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Nationale

Pr Khiati au Jeune indépendant : On assiste à une «épidémie de panique»

Pr Khiati au Jeune indépendant : On assiste à une «épidémie de panique»

Depuis quelques jours, et avec l’augmentation record des contaminations à la Covid-19, une quantité phénoménale d’informations circulent. Cette surabondance d’informations, parfois contradictoires, a créé un effet de panique parmi les citoyens qui cherchent à trouver des solutions à leur manière pour faire face à la pandémie, qui rappellent les premiers reflexes au début de la propagation du virus.

Pour le Professeur Mostéfa Khiati,  qui qualifie la situation sanitaire de «sérieuse», le département de la Santé et le comité scientifique doivent raccorder leurs violons dans la gestion de la pandémie, compte tenu du fait que la confusion s’est installée au sein de l’opinion publique donnant lieu, au démurant, à des comportement déplorables.

Beaucoup a été dit depuis l’avènement de cette nouvelle épidémie. Les avis diffèrent, même chez les spécialistes, sur la nécessité d’instaurer un confinement (total ou partiel), sur le pic épidémique, sur la résistance du variant Delta, sur la vaccination…bien que tous s’accordent à dire que le respect du protocole sanitaire et la vaccination demeurent les seuls moyens pour faire barrage à cette nouvelle épidémie qui fait des ravages.

Les citoyens ne savent plus quoi faire alors on assiste , parallèlement, à une «épidémie de panique». Certains citoyens n’hésitent pas à stocker de l’oxygène en cas de besoin, à l’image ce qui s’est produit au début de l’apparition du virus en Algérie où l’on assistait à des déclarations qui se sont avérées complètement erronées.
Pour le Pr. Khiati, président et fondateur de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et du développement de la recherche en Algérie (FOREM), il est nécessaire de coordonner plus en termes d’information.

Selon lui, et pour éviter toute confusion, le ministère de la Santé devra coordonner ses déclarations avec celles du comité scientifique et ses membres car, a-t-il estimé, les contradictions viennent justement des personnes de la commission scientifique et du ministère de la Santé.

«Il faut qu’il y ait une cohérence. Il faut veiller à ce qu’il y ait cohérence entre les membres du comité et les déclarations du ministère de la Santé. Ils appartiennent à un même ensemble, ce n’est pas normal qu’il y ait des contradictions», a affirmé le Pr Khiati dans sa déclaration au Jeune Indépendant, soulignant le fait que ces acteurs sont supposés discuter et analyser avant de faire des déclarations.

«On vit une nouvelle épidémie»
Depuis quelques semaines, le pays fait face à une augmentation fulgurante des contaminations à la Covid-19. La circulation dominante du variant Delta rend les choses encore plus compliquées. «La situation est sérieuse. Nous sommes en pleine épidémie», a indiqué le professeur. Il a expliqué que tous les paramètres indiquent que nous faisons face à une nouvelle épidémie. «On ne va pas parler de vague car lorsqu’on parle de vague, c’est le même virus qui a entraîné des rebonds.

Or, actuellement, c’est une nouvelle épidémie. On ne sait pas très bien si c’est un nouveau variant importé ou local. Pour le savoir, il faut réaliser des séquençages génétiques», a précisé le président de la FOREM, lequel a signalé qu’on s’achemine vers le niveau maximal de cette épidémie les jours prochains. Concernant le pic épidémique, il a estimé qu’«o0n ne sait pas vraiment quand cette actuelle épidémie a commencé. Ce n’est qu’à partir du début du mois de juillet qu’il y a eu une réelle augmentation des cas», a-t-il signalé. Mais selon lui, ça ne doit pas tarder.

«Dans une semaine à dix jours au maximum, on va atteindre le pic et la situation devrait se stabiliser et les contaminations commencer à diminuer», a ajouté le professeur en pédiatrie, signalant l’enregistrement d’un niveau des contaminations au coronavirus jamais atteint depuis le début de la pandémie, engendrant une pression sur les hôpitaux et une pénurie d’oxygène.

Attention à l’utilisation à tout-va de l’oxygène
Une pénurie d’oxygène a créé un effet de panique chez les citoyens qui se ruent sur l’achat ou la location des concentrateurs ou d’obus d’oxygène. Selon le Pr Khiati, «il n’y a pas lieu de paniquer », il suffit de respecter les normes de consultation. Les malades qui ont peu de symptômes, a-t-il expliqué, doivent se soigner à la maison et être en contact permanant avec leur médecin qui leur aura préalablement prescrit un traitement adéquat.

Une manière de désengorger les hôpitaux au niveau desquels vont être pris en charge uniquement les malades graves avec des besoins en oxygène. De cette manière, il sera plus facile de prendre en charge ces malades dans les hôpitaux qui se trouvent en situation de surcharge.

Mais sur le terrain, c’est complètement le contraire qui se passe, selon ce spécialiste, qui affirme que chez certains malades, dès que les premiers symptômes apparaissent, c’est la course à l’achat des concentrateurs d’oxygène à des prix excessifs. Un phénomène qui est apparu, faut-il le signaler, depuis les pénuries de cette matière vitale au niveau des hôpitaux.
Chose qui a poussé les citoyens à se prendre en charge. «Le fait de demander de l’oxygène pose un problème réel parce que cela veut dire que les malades ne sont pas bien pris en charge», a fait remarquer le professeur en médicine.

Il a mis cependant en garde contre l’utilisation de ce produit vital. «Le patient peut se procurer une fausse sécurité», a averti le Pr Khiati, affirmant que le besoin en oxygène n’est pas systématique en matière de Covid, il le devient lorsqu’il y a une insuffisance respiratoire, et ce n’est pas le cas de tous les malades. C’est aussi une opération qui doit se faire en milieu hospitalier. «Le patient ayant contracté la Covid-19 sous ses formes sévères a souvent besoin d’oxygène à haut débit de 30 à 50 litres/minutes. Chose qui ne peut être obtenue que dans un hôpital», selon les précisions du président de la FOREM.

Des mesures plus drastiques si nécessaire
Un ensemble de mesures ont été prises par le Conseil des ministres pour faire face à la situation sanitaire qui se détériore.
Contrairement aux recommandations de plusieurs spécialistes qui ont préconisé un confinement strict, les autorités ont décidé de revoir les horaires du couvre-feu. Ainsi, les wilayas les plus touchées sont concernées par un couvre-feu de 20 h à 6 h.00
Des mesures déjà prises lors des précédentes vagues de contamination. «Je pense qu’elles ont donné des résultats, c’est pour ça qu’elles ont été réactivées», a estimé le professeur qui affirme que si elles s’avèrent peu efficaces, le gouvernement sera amené à prendre des mesures plus drastiques.

Selon lui, le gouvernement agit par étape et il faut que les mesures prises soient d’abord appliquées sur le terrain. La prévention reste indispensable et la vaccination devient une chose extrêmement importante pour faire barrage à la circulation du virus. Pour le Pr Khiati, il faut utiliser tous les moyens pour augmenter le nombre de personnes vaccinées. Pour faciliter l’opération de vaccination, et surtout pour atteindre au moins sept millions de vaccinés d’ici le mois de septembre, il a proposé d’impliquer les pharmacies dans cette opération.

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