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Nationale

Présidentielle : L’absence de grosses pointures inquiète

Présidentielle : L’absence de grosses pointures inquiète

Le chef de l’Etat Abdelkader Bensalah s’est adressé ce dimanche à la nation, confirmant la date du 12 décembre pour la tenue des élections présidentielles, mais n’annonçant aucune mesure d’apaisement. Pas un mot sur les détenus d’opinion qui se comptent désormais par dizaines, aucune allusion au départ du gouvernement de Nourredine Bedoui ou encore au déverrouillage du champ politique et médiatique. Des partis politiques, des personnalités nationales, des syndicats et autres représentants de la société civile, qui avaient portant fait du départ des symboles du régime Bouteflika, notamment du gouvernement Bedoui, la libération des détenus d’opinion, la levée des contraintes sur les manifestations, l’établissement du droit de réunion et des libertés publiques, l’ouverture des médias à l’expression plurielle, du changement du cadre institutionnel des élections avec l’instauration d’une commission indépendante d’organisation et d’une révision de la loi électorale, un préalable pour participer au dialogue, voire aux élections, sont aujourd’hui piégés.

Seul le leader de Talaiet el Hourryet, Ali Benflis, y trouve son compte pour l’instant : « L’horizon semble se dégager. Les perspectives s’ouvrent. L’impasse n’apparaît plus comme insurmontable. Jamais notre pays n’a été aussi proche de la sortie de crise. Et jamais, l’élection présidentielle n’est apparue aussi propice à cette sortie de crise », écrit-il sur sa page Facebook, prenant à contre-pied ses fidèles alliés regroupés au sein des « Forces du changement ». Même le bureau politique de son parti l’appuie sans réserve dans sa démarche. Il a réaffirmé la conviction que l’élection présidentielle « est la voie de sortie de crise la plus réaliste, la moins longue, la moins risquée et la moins coûteuse pour le pays ». Pourquoi Ali Benflis, rompu pourtant aux manœuvres dilatoires du pouvoir, lui qui a été notamment ciblé durant une dizaine d’années par la « bande », a-t-il subitement changé de position et de fusil d’épaule ? Pense-t-il réellement que s’ouvre devant lui un grand boulevard pour gagner cette bataille qu’il a perdue par deux fois devant Bouteflika en 2004 et 2014 ? La prochaine élection présidentielle ne verra pas en effet de solides outsiders.

Déjà, les partis regroupés au sein de l’Alternative démocratique (FFS, RCD, PT, MDS, PLD, UCP et PST) ne seront pas partants. Idem pour le PJD de Djaballah et, à un degré moindre, le MSP. Ce dernier hésite encore. Le FLN, le RND, TAJ et le MPA n’auront pas de candidats crédibles et assez puissants pour aller affronter Benflis. Que reste-t-il ? Ali Fawzi Rebaine, Belaid Abdelaziz, et les autres candidats de petits partis tels que l’ANR, El Islah et Karama etc. Tous ne feront pas le poids devant l’ex-chef de gouvernement sous Bouteflika. Car les gros calibres ne seront pas légion lors de cette élection présidentielle inédite et indécise dans la jeune histoire du pays. A tel point que le président de la Commission politique de l’instance nationale de dialogue et de médiation, Amar Belhimer, a eu ces mots pleins d’a priori lors de son passage dimanche au forum d’El Moudjahid : « La qualité des candidatures va déterminer le taux de participation à l’élection présidentielle », avant d’ajouter que pour rendre ce scrutin crédible et valide, « il faut la présence de

gros calibres ». Selon lui, le niveau de participation au prochain scrutin sera déterminé par la qualité des candidatures : « Si vous avez des candidats crédibles, porteurs de programmes, de projets, d’espoir et d’avenir, les électeurs seront naturellement nombreux à aller aux urnes » fait-il observer.Ce lundi matin, il a récidivé lors de son passage à la Chaîne III, appelant à « aller très vite » vers la démission du Premier ministre Noureddine Bedoui. S’exprimant dans l’émission « L’invité de la rédaction », il estime que sur la base du rapport remis aux hautes autorités, que le chef de l’Etat doit « rester à sa place », mais exige en revanche le départ de Bedoui qui « traîne une responsabilité dans la répression des mouvements de protestation » et est considéré comme le « chef d’orchestre des fraudes électorales et locales en 2017 » ; de même, ajoute-t-il, qu’il « est accusé de faux et usage de faux au sujet des signatures en faveur de la candidature de Bouteflika ». Reste cette grande inconnue : verrons-nous la candidature d’une personnalité indépendante ?

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