de l’ordre dans la gestion de l’ANEP et des caisses de l’Etat en général, puisque notre plume demeure privée, mais aussi indiscutablement indépendante.

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