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Nationale

Poste de vice-président: Une option inutile selon Ziari

Poste de vice-président: Une option inutile selon Ziari

La mouture de la révision de la constitution soumise à débat prévoit la possibilité pour le président de la République de nommer un vice-président, une nouveauté dans le système de gouvernance en Algérie. Pour certains hommes politiques et experts, ce poste n’a aucun intérêt et peut même constituer un danger.
C’est du moins l’avis d’Abdelaziz Ziari, ancien président de l’assemblée nationale populaire (APN).

« Je ne vois pas du tout la nécessité d’alourdir l’exécutif par un vice-président », a indiqué Ziari, ce lundi  sur les ondes de la chaine3.
Selon lui, c’est même un danger de recourir à cette option. Il affirme craindre qu’il ne donne lieu à une espèce de « vote successoral ».
Pour lui, accorder des pouvoirs régaliens à une personne qui n’a pas été élue n’est d’aucun intérêt et pourrait donner lieu à une surcharge de la fonction présidentielle.
Si un président, note-t-il, n’est plus en mesure d’assumer sa mission, il n’y a qu’à organiser des élections pour élire un successeur. « Ce poste n’a aucun intérêt. C’est un poste budgétivore et il ne va qu’alourdir l’exécutif », insiste-t-il.

Dans son exposé, l’ex président de l’APN a souligné la nécessité de réviser la constitution, car estime-t-il, elle est très déséquilibrée, notamment sur les volets relatifs aux relations entre les différents pouvoirs. Affirmant qu’il s’agit d’une révision de l’ancienne loi fondamentale et non pas d’une nouvelle constitution, il estime que la désignation du tiers présidentiel dans le Sénat n’a aucune raison d’être. Il qualifie cette démarche d’ « empiétement de l’exécutif sur le législatif ».
« Il faut enlever l’empiétement de l’exécutif sur le législatif. Il n y a aucune raison que l’exécutif nomme une partie du législatif », a-t-il insisté, rappelant les circonstances particulières à l’origine de cette mesure.
L’invité de la rédaction a exprimé aussi ses réserves quant à la nomination du comité d’experts chargés de proposer les amendements de la constitution.
Si les rédacteurs de cette loi fondamentale sont nommés par le pouvoir exécutif, « on en est alors revenus au point de départ », estime-t-il.

Afin d’éviter les « dérives autoritaires et les hommes providentiels liés à la nature du système », que les Algériens ont eu à subir des années durant, l’intervenant propose que les attributions « des uns et des autres » soient mieux définies.
Ziari cite « l’abus dans l’usage par le président de légiférer par ordonnance, prévu initialement pour quelque chose d’exceptionnel ». L’intervenant souhaite par ailleurs, voir cette constitution « appliquée et applicable » dans les faits et que l’expression populaire soit sanctionnée par les urnes, la transparence des élections et leur régularité étant un « élément déterminant ». 

La contestation populaire n’a pas, précise-t-il, à s’exprimer dans la rue. Cela n’est qu’une exception lorsque « tous les espaces d’expression intermédiaires sont fermés », comme cela s’est passé, explique-t-il, dans le cadre du hirak. 

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