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Nationale

Préparation de la tripartite : Les habits neufs de Tebboune

Préparation de la tripartite : Les habits neufs de Tebboune

Ce sera la première tripartite présidée par le Premier ministre Tebboune. En lançant l’invitation à une bonne partie des partenaires sociaux, même si ce rendez-vous « technique « était inscrit dans les tablettes du Premier ministère du temps de son prédécesseur Sellal, Tebboune veut enterrer toute « hache « et toute « guerre « .

Certains diront un « ni guerre, ni paix « à la sauce de Tebboune. Tout le contexte marqué par le bras de fer entre lui et Ali Haddad, président du Forum des chefs d’entreprises (FCE) et patron de l’entreprise ETRHB serait mis aux oubliettes. Mieux encore, l’épisode de la déclaration d’El Aurassi, à laquelle l’UGTA était associée, serait une « parenthèse « , ou un « détail « , selon les analyses et les points de vue des uns et des autres.

Ainsi, pour beaucoup d’observateurs, l’invitation à cette rencontre préparatoire était une surprise de taille, une vraie « folie « politique, comme disaient d’autres.

Au cœur de la bataille des déclarations et contre-déclarations, des mises en demeure et des placards publicitaires, cette invitation sonne faux et laisse l’opinion publique dubitative. Car, il est illogique qu’on ne puisse pas appeler ses partenaires au dialogue social et au consensus pour faire face à la crise économique, il y a juste quelques jours, pour déclencher ensuite des hostilités fastidieuses et inutiles et « créer des épouvantails « ou des boucs émissaires.

Mais, au lieu de croire que Tebboune est sorti fragilisé de ce feuilleton très instructif, on pourrait bien avancer l’autre hypothèse, celle où le Premier ministre aura voulu marquer définitivement son territoire, son autonomie et son pouvoir décisionnel pour longtemps.

Il aura bien écrit et déclamé dans son plan d’action présenté à l’APN en juin dernier, qu’il veut « séparer l’Etat de l’argent « et que ce principe lui aurait été dicté et recommandé par le président de la République himself, après avoir constaté de graves dérives politiques et des atteintes à la souveraineté des autorités publiques, consacrée par la Constitution.

Avant même cet épisode, il avait surtout effacé des attributions foncières non conformes à la réglementation et gelé d’autres concessions prises dans l’opacité la plus totale par le précédent Exécutif.

Dans la foulée, il s’attaqua également aux pseudo-licences d’importation et d’exportation et imposa aux autorités douanières des contrôles stricts des marchandises déclarées. Il semble bien qu’il pourrait encore réveiller la machine judiciaire pour mettre le holà et stopper les dommages « collatéraux « occasionnés par ces hommes d’affaires. 

Il est maintenant sûr que le gouvernement Tebboune, aux yeux de tout le monde, ne ressemble point à celui de Sellal ni dans le style, ni dans le discours, ni même dans les objectifs et la stratégie. Bien que ce gouvernement aurait les mêmes alliés de circonstance, les mêmes partenaires et les mêmes associés, il semble bien que la conjoncture lui impose un autre regard, une autre logique et surtout une discipline gouvernementale et une solidarité à toute épreuve.

En bornant les accès aux décisions économiques majeures, en imposant ses vues et en interdisant les intrusions du pouvoir de l’argent dans les rouages des appareils politiques, Tebboune veut aller à cette tripartite serein, fort et surtout « souverain « . Quitte à perdre ses … mises en demeure.

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