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Nationale

Près de 3% des bébés naissent avec des malformations

Près de 3% des bébés naissent avec des malformations

Près de 3 % de bébés par an naissent avec des malformations en Algérie. C’est le constat fait par des spécialistes en gynéco-obstétrique, réunis vendredi et samedi à l’hôtel Marriott de Constantine dans le cadre d’une formation de deux jours.
Le rendez-vous, consacré aux derniers développements qu’a connu l’échographie fœtale, a été suivi par près de 250 médecins spécialistes en gynécologie obstétrique venus des quatre coins du pays. Un référent français en la matière, le professeur Bault Phillippot, éminent spécialiste en échographie fœtale, a été chargé par l’association des médecins spécialistes en gynécologie-obstétrique d’encadrer la formation. Selon le président de l’organisation, le docteur Mohamed Boukerrou, spécialiste en la matière, le nombre de fœtus malformés constitue une préoccupation majeure aussi bien pour le médecin traitant que pour la famille du bébé à naître, particulièrement pour la future mère. C’est pourquoi l’intérêt d’un diagnostic précoce durant les premier et deuxième trimestre peut constituer une base pour la prise de décisions à venir concernant la marche à suivre. Ainsi, « L’échographie fœtale constitue un outil indispensable, dans la mesure où elle permet de poser le diagnostic, qui peut être très mal perçu par la famille et donc il y a un impact psychologique sur la parturiente ou la femme enceinte, qui reste la première concernée », dira le médecin qui ajoute . « Sur le plan technologique ou médical, cette technique avance à grands pas, et nous nous devons d’être au diapason de ce qui se fait ailleurs. »
L’outil technologique constitue, en effet, un atout majeur pour la détection de telles anomalies. L’échographie connaît, selon les médecins présents au rendez-vous, un développement et des actualisations continuels, et les dernières techniques permettent de détecter avec précision plusieurs anomalies qui peuvent, dans certains cas, être très handicapantes pour le futur bébé et par conséquent peu supportables par les parents. Dans certains cas le recours à une interruption de grossesse s’impose ; ce que les médecins présents au rendez-vous nomment « l’avortement thérapeutique » peut donc constituer le dernier recours.
L’arrêt du processus de développement intra-utérin du bébé peut être prescrit sur prescription médicale ; pour ce faire précise le Dr Boukerrou, « Un dossier sera établi et soumis à toutes les parties concernées, à savoir les médecins traitants et la famille de la patiente. Ce dossier sera déposé à la direction de la Santé et de la population de la wilaya, où une commission sera alors chargée de recevoir le couple et parallèlement à cette procédure, le document sera adressé au CHU où une autre commission composée de médecins se chargera d’auditionner les principaux concernés, à savoir le couple, avant de prendre une décision collégiale. Cela bien entendu après avoir fait le constat que le fœtus est malade, d’où une interruption de la grossesse,
Selon les spécialistes présents, plusieurs raisons peuvent être à l’origine de ces malformations ; à titre d’exemple, la consanguinité, l’environnement, certaines maladies, tel que le diabète ou autre maladies héréditaires, et certains médicaments, surtout dans les cas d’automédication de la femme enceinte, qui peut s’avérer très dangereuse aussi bien pour l’enfant que pour la mère.
Amine B.

Professeur Bault Philippot, au Jeune Indépendant :
« Ce type de formation vise à parfaire les connaissances des médecins »

Quel intérêt peut avoir une telle formation pour les gynécologues-obstétriciens ?
L’objectif de ce rendez-vous prévu en deux jours est d’apporter aux médecins présents des éléments nouveaux afin de parfaire leurs connaissances en échographie obstétricale, ce qui fait qu’on a travaillé beaucoup sur l’échographie dite normale, parce qu’il est très important de connaître d’abord la base de cette technique à savoir dépister les anomalies ; on a surtout mis l’accent sur le cœur et le cerveau, et puis on a complété cette formation théorique par du live, c’est-à-dire des échographies en direct avec des patientes ayant des bébés tout à fait normaux sans anomalies, et d’autres patientes ayant des fœtus porteurs d’anomalies, ce qui m’a permis d’expertiser ces patientes et donc de confirmer des diagnostics pour la plupart du temps et de donner un parti d’avis pronostic. Technique qui a été suivie par l’ensemble des participants.

Quel constat faites-vous de la pratique chez vos confrères algériens ?
Je pense que les connaissances sont là et il y en a même beaucoup, mais pas toujours mises dans le bon ordre, et je pense que justement l’un des rôles de ces formations c’est de bien faire ressortir les points les plus importants et de ne pas les noyer au sein d’un tas de connaissances qui sont moins utiles tout de suite ; donc c’est essentiellement cela qu’on peut tirer. Il y a eu beaucoup de questions, ce qui prouve que le gens, je veux dire les spécialistes, sont très intéressés et ont effectivement beaucoup de connaissances déjà. 

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