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Nationale

Les députés algériens indésirables en France

Les députés algériens indésirables en France

La France continue de brandir la « politique des visas » à l’égard des Algériens. En dépit des paroles de circonstances et des tentatives d’apaisement, caractérisées par des échanges au plus haut sommet des deux Etats, le consulat français en Algérie continue de sévir, en refusant systématiquement d’accorder des visas à des dizaines de milliers de ressortissants algériens, désireux de voyager en France surtout pour des raisons familiales, sociales, universitaires, intellectuelles, sanitaires et même pour des affaires commerciales.

On pensait que le pic des refus de visas a été atteint ces deux dernières années, lorsque la crise a éclaté entre Alger et Paris, après les fameuses déclarations du président français Emmanuel Macron sur l’histoire de la nation algérienne et les questions mémorielles, suivies par son ministre de l’Intérieur, qui évoqua le dossier des clandestins algériens expulsables.

Ils étaient plusieurs dizaines de milliers d’Algériens qui ont reçu des services consulaires français des refus d’accéder aux territoires européens, sans explication ou justification plausible.

Cette fois, c’est au tour des parlementaires et autres fonctionnaires algériens de subir le même sort. Selon des sources au niveau de l’Assemblée populaire nationale, des dizaines de députés attendent depuis des mois un visa Schengen. Le bureau de l’APN, ainsi que l’administration de la chambre basse (notamment le bureau des visas et des relations publiques) ont insisté à plusieurs reprises auprès du consulat de France pour obtenir dans des délais raisonnables des visas à des parlementaires.

En vain. Pire encore, ces retards simulés ont été mal perçus. Selon quelques  députés, les passeports déposés au consulat sont restés dans les tiroirs des bureaux, sans traitement et sans réponse. Il aura fallu que l’administration de l’APN ne décide de récupérer les passeports pour les déposer dans d’autres consulats européens beaucoup plus bienveillants.

Selon les mêmes sources, c’est généralement le consulat italien qui a été sollicité le plus. Il faut dire que certains députés attendent depuis janvier dernier une réponse à leurs demandes de visas.

Devant ce refus d’accorder des visas Schengen aux députés, la commission des affaires étrangères de l’APN a adressé une vive protestation à l’ambassadeur de France en Algérie, dénonçant cette pratique de la part du consulat qui ne fournit aucune explication à ce comportement et qui s’abstient même de répondre aux correspondances de l’APN. L’une des lettres de protestation est datée du mois de mars dernier.

A ce jour, aucun allègement n’a été signalé dans les services consulaires français. Ces derniers semblent appliquer à la lettre des instructions de l’Etat français. Paris a décidé de réduire d’une manière drastique les visas pour les Algériens. Il s’agit pour les autorités françaises de faire pression sur Alger qu’elle accuse d’être peu ou moins coopérative dans l’accueil de migrants expulsés.

Selon des chiffres officiels, les services consulaires français ont rejeté quelque 32.000 demandes de visas Schengen pour la France formulées par les Algériens en 2021. L’année précédente n’est pas considérée comme année référence en raison de la crise sanitaire et les contraintes mondiales qui furent imposées par la pandémie du coronavirus.

Récemment, selon le site spécialisé “Schengen Visa Info“, 31.955 postulants algériens ont vu leurs demandes de visas refusées par les autorités françaises.

Ce chiffre représente 80.5% du nombre total des demandes de visas Schengen rejetées par les pays européens pour les ressortissants algériens.

En revanche, l’Hexagone a délivré au cours de la même année 44.032 visas Schengen au profit des citoyens algériens, devenant ainsi la première destination des Algériens, suivie de l’Espagne (34.139 visas) et l’Italie (2.898 visas).

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