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Nationale

Présidentielles anticipées: Hamrouche dit non

Présidentielles anticipées: Hamrouche dit non

Alors que la Coordination nationale des libertés et pour la transition démocratique (CNTLD) insiste sur deux de ces préalables, à savoir la tenue d’une élection présidentielle anticipée et la création d’un organisme indépendant chargé de l’organisation des scrutins, d’autres voix critiques se sont fait entendre récemment pour s’opposer à ce choix. En plus des partis politiques alliés au pouvoir, et des sphères qui gravitent autour sa politique, voilà que des personnalités nationales de poids se mettent de la partie.

Mouloud Hamrouche, ancien Chef de gouvernement, aura été clair, net et sans ambages dans son intervention à Sidi Bel Abbès, quand il affirmera qu’il est contre la tenue d’élection présidentielle anticipée : « Cette élections anticipée ne ramène à rien par rapport à ce qu’il y a aujourd’hui », estimant également que cette revendication entre seulement dans « la logique d’alternance de personnes au pouvoir ».

L’analyse de Hamrouche, qui sans faire partie du front de l’opposition, semble ainsi se rapprocher des thèses des partisans du pouvoir, surtout que ces derniers réclament que toute discussion future ne se fasse jamais sur le dos de la « légalité et la légitimité des institutions élues ».

Autrement dit, si la coordination cherche à tout prix à dépasser l’article de la Constitution qui fait état de la maladie du chef de l’Etat et son empêchement en appelant à la tenue d’une élection anticipée organisée par un organisme autonome et non par le ministère de l’Intérieur, le FLN, le RND et d’autres forces alliées à Bouteflika viennent d’inscrire une ligne rouge, celle de ne pas mettre en doute la légitimité d’une institution souveraine.

Hamrouche rejoint ainsi les tenants du maintien du statu quo institutionnel, sauf que cela nécessite une autre logique, un autre agenda et une feuille de route. Pour Hamrouche, selon des idées qu’il développe depuis des mois lors de ses conférences à travers le pays, il existe des « urgences » plus délicates que celles des élections générales.

L’ancien chef de gouvernement pense que la démarche la plus idoine est celle de « reconstruire l’Etat », car l’actuel a perdu beaucoup de ses repères et de ses atouts et traditions républicaines. Pour Hamrouche, il y a « une déstructuration de l’administration gouvernementale et un affaiblissement de son expertise. Il dira qu’ »aujourd’hui, vous avez une fausse information qui donne lieu à une fausse analyse puis à de fausses décisions ».

Hamrouche appelle à libérer l’Etat de l’hégémonie du pouvoir et des personnes ». « Il faut parler de l’Etat. Quand on règlera ce problème, on ira vers la démocratie, des modifications de textes de loi. » Autrement dit, il s’agira pour Hamrouche de changer le système actuel de l’intérieur en réhabilitant des mécanismes de fonctionnement, en actionnant d’autres leviers sans pour autant créer de nouvelles fractures. Hamrouche propose, sans le dire, un rôle consensuel qui flirte avec celui du FFS.

D’ailleurs, il a insisté sur l’urgence de la « construction d’un nouveau consensus national pour protéger notre identité, l’unité de notre territoire, et garantir la sécurité de notre pays », avant d’ajouter que c’est ce « consensus qui doit réhabiliter l’Etat et protéger la cohésion nationale ».

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