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Pourquoi Interpol retarde-t-elle l’arrestation des fugitifs algériens ?

Pourquoi Interpol retarde-t-elle l’arrestation des fugitifs algériens ?

Sous le coup de mandats d’arrêt internationaux délivrés par les tribunaux d’Alger, les Algériens impliqués dans les plus grands scandales financiers du pays sont toujours en cavale, tandis que la Police internationale (Interpol) retarde leur arrestation malgré la demande de la DGSN dans le cadre de la coopération sécuritaire.

A l’exception de Rafik Abdelmoumène Khalifa qui a été livré aux autorités judiciaires algériennes, l’Algérie attend toujours l’extradition d’autres Algériens recherchés en fuite à l’étranger. Parmi ces fugitifs figurent les frères Keramane Abdelouahab, ex-gouverneur de la Banque d’Algérie, et Abdenour ex-ministre de l’Industrie et sa fille Yasminel’ex-ministre de l’Energie et des Mines Chakib Khelil, sa femme, mais aussi la femme de Khalifa, Amirouchène Nadia, ou encore Farid Bedjaoui principal acteur dans l’affaire de corruption Sonatrach II.

Ces derniers sont toujours en cavale malgré les mandats d’arrêt internationaux lancés à leur encontre par la justice algérienne et, aussi, les courriers envoyés par la DGSN à Interpol pour que cette dernière procède à leur arrestation et à leur extradition vers l’Algérie.

La situation est en stand-by du moment qu’Interpol n’a toujours pas pris les mesures nécessaires pour leur interpellation. Interpol s’est contentée juste de diffuser quelques photos de ces Algériens recherchés sur son site Internet. Au-delà de cette action, la Police internationale ne semble pas en mesure de répondre favorablement aux multiples demandes de la police algérienne.
Pourtant, les deux institutions ont signé, à plusieurs reprises, des accords pour l’extradition de criminels dans le cadre de la coopération sécuritaire.

En face, une quinzaine d’Algériens recherchés se réfugient à l’étranger, fuyant les mandats d’arrêt internationaux délivrés à leur encontre par la justice algérienne dans le cadre de grands scandales financiers dont ils sont accusés.

Ces « hors-la-loi » se sont enrichis grâce à des détournements de deniers publics et aujourd’hui ils vivent sans être inquiétés dans divers pays étrangers, entre autres aux Etats-Unis, en Italie, en France, aux Emirats arabes unis et en Allemagne.

Des fugitifs de « luxe »

Accusée et condamnée par le tribunal de Blida à vingt ans de prison ferme, la femme de Rafik Khalifa se trouve depuis près de huit ans en France. L’ex-golden boy algérien Rafik Abdelmoumène Khalifa, aujourd’hui âgé de 48 ans, sait très bien que son épouse risque d’être extradée un jour vers l’Algérie. Elle a été entendue par la justice française dès son arrivée en France, en avril 2005, puis le 2 juin passé par le tribunal de Nanterre à Paris.

Avant cela, Amirouchène Nadia avait été accusée par la justice algérienne, le 5 février 2005, dans plusieurs délits. Création d’une association de malfaiteurs, participation à vol prémédité, détournement et vol d’argent privé sont autant d’accusations qui ont été portées contre l’épouse de Khalifa. Elle a été condamnée par contumace par le tribunal de Blida à vingt ans de prison ferme. Elle continue à jouir de la liberté en France, malgré un lourd dossier.

Le milliardaire Keramane en fuite en France

L’épouse de Rafik Khalifa n’est pas la seule à bénéficier de cette liberté, les autorités françaises donnent également beaucoup d’autonomie aux frères Keramane, Abderrahmane et Abdennour. La fille d’Abdennour Keramane, Yasmine, jouit pour sa part de cette position exceptionnelle.

Aujourd’hui, c’est toute la famille qui se trouve libre sur le territoire français, malgré les demandes officielles d’extradition dont ils font l’objet pour leur implication directe dans des affaires de scandales financiers. Pour rappel, Abderrahmane Keramane occupait à l’époque de Khalifa le poste de gouverneur de la Banque d’Algérie. Il a été condamné par contumace à 20 ans de prison ferme par le tribunal de Blida.

De 1999 à 2003, Keramane n’a pas réclamé le bilan annuel, dit de contrôle classique, auprès de l’administrateur de Khalifa Bank, une opération pourtant obligatoire. Au lieu d’instaurer le règlement applicable à toutes les banques, l’ex-gouverneur de la Banque d’Algérie a préféré fermer les yeux durant ces années. « C’est ce qui est le plus grave dans cette affaire », tient à rappeler Omar Abed du collectif des spoliés de Khalifa.

Comment peut-on ne pas exiger cette procédure à une banque devenue leader en Algérie ? L’ex-gouverneur de la Banque d’Algérie a-t-il reçu des pots-de-vin en contrepartie de sa politique commerciale très « spéciale », voire très « douce » avec la banque de l’ex-golden boy ? Son frère Abdennour, ancien ministre de l’Industrie, et la fille de ce dernier, Yasmine, ex-représentante de Khalifa Airways à Milan, ont été condamnés à dix ans de prison ferme.

Cinq autres coaccusés sont en fuite à l’étranger et condamnés à 20 ans de prison ferme. Seront-ils extradés vers l’Algérie comme c’était le cas de Rafik Khalifa ? Cette question est toujours posée par les Algériens qui espèrent voir un jour l’ex-ministre de l’Industrie devant la justice algérienne pour répondre aux accusations dont il fait l’objet.

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