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Nationale

Pour juguler la baisse des prix du pétrole : Recours aux taxes comme pis-aller

Pour juguler la baisse des prix du pétrole : Recours aux taxes comme pis-aller

Les prix du pétrole continuent leur chute et les experts évoquent l’improbable remontée des cours prochainement. L’Algérie, pays dépendant à 98% des recettes des exportations d’hydrocarbures, est directement exposée.

Pour y faire face, les pouvoirs publics recourraient à une augmentation déguisée des prix de certains produits de consommation, tels les médicaments, mais s’en défendent et continuent de prêcher le discours du maintien des subventions sur les produits de large consommation.

Depuis l’entame de la chute des prix du baril sur les places boursières, l’année dernière, en raison de beaucoup de facteurs dont la baisse de la consommation des hydrocarbures des pays clients de l’Algérie, l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché pétrolier et le début de l’exploitation commerciale des énergies non conventionnelles, les autorités ont multiplié les annonces sur le maintien des projets de développement en cours, surtout ceux à forte résonance sociale, et sur la nécessité de diversifier l’économie pour ne plus être dépendant des hydrocarbures.

Pour ce faire, l’Algérie dispose de multiples potentialités matérielles et humaines pour être un pays pivot en matière de développement au niveau de l’espace euro-méditerranéen et arabo-africain. L’Algérie a toutes les capacités de développer une économie analogue à celle de ses voisins. Pourtant, l’Algérie ne tire toujours pas profit de ses points forts qui sont principalement un très faible endettement public, avec à peine 8% du PIB, l’un des taux les plus faibles au monde ; des réserves de change très élevées – l’Algérie dispose de près de 200 milliards de dollars de réserves de change -, et un faible taux d’inflation qui s’est situé autour de 2% en 2014.

En dépit de tous ces atouts, le gouvernement montre des signes d’agacement devant la persistance du trend baissier du prix du pétrole sur le marché mondial, mais aussi de celui de la production des hydrocarbures en Algérie conjugué à l’augmentation de la consommation interne en énergie. Les signes de fébrilité dus autorités apparaissent dans la loi de finances 2015 avec les augmentations prévues et aussi de celles à venir.

Déjà on a eu un avant-goût de ce qui va être payé plus cher à partir de cette année avec le prix du timbre fiscal pour l’obtention du passeport qui passe de 2000 DA à 6000 DA, en passant par les légumes secs, repas des pauvres, dont les prix ne sont jamais redescendus. Idem pour le marché de l’immobilier neuf et d’occasion qui poursuit sa courbe ascendante. Aussi, les prix des véhicules neufs ne sont pas en reste et les prestations d’Algérie Poste risquent fort d’être revues à la hausse prochainement.

Et la liste est loin d’être close. Cette tentation de vouloir augmenter les prix des produits de consommation alors qu’il était attendu du gouvernement une meilleure réactivité dans le sens de réduire les dépenses – l’État a dépensé plus de 60 milliards de dollars de transferts sociaux en 2014 – et de faire sauter les verrous bureaucratiques qui empêchent un essor industriel et agricole véritable. En maintenant cette dépendance du marché pétrolier, le gouvernement continue de faire l’économie aux chocs extérieurs.
 

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