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Nationale

Plusieurs wilayas touchées : Pénurie de lait à l’Est

Plusieurs  wilayas touchées : Pénurie de lait à l’Est

La pénurie dans la distribution du lait en sachet continue à Annaba, El-Tarf, Guelma et Souk-Ahras. Il faut se lever tôt pour avoir un sachet ou deux, mais pas plus. Que se passe-t-il, alors que l’est algérien a toujours été réputé « bassin laitier ».

Dans la région d’Annaba, il existe une laiterie principale baptisée Edough, et deux petites laiteries de faible rendements malgré les subventions étatiques. Il faut noter que le bassin laitier d’Annaba, d’El-Tarf, Souk Ahras, Guelma et Skikda génère depuis des années, sans faille aucune, la plus grosse quantité de lait d’Algérie. 

Selon certains éleveurs, collecteurs et d’autres intervenants directs dans la filière lait : « Les aléas qui ont fait régresser la profession peuvent être maîtrisés et dépassés par l’organisation de la filière lait (…) les élevages bovins nécessitent plus d’efforts, plusieurs paramètres s’imposent pour dynamiser la profession ».

Ils citent pour exemple la création d’un périmètre irrigué pour la culture fourragère, l’introduction d’un cheptel de qualité, la participation des unités laitières au soutien et à l’accompagnement des éleveurs, le soutien de l’Etat pour l’acquisition de génisses de sélection locales (pépinières), encourager la culture fourrage hydroponique (orge traité spécialement) pour assurer une alimentation en vert sur toute l’année, veiller au suivi vétérinaire avec un bouclage systématique du cheptel et un soutien financier par les banques pour les équipements mécaniques.

Si ces mesures sont appliquées, et avec la volonté animant les acteurs de la filière du lait, les rendements qualitatifs et quantitatifs seront au rendez-vous en un temps record pour peu que les éleveurs soient consultés et conseillés, surtout par ces temps où la main-d’œuvre locale manque. » Nos interlocuteurs précisent que de plus en plus de jeunes se détournent de l’activité agricole pour d’autres métiers loin du secteur agro-pastoral.

L’un d’eux, possédant une ferme avec une cinquantaine de vaches laitières, sera plus précis : « A défaut d’une main-d’œuvre locale, on est obligé pour le bien de la profession de demander des mécanisations à grande échelle (…) c’est un point important et nécessaire pour le renouveau rural politique comme prôné par les pouvoirs publics ». Un autre éleveur de la région de Skikda ajoute : « Les éleveurs sont conscients des directives de M. le ministre de l’Agriculture, zéro pour cent de poudre de lait à l’importation en 2019 ». 

Pour le moment, chose curieuse, la majorité des éleveurs et encore plus les collecteurs sont malmenés aux portes des laiteries pour la réception de leur lait. Si ce n’est pas de l’acidité trouvé dans le lait comme nous l’affirme un collecteur, « aujourd’hui on nous parle de trace de médicament décelé dans le lait de vache parce qu’ils aiment continuer de travailler avec la poudre de lait ».

Pour exemple, ayant accosté un collecteur à la sortie de l’usine de lait « Edough » qui a fait l’objet d’un retour d’une quantité de 3 200 litres de lait soi-disant contaminé aux antibiotiques, il nous déclarera qu’ « aujourd’hui l’usine n’a accepté que 24 000 litres de lait cru », alors que cette laiterie collecte au moins 40 000 litres par jour. 

Pour rappel, toutes les laiteries payent intégralement, sous quinzaine, le lait cru réceptionné à raison de 36 dinars le litre, l’Etat accorde une subvention à hauteur de 14 dinars aux éleveurs, les collecteurs et les usines de lait reçoivent respectivement 5 dinars et 4 dinars de lait cru transformé. 

C’est dire l’aide importante que le gouvernement accorde à la production de lait à travers le territoire national, mais le plus souvent des tricheries sont apparues ici et là entre le réceptionnaire et le collecteur. 

Le plus souvent, on déclare aux services de contrôle étatiques, documents à l’appui, d’énormes quantités de lait cru réceptionnés ou transformés avec des intentions malsaines, uniquement pour profiter des subventions étatiques.

Et c’est la triste facette qui saigne à blanc la trésorerie de l’Etat, alors que ce dernier n’a jamais cessé de promouvoir la politique du tout alimentaire, surtout en matière de lait, aliment indispensable. S’il n’y a aucun contrôle sérieux dans le trafic de la collecte du lait cru et de sa transformation, facile à réaliser de par son utilisation, on continuera toujours en 2019 et plus d’importer du lait en poudre.

Des éleveurs constitués en association indiquent que la pénurie du lait en sachet continuera tant que les gérants des laiteries privées ou étatiques continueront de faire problème à la réception du lait de vache algérien. 

Le rôle l’ONIL

L’office national interprofessionnel du lait (ONIL) a tout fait pour réguler la distribution du lait en sachet.C’est un organisme étatique chargé de l’achat, du stockage et de la distribution du lait en poudre à travers les multiples laiteries installées en Algérie. C’est cet office qui décide des quotas de lait en poudre à attribuer aux usines de transformation de lait en Algérie. 

L’ONIL, souvent attaqué par plusieurs opérateurs économiques du secteur du lait pour sa mauvaise distribution du lait en poudre, est pour l’instant un régulateur important entrant dans l’avenir de l’autosuffisance alimentaire nationale.

Si par le passé beaucoup d’erreurs de distribution de la poudre de lait importée, destinée exclusivement à la production du sachet de lait à des prix subventionnés, actuellement sa politique est basée sur des attributions de quotas aux laiteries selon leur capacité de réception du lait cru, autrement plus ces laiteries collectent du lait de vaches, plus elles auront un important quota de lait en poudre.

Mais il existe des trafics véreux à l’intérieur de plusieurs unités de transformation de lait. La poudre de lait, subventionnée par l’Etat et importée à coup de millions de dollars, n’est pas utilisée pour la fabrication du lait en sachets destiné aux larges souches de la société algérienne ; elle serait utilisée dans les fromageries, pour les yaourts et autres.

Encore plus, elle fait partie de trafic honteux entre « biznassa » de première main et sa revente à d’autres laiterie bénéficiaires déjà de quota de poudre de lait, et encore pis, cette poudre alimentaire trouve souvent comme destination finale le Maroc ou la Tunisie comme cela a été signalé dans un passé récent par les services de sécurité. 

Plusieurs éleveurs et collecteurs, optimistes et qui se déclarent pour une « Algérie indépendante du lait étranger, trouvent que « tout le monde a trouvé son compte avec l’importation du lait en poudre et qu’il serait impossible que cette matière importé cesse en 2019 comme annoncé par deux ex-ministres du gouvernement.

Ces mêmes éleveurs et collecteurs concluent : « S’ils veulent supprimer cette maudite poudre, c’est maintenant ou jamais et tout le monde se mettra au travail, car plusieurs wilayas ont atteint l’autosuffisance en lait local et les cadres de plusieurs ministères le savent bien ». 

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