Pour réguler: l’Etat décide d’importer des quantités supplémentaires de bananes
Dans l’objectif de garantir un approvisionnement régulier du marché de la banane, qui se fait rare ces derniers jours, plusieurs opérateurs importateurs ont reçu, ce lundi, leurs documents de domiciliation bancaire. Cette étape précède la mise en place prochaine de la nouvelle instance chargée de l’encadrement des opérations d’importation. En parallèle, l’État multiplie les mesures pour lutter contre la spéculation, sanctionner les contrevenants et garantir un accès équitable aux consommateurs.
Selon le ministère Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, cette opération s’inscrit « dans le cadre de la mise en œuvre des instructions du président de la République, relatives à la dissolution de l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex), au renforcement de la transparence en matière de gestion des opérations d’importation et à la régulation du marché national ». Cela va durer, selon le ministère, jusqu’à la création des deux instances ad-hoc, pour l’importation et l’exportation, conformément à la nouvelle approche économique.
L’opération de remise des attestations de domiciliation bancaire, qui a été supervisée par le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, « se poursuivra au profit d’autres opérateurs économiques, concernant d’autres produits, et ce, jusqu’à la création de la nouvelle instance dédiée à l’importation », est-il souligné dans un communiqué du ministère.
Il y a lieu de relever que les consommateurs ont été confrontés à une hausse vertigineuse du prix de la banane, atteignant jusqu’à 850 DA le kilogramme par endroits et dans certains marchés, notamment à Alger. Cette envolée des prix, survenue dans la foulée du mois de Ramadhan, a provoqué l’indignation des citoyens et poussé le ministère du Commerce à intervenir.
Avant le mois sacré, les prix oscillaient encore entre 400 et 500 DA, mais la tendance s’est rapidement inversée, alimentée, selon les autorités, par « des pratiques spéculatives de la part de plusieurs importateurs ». En réponse, le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national a pris des mesures fermes : 53 importateurs ont été sanctionnés, en mars dernier, ayant clairement et explicitement manqué à leurs engagements envers l’Etat en matière d’importation de ce produit, selon le ministère.
« Ce comportement a entraîné des perturbations dans l’approvisionnement du marché national et impacté directement le pouvoir d’achat des citoyens ainsi que la stabilité et l’équilibre du marché national », note le ministère. Les autorités ont également saisi 34 conteneurs de bananes, soit près de 800 000 kg, destinés à la spéculation, au port d’Annaba.
Face à cette situation, le prix de vente des bananes saisies a été fixé à 220 DA le kilogramme pour les commerçants, tandis que les consommateurs pourront les acheter à 250 DA le kilogramme. Cette tarification vise à garantir un accès équilibré à ce fruit, tout en stabilisant le marché.
Dans la même optique, le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national a appliqué sa décision de plafonner les prix de plusieurs produits de consommation, y compris les bananes, qui doit être vendue actuellement à 400 DA le kilogramme. Mais ce produit se fait rare ces derniers jours, les commerçants du détail expliquent que son prix sur le marché de gros dépasse le prix plafonné et de ce fait, disent-ils, s’ils l’achètent, ils seront obligés de le vendre à perte.
Dans le but d’assurer l’application rigoureuse du plafonnement des prix sur certains produits agricoles de large consommation, les autorités ont clairement indiqué que toute infraction à ces réglementations sera sanctionnée. Des mesures légales strictes seront appliquées à l’encontre des contrevenants, allant de la saisie et du retrait définitif des marchandises jusqu’à la transmission des dossiers aux instances judiciaires compétentes.