Pomme de terre: Y a-t-il suffisamment d’aires de stockage frigorifiques ?
Bientôt, les marchés algériens seront inondés de pomme de terre et le prix de ce tubercule sera accessible à toutes les bourses. En quête d’espace, voire d’aires de stockage frigorifiques, plusieurs agriculteurs d’El-Oued ont visité Annaba en prévision de mettre à l’abri leur prochaine récolte de pomme de terre.
A El-Oued, il existe, selon ces agriculteurs, de grandes capacités de surfaces frigorifiques «mais nous avons peur que cela ne se suffise pas vu les autres produits agricoles en cours de production», ont-ils expliqué, précisant avoir l’habitude de sous-traiter avec les établissements d’Annaba en cas de besoin. Selon ces agriculteurs, une récolte de plus de 10 millions de quintaux de pomme de terre est attendue à El-Oued.
Cette production agricole est qualifiée d’événement agricole en raison de la faible production de pomme de terre sur le territoire national et les prix non stables du tubercule. Il convient de signaler que la wilaya d’Annaba possède d’importantes capacités de stockage avec plus de 40 grandes chambres froides à travers la plupart des communes, dont certaines ne sont pas exploitées. La prochaine récolte de pomme de terre, selon le secrétaire général de la Chambre d’agriculture de la wilaya d’El-Oued, Ahmed Achour, concerne une surface de plus de 30 000 hectares, soit environ 30% de la superficie agricole globale de la wilaya, estimée à 100 000 hectares.
Le secteur de l’agriculture, véritable catalyseur de l’économie nationale, reste, à ce jour, tributaire des contraintes financières imposées par les banques nationales aux opérateurs économiques qui ont investi dans plusieurs créneaux agricoles, notamment dans la production de la pomme de terre, connue comme étant un produit fortement périssable. Les méga-chambres frigorifiques de stockage manquent dans plusieurs wilayas à vocation agricole, amenant certains agriculteurs à ne produire qu’en fonction des capacités de stockage existant sur les lieux. Pour rappel, le prix de la pomme de terre avait atteint 150 DA le kilo durant le mois de ramadhan.
Perçue comme le plat du pauvre en Algérie, la pomme de terre est considérée comme produit stratégique par les pouvoirs publics. L’Etat algérien, pour préserver le pouvoir d’achat du citoyen, importe souvent de la pomme de terre qui est revendue à des prix subventionnés. Il achète aussi, selon les disponibilités de ses magasins de stockage en froid, le surplus de production nationale de pomme de terre.
Plusieurs agriculteurs sur le territoire national exportent des produits agricoles algériens. Il y va des agrumes, des pastèques et melons, des fraises, des dattes, des pommes de Batna, des olives et des fleurs… Certains de ces produits sont exportés en Europe et en Afrique. Avec une production de 10 millions de quintaux de pomme de terre à El-Oued, l’exportation de notre tubercule devient ainsi possible.