Politique générale du gouvernement : Le développement du citoyen comme leitmotiv
Consacrées exclusivement au débat de la déclaration de politique générale du gouvernement, les interventions des députés, au deuxième jour, ont été beaucoup plus axées sur les problèmes de développement local. Les députés qui sont intervenus dans la matinée de ce mardi ont principalement fait part des préoccupations et des problèmes rencontrés par les citoyens, après avoir évoqué le bilan du gouvernement.
Contrairement à la première journée des débats, précédée par la présentation du Premier ministre, une quarantaine de députés ont participé à cette deuxième journée de débats. En présence du Premier ministre et de certains autres ministres, les élus qui ont pris la parole ont consacré les six minutes qu’ils leur étaient accordées à interpeller le gouvernement sur la nécessité de trouver des solutions aux multiples problèmes rencontrés par les populations des wilayas qu’ils représentent.
Représentants des wilayas de Guelma, El-Taref, Annaba, Djelfa, Tamanrasset, Boumerdès, par exemple, les élus qui se sont succédé sur le pupitre de la Chambre basse du Parlement ont tous évoqué les difficultés et insuffisances enregistrés dans plusieurs secteurs au niveau local, notamment dans les secteurs de l’éducation (surcharge des classes), du transport, du commerce, des ressources en eau, de l’habitat et de la santé, où un manque flagrant de médicaments, notamment anticancéreux, et une prise en charge des malades fait souvent défaut, en sus de l’absence de structures capables de répondre à la grande demande. Ils ont aussi signalé les lenteurs administratives et l’esprit bureaucratique, toujours ancrés dans les administrations locales.
Si certains se sont interrogés sur la politique économique adoptée par le gouvernement et appellent, par conséquent, le gouvernement à « profiter de l’embellie financière pour opérer des changements et engager des réformes, et ne surtout pas rater cette occasion, comme ce fut le cas auparavant », d’autres ont estimé qu’il est difficile d’évaluer le bilan du gouvernement, en l’absence de chiffres. Et ce sont les députés du MSP qui ont émis des réserves sur la déclaration de politique générale du gouvernement. « On ne peut pas évaluer le bilan du gouvernement par manque de chiffres », a affirmé un député MSP, évoquant la réalité que vivent les Algériens, caractérisée par un manque de certains produits de base et l’augmentation généralisée des prix. Nabil Rahiche, de la même formation politique, a signalé « l’absence de certains indicateurs qui reflètent les réalisations économiques du gouvernement », à l’instar du PIB et du taux de chômage.
Selon lui, beaucoup de dossiers ne sont pas évoqués dans les réalisations du gouvernement. « On ne trouve pas de trace de la révision de l’accord d’association avec l’UE et certaines filières d’activités sont complètement ignorées », a-t-il expliqué. Le travail du gouvernement durant une année « n’a pas dépassé le stade de planification », selon Farida Ghanra du MSP. Elle a affirmé qu’« il est techniquement impossible d’évaluer son bilan ». Elle a préféré évoquer les préoccupations des citoyens qui se plaignent principalement de la hausse des prix. C’est aussi ce qu’a confirmé un député indépendant, signalant la détérioration continue du pouvoir d’achat des citoyens.
Le FLN, qui a salué toutes les réalisations du gouvernement, a invité le gouvernement à adopter une stratégie prospective, notant que les réalisations sur le plan économique ne sont pas reflétées sur le terrain. Belkacem Ben El-Mouaz s’est interrogé sur le fait que le gouvernement se soit félicité de l’amélioration du climat des affaires par la promulgation de la nouvelle loi sur l’investissement, sans engager la réforme du système financier et bancaire.
Un élu du parti El Bina a, de son côté, invité le gouverneur de la Banque d’Algérie à venir à la Chambre basse du Parlement pour faire part de la situation financière du pays. Un député RND a, quant à lui, demandé au Premier ministre d’instruire les walis afin de les intégrer dans les différentes commissions régionales et d’organiser des rencontres périodiques avec les élus, et ce afin de trouver des solutions communes.