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Op-Ed

Pour une transition vigilante

Après plusieurs semaines de mobilisation populaire sans précédent dans l’histoire de l’Algérie indépendante, la raison et le bon sens ont fini par l’emporter sur l’entêtement.
Mais le bon sens n’aurait pas suffi si ce n’était la position historique de l’Armée nationale populaire qui a assumé sa responsabilité historique. Une position dont l’histoire retiendra aussi bien la sagesse que l’efficacité de la démarche, celle d’un état-major qui a évité au pays le pire des scénarios. Aujourd’hui Abdelaziz Bouteflika n’est plus aux commandes. En démissionnant de son poste de président de la République, il met fin, du moins symboliquement au regard de l’imaginaire collectif, à toute une époque marquée par une gouvernance qui n’a pas été salutaire pour le pays. Car il faut reconnaître qu’en dépit des réalisations qu’on peut attribuer au Président sortant, notamment et surtout la réconciliation nationale, le pays a bien frôlé le chaos et la zone de turbulence ne fait que commencer, affirment certains spécialistes de la chose économique.
Hélas ! Ce n’est pas uniquement un constat mais un fait ; l’Algérie d’aujourd’hui est synonyme d’une économie fragile, non productive et entièrement dépendante des hydrocarbures, un climat des affaires des plus opaques contrôlé par une oligarchie sans scrupule, une classe politique au bord de la faillite et aux antipodes des exigences populaires, une société civile disloquée et mal rodée, sans parler d’une politique étrangère que plus d’un ne juge pas à la hauteur du rôle que doit jouer sur le plan international le plus grand pays d’Afrique.
Aujourd’hui le chef de l’État quitte le pouvoir avec le sentiment amer de ne pas avoir marqué soin passage à la tête du pays par une profonde réforme qui aurait hissé l’économie algérienne au rang des pays émergents. Mais l’Algérie et son peuple voient s’ouvrir une nouvelle ère pleine de défis et d’espoir. C’est alors qu’apparaît l’enjeu d’une transition intelligente et surtout prudente, qu’il ne faut pas rater sous peine de revoir resurgir les démons du « passé », ceux que le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah n’a pas hésité à qualifier de « bande » .
Aujourd’hui les défis sont nombreux. Il s’agit notamment d’instaurer un État de droit, de sauver l’économie nationale, d’éradiquer la corruption, de concrétiser l’indépendance de la justice, de reconstruire le paysage politique conformément aux aspirations citoyennes et aux spécificités sociopolitiques du pays.
Mais l’un des plus importants objectifs, pour ne pas dire le plus important, de cet élan populaire, demeure l’aspiration au parachèvement de l’indépendance du pays du poids de « l’influence » néfaste et destructrice du passé colonial, hélas toujours hégémonique sur le continent africain.
Après tout, il ne faut pas oublier que les désillusions des révolutions arabes n’ont été avortées que par ceux-là mêmes qui les ont provoquées. La vigilance reste de mise, car le chemin est encore long.

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