Le journaliste marocain Omar Radi récompensé par RSF – Le Jeune Indépendant
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Le journaliste marocain Omar Radi récompensé par RSF

Le journaliste marocain Omar Radi récompensé par RSF
Omar Radi

La 30e édition du prix Reporters sans frontières (RSF) pour la liberté de la presse, qui s’est déroulée récemment à Paris en présence du prix Nobel de la paix 2021, a récompensé plusieurs journalistes, dans des catégories courage et impact. L’une des plus importantes distinctions a été décernée au journaliste marocain Omar Radi (catégorie indépendance).

Ce journaliste d’investigation enquête depuis plus de dix ans sur des sujets sensibles, tels que la corruption, et subit un harcèlement judiciaire de la part des services secrets du royaume et de la police.

Une enquête pour « espionnage » est ouverte en juin 2020 après la révélation d’Amnesty International sur le piratage de son téléphone via le logiciel Pegasus.

Un mois plus tard, il est incarcéré à la suite d’une plainte pour « viol », fabriquée de toutes pièces par les autorités marocaines, connues pour leurs usages de ce procédé contre les intellectuels et militants des droits de l’homme. Une parodie de justice et une véritable vendetta.

Les deux affaires ont été traitées conjointement par les autorités, soulevant des doutes quant à l’équité de son procès, d’autant que ce journaliste et militant des droits humains était déjà dans la ligne de mire des autorités depuis plusieurs années.

Omar Radi, soutenu par une campagne de solidarité au Maroc et à l’étranger, a toujours affirmé être poursuivi en raison de ses écrits, notamment en faveur des mouvements sociaux et contre la corruption.

Les derniers articles qu’il a publiés étaient consacrés sur le scandale de l’accaparement des terres des populations au profit de hauts dignitaires du Makhzen ou des riches étrangers

Son enquête sur les expropriations foncières a secoué le régime marocain et a soulevé une vague d’indignation chez l’opinion publique locale. Des proches du Roi Mohamed VI sont impliquées dans ce scandale des expropriations foncières.

Le quotidien belge Le Soir rappelle que les ennuis du journaliste ont commencé lorsqu’Amnesty International a révélé, en juin 2020, que le téléphone du journaliste était espionné par le logiciel espion Pegasus – alors qu’il travaillait, précisément, sur le dossier des expropriations foncières. Emprisonné, Omar Radi n’a pas pu poursuivre ses investigations, mais d’autres journalistes ont décidé de continuer son travail.

D’après Le Monde et d’autres médias, leur enquête révèle que des terres tribales, qui se trouvent dans une commune proche de la capitale, Rabat, sont tombées dans les mains d’une société dirigée par un proche du roi Mohammed VI.

Cette société, dirigée par Anas Sefrioui, proche du souverain et grande fortune du pays, aurait fait main basse, à la fin des années 2000, sur des terres agricoles pour en faire un complexe immobilier et touristique, expropriant, au passage, des centaines de personnes, au prix de faibles indemnisations. Une affaire qu’Omar Radi avait dénoncée publiquement en décembre 2019, en évoquant une logique de « prédation foncière ».

Déjà, en décembre 2019, il avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour « outrage à magistrat » pour un tweet publié huit mois plus tôt.
Contestant sa détention provisoire, Omar Radi a mené une grève de la faim, qu’il a dû arrêter après 21 jours en raison de la maladie de Crohn dont il souffre. Depuis, il demeure très affaibli

Actuellement incarcéré depuis deux ans et demi, Omar Radi subit de nouvelles provocations et autres attitudes vexatoires de la part de l’administration pénitentiaire, qui s’acharne contre lui, suscitant un mouvement d’indignation et de contestation au Maroc.

Rassemblement en faveur de la libération de Radi

La direction de la prison de Tiflet à Khemissat (50 km de Rabat) dans laquelle il est détenu lui fait payer la grève de la faim symbolique qu’il a observée le 10 décembre dernier à l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme.

Depuis 30 ans, le prix RSF pour la liberté de la presse distingue le travail de journalistes ou de médias ayant contribué de manière notable à la défense ou à la promotion de la liberté de la presse dans le monde.
Organisée à Paris après Londres, Berlin et Taipei, la cérémonie de remise des prix a eu lieu le 12 décembre dernier.

Dans son discours d’ouverture, le journaliste russe Dmitri Mouratov, prix Nobel de la paix 2021, a rendu hommage à sa consœur Anna Politkovskaïa, et aux 1 200 autres journalistes assassinés ces 15 dernières années, tout en évoquant ”une nouvelle ère de confrontation entre les régimes dictatoriaux ou autoritaires et le journalisme indépendant”, avant de poursuivre : “Si naguère les journalistes étaient tués, ce sont désormais les médias dans leur ensemble qui sont liquidés.”

 

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