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Nationale

Premiers mécontentements et des incertitudes

Premiers mécontentements et des incertitudes

La fusion entre le MSP et le Front du Changement ne semble pas avoir été approuvée par tous les dirigeants. Il aura fallu des heures avant que la majorité des membres du majlis echoura du MSP daigne voter pour le texte de fusion qui leur a été proposé.

Selon des informations, au moins deux hauts dirigeants du MSP ont clairement montré leurs réticences sur ce processus de fusion, estimant que Abderrezak Mokri a fait d’énormes concessions pour Abdelmadjid Menasra et ses partisans.

L’une des concessions organiques les plus contestées demeure cette éventualité pour Menasra de remplacer Mokri à la tête du MSP pendant six mois, selon les termes du document de fusion, qui souligne que l’alternance semestrielle pourrait commencer dès le prochain Congrès extraordinaire qui aura lieu juste après les législatives.

D’un autre côté, d’autres cadres islamistes du MSP estiment que leur parti a été lésé, notamment dans la répartition prévue des membres du futur majlis echoura ou conseil de concertation. Dans le document de fusion, il est dit que ce conseil consultatif sera réparti équitablement entre les membres du MSP et ceux du FC.

Pour ces cadres mécontents, Mokri aurait dû attendre au moins les scores ou les résultats des législatives pour négocier la fusion sur la base de la popularité de chaque parti politique afin de lui octroyer les sièges au sein des instances centrales et régionales du futur parti.

Parmi les chefs de file de cette contestation figure l’ex-patron du MSP, Aboudjerra Soltani, ainsi que l’actuel vice-président du MSP, l’ancien ministre du Commerce Djaâboub Hachemi.

Ces deux personnalités ne cachent pas leur réprobation sur la manière dont ont été signées les clauses de l’accord de fusion. De plus, d’autres anciens cadres du parti du défunt Nahnah n’ont pas caché leur déception en apprenant que leurs anciens compagnons du parti et du mouvement des Frères musulmans algériens, regroupés au sein du parti El Bina, ont renié le MSP, le parti-mère, pour rejoindre une alliance concoctée par Abdellah Djaballah avec ses anciens partisans d’Ennahdha et des démissionnaires d’El Islah.

Ils reprochent aussi bien à Mokri qu’à Menasra leur manque d’enthousiasme pour convaincre les deux autres compagnons du fondateur du MSP, l’actuel président d’El Bina Ahmed Boumahdi et son SG, l’ancien député Dane Ahmed.

Mais, plus que cela, des milieux islamistes de la mouvance s’interrogent sur les chances politiques de cette fusion, d’autant qu’on signale que Mokri et Menasra, bien qu’issus de la même école, expriment des positions politiques et intellectuelles totalement antagoniques depuis au moins trois ans.

C’est ainsi qu’on peut avancer des exemples assez édifiants, comme le refus de Menasra d’épouser les thèses de la Coordination nationale des libertés et pour la transition démocratique (CNLTD), que Mokri a rejoint avec armes et bagages.

On peut même aller plus loin en citant le refus des députés de Menasra ( il a obtenu quatre sièges lors des législatives de 2012) de rejoindre l’Alliance verte au sein du Parlement, ou au moins de les aider et les soutenir dans leurs batailles parlementaires.

Il serait fastidieux d’énumérer les exemples qui montrent les rapports contradictoires entre la gestion du MSP version Mokri et celle du FC, dont la dernière est sans doute l’opposition radicale qu’affiche Mokri à l’endroit du gouvernement et son refus d’un quelconque rapprochement avec le FLN, alors que Menasra exprime un discours modéré envers les autorités politiques et refuse pratiquement toute confrontation médiatique et politique avec le gouvernement.

D’ailleurs, ce sont les parcours des deux leaders et leurs profils politiques qui semblent poser des problèmes quant à la réussite d’une fusion efficace et rentable politiquement. C’est justement cet aspect qui laisse interrogateurs les observateurs les plus avertis. 

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