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Nationale

Polémique FLN-PT : Signes d’un clash

Polémique FLN-PT : Signes d’un clash

Les récentes accusations du patron contesté du FLN à l’endroit de Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, lors d’un meeting à Annaba, vient envenimer les rapports déjà tendus entre Amar Saâdani et tous ceux qui dénoncent les pratiques d’un clan présidentiel.

Les propos de Saâdani étaient durs, violents, quand il affirma que l’existence même du PT est « anticonstitutionnelle » et que ce parti de gauche n’a de politique que quatre termes ou mots en dix ans d’existence, l’OTAN, Khelil, Temmar et les multinationales. 

Saâdani est allé encore plus loin en estimant que ce parti est « anti-démocratique puisque Hanoune est à la tête de son parti depuis sa création » et qu’il « ne pèse rien ». Plus grave, Saâdani en chef d’un parti qui détient la majorité dans toutes les institutions, pense dénier ou interdire même au PT de critiquer la politique ou le bilan de Bouteflika.

Ces flèches qui ont bien surpris certains analystes et la dureté de la réaction du FLN devraient interpeller les milieux politiques, car elles dénotent d’une prise de position toute nouvelle de la part d’une sphère qui gravite autour du pouvoir. Il est vrai que cette réaction de Saâdani n’est venue que parce que Louisa Hanoune n’avait pas mâché ses mots dans une interview récente, quand elle fustigea, non pas Bouteflika, mais plutôt ses alliés et surtout ceux qui l’entourent parmi l’oligarchie ou la nouvelle bourgeoisie montante.

Selon elle, c’est l’intrusion des puissants patrons dans les rouages de l’Etat qui risquent de mener le pays au pire, estimant que Bouteflika n’a pas tenu ses promesses, notamment dans la question des réformes politiques. Hanoune avait même suggéré que c’est l’intrusion de l’argent dans la politique qui est à l’origine des blocages actuels.

En fait, pour nos analystes, la réponse de Saâdani était presque attendue, car on pense que le SG du FLN est devenu le porte-parole de cette oligarchie envahissante dans nos institutions et qui fait, non plus du lobbying politique, mais de la politique tout court.

Quand Hanoune et d’autres opposants s’attaquent à une partie de l’entourage du président de la République, cela veut dire qu’il devrait y avoir un retour de flammes de la part de cet entourage, même si le PT est l’un des rares partis politiques qui soutient et qui a soutenu le chef de l’Etat dans sa campagne électorale depuis plus d’une décennie.

Or, l’une des premières conséquences de cette attaque violente de la part de Saâdani, c’est d’avoir consacré la rupture entre des partis politiques partisans du clan présidentiel et les autres pôles politiques, qu’ils soient de la coordination nationale des libertés et de la transition démocratique, de l’instance de concertation et de suivi ou de la sphère dite médiatrice. Tout le monde connaît les rapports plutôt cordiaux, respectueux et amicaux entre Bouteflika et la patronne du PT.

Cette dernière a toujours affiché une position clémente envers le pouvoir depuis au moins l’élection présidentielle de 2004. Comment, aujourd’hui, Saâdani s’est-il senti visé par les dénonciations de Hanoune ? Pourquoi veut-il détruire ces anciens rapports de sympathie que Bouteflika a tissé avec Hanoune ? Ce sont autant d’interrogations d’observateurs qui méritent un autre regard et qui devraient inciter les milieux politiques à comprendre la nouvelle position du FLN, pour ne pas dire sa volte-face.

Il est curieux d’ailleurs de constater que la rupture est presque consommée quand des partis politiques partisans de Bouteflika critiquent maintenant ouvertement tous les autres partis politiques de tous bords, qu’ils soient les adversaires traditionnels, la CNLTD, le Front de Ali Benflis ou le FFS et son projet de conférence nationale sur le consensus. S’agit-il d’un choix politique délibéré, d’un engagement qui risque de se manifester par d’autres décisions encore plus virulentes ou par des attitudes politiques plus autoritaires ?

C’est en tous les cas les questions qu’on se pose, puisque Saâdani est en train de cracher sur pratiquement tout ce qui ne paît pas dans ses territoires, allant jusqu’à « insulter l’avenir » pour reprendre l’avis d’un analyste.

Bien qu’il existe encore des gestes bienveillants de la part de Amar Ghoul ou d’autres au sein même du CNLTD, comme tente de le faire comprendre Mokri du MSP, il semble bien qu’on se dirige vers ce « déchirement », cette interposition politique et une rupture totale entre les différentes mouvances politiques nationales.

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