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Pourquoi l’UE a plié devant le Maroc ?

Pourquoi l’UE a plié devant le Maroc ?

L’Union européenne (UE) a fini par signer l’accord de pêche avec le Maroc incluant les eaux appartenant au Sahara occidental sans se référer au verdict de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Cette dernière avait estimé au mois de février dernier que « ni l’accord de pêche ni le protocole qui l’accompagne ne sont applicables aux eaux adjacentes au territoire du Sahara occidental », en réponse à la requête du Polisario qui l’avait saisie auparavant, cette Cour de justice. Cette violation des principes juridiques qui fondent l’UE est en effet une première dans les annales de cette communauté des Etats.

Cette dernière a fait de ses principes consacrés dans la Convention européenne un sacerdoce tels les droits de l’homme et les libertés fondamentales reconnus par la Cour de justice des Communautés européennes dans ses arrêts. Pourtant l’UE, à travers cet accord signé avec un pays occupant illégalement un territoire considéré par l’ONU depuis 1966 comme étant un « territoire non autonome », a délibérément violé ces principes fondateurs. En plus du Sahara occidental, il reste aujourd’hui 17 territoires non autonomes relevant du Comité spécial. Pour expliquer cette entorse aux jugements de la cour de justice et de la résolution pertinente des Nations-Unies, les 29 Etats membres de l’UE ont pris en considération les menaces directes du Maroc.

Ce dernier veut inonder l’Europe de quantités énormes de drogue et de faciliter l’entrée des migrants via son territoire. La distance séparant le Maroc de l’Espagne de quelques dizaines de kilomètres est à peine. Il faut dire que le Maroc a toujours menacé d’utiliser la question de la migration clandestine comme un moyen de pression et de chantage contre les Européens. Aussitôt le contenu du rapport de Melchior Wathelet connu, le roi Mohamed VI s’est empressé de faire comprendre à ses « partenaires européens » que cela pourrait mal se passer dans le cas où Bruxelles venait à prendre en ligne de compte le point de vue de la CJUE et entreprenait une révision de l’accord UE-Maroc allant dans le sens souhaité par Melchior Wathelet. Il a clairement suggéré qu’il pourrait être aussi amené à revoir considérablement à la baisse les efforts du Maroc en matière de lutte contre l’immigration clandestine et la drogue. Mohammed VI menace tout simplement les Européens de laisser grandes ouvertes ses frontières et d’inonder l’Europe en drogue et en migrants clandestins. Le haschich, qui est le produit phare des Marocains, ainsi que la question des migrants subsahariens ont toujours été des instruments de chantage du Royaume sur les pays européens. C’est ce même instrument de chantage que Mohammed VI avait utilisé, en février 2017, pour contraindre l’Union européenne à ne pas appliquer les décisions de cette même Cour de justice concernant l’accord agricole UE-Maroc. Les autorités marocaines avaient laissé passer des tonnes de drogue et plusieurs centaines de migrants africains dans l’enclave espagnole de Ceuta, pour faire pression sur l’Union européenne.

Pour rappel, la Commission européenne vient de communiquer sur la fin des négociations entre le Maroc et les Vingt-

Huit pour le renouvellement de l’accord de pêche. Le paraphe des nouveaux textes aura lieu la semaine prochaine à Rabat. La Commission européenne a affirmé vendredi dernier que les négociations avec le Maroc quant au renouvellement de l’accord de pêche se sont achevées. Le communiqué précise qu’environ 130 navires européens, battant pavillon de plus de 10 États membres seront autorisés à accéder aux eaux de l’Atlantique entre le Cap Spartel et le Cap Noun. Quant au montant total de la contrepartie financière versée par l’UE, elle devrait passer en 4 ans de 37 à 42.4 millions d’euros.

Le Front Polisario a exprimé sa « profonde préoccupation » à l’égard de l’attitude de certains pays de l’Union européenne qui continuent de recevoir des produits des territoires sahraouis occupés en violation flagrante du droit international humanitaire, a indiqué M’hamed Kheddad, responsable des relations extérieures du secrétariat national du Front Polisario. Les parlementaires européens avaient exprimé leur « préoccupation » à l’égard de cette transaction, qui intervient en violation directe des récents arrêts de la CJUE.

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