Présidentielle: l’Argentine dans les bras de l’extrême droite
C’est une première dans le pays de Diego Maradona. L’économiste de l’extrême droite Javier Milei baptisé « El Loco » (le fou) est devenu le nouveau président de l’Argentine après avoir remporté, dimanche, le second tour de l’élection présidentielle. Avec 55,95% des voix, il devance largement son adversaire du centre-gauche Sergio Massa (44,04%).
«C’est une nuit historique pour l’Argentine», a lancé Javier Milei à plusieurs milliers de partisans, à son QG de campagne à Buenos Aires. «C’en est fini du modèle appauvrissant de la caste, aujourd’hui nous adoptons le modèle de la liberté, pour redevenir une puissance mondiale.»
Son adversaire, le ministre centriste de l’économie a officiellement reconnu sa défaite dimanche soir. Javier Milei, 53 ans, «est le président que la majorité des Argentins a élu pour les quatre prochaines années», a déclaré Sergio Massa, qui était arrivé en tête au premier tour le 22 octobre. Il a indiqué, devant ses partisans réunis à son QG de campagne à Buenos Aires, avoir appelé Javier Milei pour «le féliciter et lui souhaiter bonne chance».
Les quelque 36 millions d’Argentins se sont prononcés entre deux projets d’avenir antagoniques. D’un côté, Massa, politicien accompli, ministre de l’économie depuis 16 mois d’un exécutif péroniste (centre gauche) dont il s’était distancié. Et qui promettait un «gouvernement d’unité nationale», et un redressement économique graduel, préservant l’Etat-providence, crucial dans la culture argentine.
Face à lui, Javier Milei, économiste «anarcho-capitaliste» comme il se décrit, polémiste de plateaux TV surgi en politique il y a deux ans. Résolu à couper les dépenses publiques et imposer le dollar comme monnaie nationale, laissant mourir le peso argentin.
Épuisés par la hausse prix qui grimpent de mois en mois, voire de semaine en semaine, quand les salaires décrochent, dont le salaire minimum à 146 000 pesos (400 dollars), les argentins ont voté pour Milei comme une sanction contre le gouvernement peroniste au pouvoir, estiment les analystes.
L’Argentine, la deuxième économie d’Amérique du Sud, fait face à une inflation à trois chiffres, une récession imminente et une pauvreté grandissante.