Prégabaline : L’Algérie sonne l’alerte en Afrique
L’Algérie a proposé d’inscrire le trafic illicite et l’usage non médical de la prégabaline parmi les thèmes de discussion de la prochaine session des chefs des agences nationales de lutte contre la drogue en Afrique (HONLEA-Afrique), s’imposant comme un nouveau dossier de coopération antidrogue en Afrique, dans un contexte marqué par la diffusion, hors de contrôle, de cette substance et la facilité de son détournement vu son statut international. C’est ce qu’a indiqué, hier, un communiqué de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLDT).
La proposition a été formulée par le directeur général de l’ONLDT, Tarek Kour, à l’issue de la 33e session de cette instance. Elle intervient alors que la prégabaline connaît une diffusion croissante, notamment en Algérie, où son détournement de l’usage thérapeutique constitue une préoccupation grandissante.
L’Algérie entend ainsi faire passer cette problématique du cadre national à celui de la coopération africaine, l’objectif étant de permettre aux pays du continent de confronter leurs expériences, de mieux identifier les circuits de trafic et de partager les informations relatives aux méthodes de détournement.
La particularité de la prégabaline tient notamment à son statut. Contrairement à plusieurs stupéfiants et psychotropes, elle n’est pas classée au niveau international parmi les substances soumises au contrôle. Cette situation accroît les risques de détournement de son utilisation médicale vers des usages non thérapeutiques.
C’est précisément sur cette faille que l’Algérie souhaite attirer l’attention de ses partenaires africains. La progression de la circulation illicite d’une substance disponible à des fins médicales pose, en effet, des défis spécifiques aux services chargés de la lutte contre les trafics.
L’inscription de la question à l’agenda de la 34e session de la HONLEA-Afrique permettrait d’ouvrir une discussion plus large sur les réponses à apporter. Il s’agirait notamment de renforcer le partage d’informations sur les itinéraires empruntés par les trafiquants, les modes de détournement et les pratiques observées dans les différents pays. Cette démarche aspire également à rapprocher les approches nationales et à rechercher un soutien africain autour d’une réponse commune. A terme, les échanges pourraient déboucher sur des recommandations et des mesures pratiques aux niveaux national, régional et international.
Cette initiative intervient dans le cadre des travaux de la HONLEA-Afrique, consacrés au renforcement de la coopération et de la coordination entre les pays du continent dans la lutte contre les drogues et les substances psychotropes.
Pour l’Algérie, l’évolution des trafics impose de renforcer les mécanismes d’échange et de coordination, d’autant plus que les réseaux criminels diversifient leurs activités et les substances faisant l’objet d’un usage détourné évoluent, ce qui oblige les services compétents à adapter leurs réponses et à mieux partager leurs données. L’Algérie réaffirme ainsi, à travers cette démarche, sa volonté de renforcer la lutte contre le trafic illicite des substances psychoactives et de consolider l’action collective à l’échelle africaine.
Par ailleurs, à l’issue de la session, l’ambassadeur Rachid Belhadane, représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Office des Nations unies et des autres organisations internationales à Vienne, a reçu la délégation algérienne. La rencontre a permis un échange de vues sur les questions liées aux drogues et aux substances psychotropes, ainsi que sur les moyens de renforcer la coordination et la concertation autour de ces dossiers.
Les discussions ont notamment porté sur les moyens d’appuyer les efforts de l’Algérie en matière de coopération internationale et d’action conjointe. Elles viennent prolonger, sur le plan international, la démarche portée par Alger au sein de la HONLEA-Afrique.