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Nationale

Poursuite des affrontements à Ghardaïa: Quatre morts et plusieurs blessés

Poursuite des affrontements à Ghardaïa: Quatre morts et plusieurs blessés

Trois personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dont un policier griévement dans de nouveaux affrontements mardi dans la vallée du M’zab où les forces de l’ordre semblent impuissantes à juguler la violence. Selon des sources locales, une personne âgée de 25 ans a été tué à l’aube à Guerrara dans les affrontements et une cinquantaine d’autres blessés. Quelques heures plus tard, deux autres personnes âgées de 35 et 45 ans ont été tués dans des affrontements à Berriane, sept autres autres blessés dont un policier dans un état grave alors qu’un octogénaire est mort suite à l’inhalation du gaz lacrymogène.

Les affrontements sont directs entre les deux communautés mozabite et chaambi qui refusent toute solution ou compromis pour désormais vivre ensemble. Plusieurs mozabites réclament la construction de murs de séparation, mais les autorités, à leur tête le chef de Daïra, s’opposent selon des sources locales.

Les affrontements entre les deux communautés qui ont commencé en décembre 2013 ont tué 18 personnes dont 15 Mozabites et détruire plus de 800 locaux et biens de Mozabites, notamment dans les villes de Ghardaïa et Berriane. Ces violences ont repris il y a une semaine lorsque quatre Mozabites ont été brûlés après avoir essuyé un jet de cocktail Molotov sur leur véhicule à Sidi-Abbaz, au chef-lieu de wilaya. L’intervention des agents de la Protection civile a permis de sauver d’une mort certaine ces quatre personnes, ont indiqué des témoins au Jeune Indépendant.

Cette attaque est survenue après des incitations à la violence lancées sur Facebook par des pseudo Chaambis appelant à la mort des Mozabites. Samedi soir, des affrontements ont eu lieu à ksar Bounoura, s’étendant à d’autres quartiers limitrophes de la ville, à l’instar de la cité des 400-Logements et du quartier Sidi Abbaz. Il a fallu des renforts policiers des autres communes environnantes et un appui important de la Gendarmerie nationale pour contenir les échauffourées.

Une dizaine de personnes ont été blessées dans la nuit de samedi à dimanche dans des heurts aux quartiers Kef Hamouda et Baba Saâd à Berriane. Ce nouveau cycle de violences intervient deux à trois jours seulement après l’installation par le ministre de l’Intérieur d’une commission chargée de se pencher sur les voies et moyens de régler définitivement cette crise qui « empoisonne » la vie des habitants de la Vallée du M’zab depuis plus de deux ans.

Le risque que ces violences s’étendent à d’autres régions aggrave les craintes de la population, suffisamment traumatisée par les affrontements qui ne cessent de faire des morts. Les déplacements successifs des ministres de l’Intérieur et de responsables de l’Etat dans cette wilaya n’ont pu régler le conflit intercommunautaire.

Après des décennies de coexistence pacifique et de vivre ensemble, Ghardaïa voit s’affronter deux communautés voisines : Mozabites ibadites, d’un côté, Chaambis malékites, de l’autre. En visite à Ghardaïa jeudi dernier, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, a affirmé que l’Etat est déterminé à poursuivre les efforts et à consentir les moyens nécessaires pour le retour définitif de la stabilité dans cette wilaya.

« L’Etat est décidé à poursuivre les efforts de réconciliation avec le concours de sages et de notables de la région pour rapprocher les antagonistes (malékites et ibadites), a assuré le ministre lors d’une rencontre avec les représentants de la société civile, des élus et des notables de Ghardaïa.

Il a toutefois soutenu que l’objectif escompté ne saurait se réaliser sans l’apport efficient des notables et sages des deux parties pour conforter les initiatives de l’Etat en faveur du retour de la stabilité dans la région. Selon Bedoui, les « évènements tragiques qui frappent sporadiquement Ghardaïa sont le fait des tenants de la fitna et de la discorde et de vils complots ourdis par des parties tendancieuses » qui veulent semer la division parmi les populations de cette wilaya.

« Ces incidents, qui ont des causes diverses, s’inscrivent dans le cadre des vils complots ourdis par des parties tendancieuses pour attenter à notre sécurité et notre stabilité », a-t-il jugé. Il a mis en garde contre « cette situation qui ne profite qu’aux détracteurs du pays », faisant remarquer le recul des activités commerciales, touristiques et économiques qui en a découlé.

De son côté, le Premier ministre Abdelmalek Sellal avait annoncé, lors de la campagne électorale pour la présidentielle de 2014, que son gouvernement règlerait définitivement la situation. Depuis, la situation ne cesse de s’exacerber, suscitant des interrogations de la population quant à la capacité de l’Etat de résoudre cette lancinante crise dans la vallée du M’zab.
 

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