Poussé par le risque géopolitique au Moyen-Orient : Le prix du pétrole grimpe
Le prix du pétrole a grimpé à la clôture de la semaine de cotation vendredi. Le baril du pétrole a franchi le seuil des 90 dollars pour la première fois depuis dix jours. Des experts expliquent cette situation par « l’incertitude géopolitique et les tensions croissantes au Moyen-Orient, qui abrite près d’un tiers de l’approvisionnement mondial en pétrole ».
C’est l’explication donnée par l’analyste Lukman Otunuga, qui a fait part des craintes de voir la situation qui prévaut dans le Moyen-Orient, à savoir l’agression sioniste contre les Palestiniens, se propager dans la région et ses conséquences sur l’approvisionnement.
Il a affirmé que même si aucune des deux parties n’est un grand producteur de pétrole, « on craint que le conflit ne se propage à la région ». Si cela venait à arriver, il y a risque d’«entraînement d’importantes perturbations de l’approvisionnement », a-t-il ajouté.
Les cours du pétrole ont grimpé, vendredi dernier, encouragées par les craintes d’une extension du conflit dans la région la plus riche du monde en or noir.
Le prix du baril de brent a pris 5,68 %, pour clôturer à 90,89 dollars, franchissant le seuil de 90 dollars pour la première fois depuis dix jours. Quant au baril de West Texas Intermediate (WTI), avec échéance en novembre, il a, pour sa part, gagné 5,76 %, à 87,69 dollars.
« A mesure que la situation s’aggrave, le risque que l’Iran soit directement impliqué pourrait perturber l’approvisionnement en pétrole et le propulser bien au-dessus du niveau de 100 dollars le baril », a affirmé à l’AFP Edward Moya, analyste chez Oanda.
Le marché a aussi pris note des premières sanctions prises, jeudi dernier, par les Etats-Unis pour non-respect du prix plafond fixé aux exportations de pétrole russe, fixé à 60 dollars, par une coalition qui comprend l’Union européenne, les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et le Japon.
Les prix du pétrole ont, faut-il le signaler, enregistré une légère baisse après avoir approché la barre symbolique des 100 dollars, poussés par les craintes d’un déficit important sur le marché avec les réductions volontaires de l’Arabie saoudite et de la Russie, lesquels ont confirmé la prolongation des coupes de production jusqu’à la fin de l’année et la résilience de la demande.
Le prix du baril a perdu 10 dollars les jours passés pour passer sous la barre des 85 dollars. Dans le souci de soutenir les prix du pétrole sur les marchés internationaux, les pays de l’OPEP+ ont, quant à eux, recommandé de maintenir leur stratégie actuelle de réduction de la production pétrolière.
Lors d’une réunion technique du comité ministériel conjoint de suivi (JMMC) tenu par visioconférence, le 4 octobre passé, l’alliance a réaffirmé son engagement envers cette stratégie. L’OPEP+ s’est également déclarée prête à prendre des mesures supplémentaires face aux évolutions du marché pétrolier. « Le JMMC va continuer d’évaluer de près les conditions du marché, en notant la volonté des pays signataires de la Déclaration de coopération (DoC) de faire face aux évolutions du marché et de se tenir prêts à prendre des mesures supplémentaires à tout moment, en s’appuyant sur la forte cohésion des pays de l’OPEP et non OPEP », a-t-on indiqué dans un communiqué publié à l’issue de la 50e réunion du JMMC.