Politique nationale : Jil Jadid appelle à un dialogue inclusif
La force d’un Etat se révèle dans son aptitude à gérer les désaccords avec « intelligence et sagesse », et non dans une démarche pour faire taire les voix discordantes. C’est ce qu’a indiqué, ce lundi, le président du parti politique Jil Jadid (Nouvelle Génération), Lakhdar Amokrane, appelant à une « raison politique lucide » et à un « dialogue courageux » plaçant l’intérêt national au-delà de toute autre considération.
Dans son communiqué, Lakhdar Amokrane est revenu sur l’appel à engager un dialogue national inclusif, « sincère et responsable », jugeant que cette démarche constitue un choix stratégique majeur pour la préservation de l’intérêt supérieur du pays, comme pour la garantie de sa stabilité et de son unité. Il a relevé que le dialogue et même les « négociations courageuses » ne sauraient être assimilés à une faiblesse ou à un renoncement. Bien au contraire, il a affirmé, dans les termes mêmes du communiqué, qu’ils permettent, en ce sens, de protéger l’Algérie et de renforcer sa cohésion interne.
Pour le président de Jil Jadid, l’histoire, en Algérie comme ailleurs, accrédite-le fait que l’exclusion du dialogue, la primauté de la force ou l’imposition du fait accompli ne font qu’intensifier les crises, creuser le fossé entre le pouvoir et la société et fragiliser « le front intérieur » à un moment où « les Etats ont besoin du plus haut degré de cohésion », est-il souligné de même source.
Le communiqué a, en outre, situé cet appel dans un contexte jugé particulièrement « sensible, marqué par des tensions politiques et sociales sur le plan interne », de même que par un environnement régional et international décrit comme « d’une complexité extrême ». Dans ce cadre, Lakhdar Amokrane est d’avis que la nécessité de ce dialogue national inclusif est « plus pressante que jamais ». « Un dialogue qui ne se réduise pas à la forme, qui ne soit pas mené dans une logique de tutelle, mais qui repose sur la reconnaissance mutuelle, le respect du pluralisme et l’acceptation du fait que la divergence est une composante naturelle de toute société vivante », a-t-il soutenu.
Abordant, notamment, la gestion nationale du règlement des conflits politiques et sociaux, Lakhdar Amokrane a, en conséquence, martelé le fait qu’elle ne peut se faire exclusivement par une approche sécuritaire ni par un silence imposé. Il plaide, plutôt, en faveur de l’ouverture de « véritables » espaces de débat, de l’écoute des revendications citoyennes et de l’association des forces politiques, sociales, syndicales et civiles à l’élaboration des solutions.
Dans cette perspective, le lancement d’un processus de dialogue « sérieux et responsable » doit absolument être accompagné d’un climat de confiance, selon le même responsable. Celui-ci devrait, selon lui, se traduire par des mesures « concrètes », en particulier « le respect des libertés, la garantie du droit à l’expression par l’ouverture de l’espace politique et médiatique, et la libération des détenus d’opinion », présentées comme « la porte d’entrée pour reconstruire la confiance et faire face aux défis actuels, à l’intérieur comme à l’extérieur », a fait savoir le communiqué.
Le président du parti a, d’ailleurs, déclaré que le dialogue n’est pas une option secondaire, mais bien une condition indispensable à la pérennité d’un Etat fort, uni et tourné vers l’avenir, « capable de se protéger dans un monde instable, qui ne pardonne pas aux Etats divisés », a conclu le communiqué du parti.