Les praticiens de la santé comptent renouer avec avec la protestation
Les praticiens de la santé publique compte renouer avec la protestation. Le Syndicat national des praticiens de la santé publique a dressé un tableau très critique de la situation du secteur, qui s’est accentuée avec la crise sanitaire due à l’épidémie du coronavirus.
Le syndicat, qui a organisé une conférence de presse vendredi dernier, estime que les praticiens de la santé publique ont fait passer l’intérêt du pays avant leurs intérêts professionnels, et ce malgré les difficultés auxquelles ils font face au quotidien dans l’exercice de leur métier. La pandémie est venue, selon le président du SNPSP, le Dr Lyès Merabet, compliquer davantage la situation. S’exprimant lors de la conférence de presse, il a clairement affirmé qu’un retour à la contestation n’est pas écarté. Les conditions de travail des praticiens de la santé, la campagne de vaccination, la prime contre le coronavirus et la restriction de l’activité syndicale sont autant de problèmes cités par le conférencier qui accentuent le malaise de la corporation.
500 000 professionnels de la santé en attente de vaccination
Evoquant la campagne nationale de vaccination, il a indiqué qu’environ 500 000 professionnels de la santé sont en attente d’être vaccinés et protégés du virus. Le Dr Merabet a fait savoir que le processus a commencé progressivement et se poursuivra, car les doses reçues jusqu’à présent sont suffisantes pour vacciner seulement 50 000 personnes et ne répondent pas aux besoins de l’ensemble du secteur de la santé , dont le nombre de travailleurs est estimé à environ 500 000 professionnels. Selon lui, les lots de vaccin distribués aux établissements de santé contiennent entre 20, 30 et 60 doses, ce qui est insuffisant, espérant recevoir d’autres quantités. Le porte-parole a attiré l’attention sur le respect des priorités en matière de vaccination, même au sein du secteur de la santé, en particulier les patients ayant des maladies chroniques et les travailleurs des unités Covid-19 et ceux de plus de 60 ans. «Le début de la vaccination ne signifie pas l’abandon des mesures préventives», a-t-il prévenu. Le Dr Lyès Merabet a également fait part d’un ensemble de revendications professionnelles liées à la crise sanitaire, dont le retard dans le versement de la subvention approuvée par le président de la République au cours des deux derniers trimestres. Le conférencier a soulevé aussi le problème des familles des professionnels de la santé décédés à cause de la Covid-19, lesquels n’ont pas encore reçu la subvention symbolique estimée à environ 100 millions de centimes. Il a exprimé son étonnement devant la non-application des décisions du président de la République. Le SNPSP a, en outre, appelé à l’approbation permanente de la prime Covid-19 sous forme de prime de l’épidémie au vu des différentes menaces auxquelles sont confrontés les professionnels de la santé. Le syndicat a réclamé aussi l’inclusion de la maladie du coronavirus ainsi que de l’état d’épuisement psychologique et physique dans la liste des maladies professionnelles pour le corps médical, rappelant que la corporation a enregistré 186 décès parmi les professionnels de la santé à cause du coronavirus. Le Dr Merabet a souligné qu’«il est préférable de ne pas faire de promesses s’il n’est pas possible de les respecter». Un autre problème auquel le secteur de la santé fait face et n’arrive toujours pas à résoudre, celui
des listes d’attente menaçant la santé des patients. Le porte-parole du syndicat a appelé les autorités à reprendre les activités médicales et chirurgicales selon un plan de travail fixé avec des objectifs et des délais qui ne compromettent pas la vie des patients et ne compliquent pas leurs conditions de santé. Les accumulations et les listes d’attente nuisent grandement aux citoyens du point de vue psychologique et matériel. «Cet état de fait a ouvert la voie à quelques cliniques privées, qui profitent de l’occasion au détriment du simple citoyen», estime le syndicat. Le volet de l’activité syndicale a par ailleurs été évoqué par le syndicat, qui a condamné les restrictions exercées sur le travail syndical, qu’il a qualifié de mesures de «répression administrative» pratiquées dans certains hôpitaux et établissements de santé en contradiction flagrante avec les lois de la République.