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Nationale

Plus de 500 000 sans papiers régularisés en Espagne: une décision historique

Plus de 500 000 sans papiers régularisés en Espagne: une décision historique

Le gouvernement espagnol a annoncé la régularisation de plus de 500 000 migrants en situation irrégulière  dont des algériens une mesure d’une ampleur exceptionnelle destinée à transformer en profondeur le paysage migratoire du pays.

À l’issue d’un accord conclu au sein de la coalition dirigée par le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, un programme extraordinaire de régularisation des migrants en situation irrégulière sera prochainement mis en œuvre, ouvrant la voie à la légalisation de plus d’un demi-million de personnes déjà présentes sur le territoire national.

Selon les déclarations de la ministre de l’integration, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiz, cette initiative permettra aux bénéficiaires de travailler « dans n’importe quel secteur et dans toute partie du pays », soulignant « l’impact positif » de la migration sur l’économie espagnole.

Elle a estimé que le nombre de personnes concernées pourrait avoisiner les 500 000, tout en reconnaissant qu’il s’agit encore d’évaluations préliminaires. « Il s’agit de reconnaître et de rendre leur dignité à des personnes qui vivent déjà en Espagne », a-t-elle affirmé.

Le décret royal, dont l’approbation est attendue par le Conseil des ministres, prévoit l’octroi d’un permis de résidence provisoire d’un an, renouvelable selon les conditions habituelles. Les bénéficiaires obtiendront immédiatement une autorisation de travail, l’accès au système de santé public ainsi que l’inscription à la sécurité sociale. Les procédures d’expulsion administrative en cours seront suspendues pour les personnes éligibles.

Pour pouvoir prétendre à cette régularisation, les ressortissants étrangers devront démontrer qu’ils résident de façon ininterrompue  depuis au moins le cinq derniers mois en Espagne soit avant le 31 décembre 2025 et ne pas avoir avoir commis une infraction judiciaire.

Les demandes de régularisation débuteront  en avril prochain et la période de dépôt des dossiers s’étendra jusqu’à la fin du mois de juin.

La condition de résidence dans le pays peut être prouvée à l’aide de documents tels que le registre électoral, les rapports de rendez-vous médicaux, les certificats d’aide sociale ou des documents tels qu’un contrat de location, des justificatifs d’envoi d’argent ou des titres de transport, a appris le Jeune Indépendant auprès des sources au sein du parti Podemos.

Au moment du dépôt de la demande, les procédures de retour ou les ordonnances d’expulsion pour des raisons administratives ou pour travail sans permis qui pèsent sur le demandeur seront suspendues, et lorsque la demande sera acceptée, une autorisation de séjour provisoire sera accordée, permettant de travailler légalement et d’accéder à d’autres droits fondamentaux, tels que les soins de santé.

Si la décision est favorable, une autorisation de séjour d’un an sera accordée, à l’issue de laquelle une autorisation ordinaire pourra être demandée conformément à la réglementation sur les étrangers, selon les mêmes sources.

Le gouvernement justifie cette décision, soutenue par les partis Podemos et Sumar ainsi que les groupes de gauche,  par la nécessité de résorber une population clandestine estimée à près de 840 000 personnes, de lutter contre l’exploitation du travail informel et d’élargir l’assiette fiscale. Les autorités rappellent également le précédent de 2005, lorsque près de 580 000 permis de séjour avaient été délivrés, entraînant une hausse de l’emploi formel et une contribution notable au produit intérieur brut.

Pedro Sánchez a maintes fois insisté sur le rôle crucial de l’immigration pour combler les pénuries de main-d’œuvre notamment dans le nord du pays et atténuer les effets du vieillissement démographique, lequel exerce une pression croissante sur le système des retraites et l’Etat providence. Dans un contexte européen marqué par une montée des discours hostiles aux migrants, cette orientation espagnole apparaît comme une exception notable parmi les grandes économies de l’Union européenne.

Les organisations de la société civile ont salué cette mesure. Laetitia Van der Vennet, représentante d’une plateforme de défense des migrants sans papiers, y voit « un geste d’humanité et de bon sens » à contre-courant des tendances observées des deux côtés de l’Atlantique.

Toutefois, plusieurs associations mettent en garde contre le risque d’engorgement administratif, les bureaux régionaux d’immigration étant déjà fortement sollicités. Le ministère de l’Intérieur prévoit le déploiement de centaines d’agents temporaires et la mise en place d’un portail numérique unique afin de fluidifier le traitement des demandes.

Sur le plan économique, cette régularisation est perçue comme un levier stratégique. L’Espagne enregistre une croissance proche de 3 % et son taux de chômage est passé sous la barre des 10 % pour la première fois depuis 2008. Les secteurs de l’hôtellerie, de la logistique et des soins aux personnes âgées demeurent en quête de main-d’œuvre, et cette nouvelle main-d’œuvre légalement employable pourrait contribuer à consolider la dynamique économique nationale.

Des témoignages illustrent également la dimension humaine de cette réforme. Ousman Umar, migrant originaire du Ghana, devenu entrepreneur social après un parcours semé d’épreuves, estime que cette mesure « sera bénéfique non seulement pour les migrants mais pour toute la société ». Selon lui, la légalisation permettra à des milliers de personnes de travailler légalement, de payer des impôts et de contribuer au système de retraites dans un pays où le taux de natalité demeure faible.

Ainsi, entre impératifs économiques, considérations humanitaires et enjeux démographiques, l’Espagne s’engage dans une réforme d’envergure qui pourrait redéfinir son modèle migratoire et influencer le débat européen sur la gestion des flux migratoires au XXIᵉ siècle.

On ignore le nombre total d’algériens en situation irrégulière en Espagne mais de nombreux immigrants algériens ont rejoint de manière clandestine les côtes espagnoles et sont retenus dans les centres de rétention. Les arrivées des algériens sur les côtes espagnols de juin à décembre 2025 sont estimées à 4094 dont de nombreux femmes, mineurs et enfants, a fait savoir le ministère espagnol de l’intérieur fin décembre.



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