Plus de 3 milliards de m3 stockés : Hausse du taux de remplissage des barrages
L’Algérie ne devrait pas subir cette année le stress hydrique des années précédentes. Les importantes précipitations enregistrées, principalement la semaine dernière, ont entraîné une hausse du taux de remplissage des barrages, estimé à plus de 38 %, dont certains ont atteint leur capacité maximale de stockage.
Une situation qui va épargner au pays de vivre les mêmes épisodes de stress hydrique, surtout que les pluies et la fonte des neiges attendues durant l’hiver sont susceptibles d’augmenter les niveaux de remplissage des barrages.
Les précipitations enregistrées la semaine dernière, partout dans le pays, ont été bénéfiques et ont permis d’augmenter le taux des eaux stockées. Selon le directeur de la division gestion des ressources au niveau de l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT), Nasr Eddine Ouaïl, cette situation nous éloigne de celle de l’année précédente et nous permettra surtout de passer un été dans les meilleures conditions.
« Le taux de remplissage des barrages a atteint plus de 38 %, avec plus de 3 milliards de m3 stockés », a-t-il indiqué, ce samedi, lors de son passage à la Télévision nationale, précisant que les précipitations enregistrées la semaine dernière ont été d’un grand apport. « Nous avons enregistré une importante quantité d’eau, soit environ 400 millions de m3, stockée au niveau des barrages, à travers tout le territoire national », a précisé ce responsable à l’ANBT, soulignant un taux de remplissage à 100 % dans plusieurs barrages. Il a, dans ce sens, cité l’exemple des barrages Kissir et Boussiaba dans la wilaya de Jijel, celui d’Oued Tah dans la wilaya de Mascara et de Mexa dans la wilaya d’El-Taref, lesquels ont tous atteint leur capacité maximale de stockage. D’autres qui ont atteint un niveau de remplissage de plus de 80 %, pourraient atteindre les 100 % avec les prochaines précipitations, a ajouté Nasr Eddine Ouaïl, notant que la distribution de cette eau se fait selon un programme établi par le ministère de l’Hydraulique, en coordination avec l’Agence et les partenaires, à l’instar de l’Algérienne des eaux.
Néanmoins, la rationalisation de l’utilisation de l’eau est toujours de mise. Un point sur lequel a insisté ce responsable, appelant à la préservation de cette ressource vitale, et ce en évitant tout gaspillage.
L’Algérie, qui fait face depuis des années à une faible pluviométrie – une conséquence directe des changements climatiques -, a établi une nouvelle stratégie à même de garantir la sécurité hydrique du pays. Une stratégie qui repose sur la réalisation des stations de dessalement d’eau de mer dans l’objectif de doubler la part de l’eau dessalée en vue de couvrir la demande nationale en eau potable. Une stratégie qui se concrétise sur le terrain avec la mise en service de cinq grandes stations d’une capacité de 300 000 m3/jour. La deuxième phase du programme devrait être exécutée durant l’année en cours, avec le lancement de la réalisation de nouvelles stations, l’objectif étant de vaincre le stress hydrique.
Par ailleurs, ce responsable à l’ANBT est revenu sur les projets lancés concernant la construction des barrages. Il a fait savoir que quatre barrages sont en cours de réalisation (dans les wilayas de Tizi Ouzou, d’Annaba à El-Taref). Signalant le fait que les travaux de réalisation ont atteint les 80 % pour certains de ces projets, le directeur de la gestion des ressources à l’ANBT a affirmé que « d’ici à la fin de l’année, ils vont être livrés ».
Interrogé sur le choix de la région pour la réalisation des barrages, il a fait savoir que cela se fait en tenant compte de plusieurs facteurs, à l’exemple des niveaux de précipitations et de la position géographique. Evoquant le transfert de l’eau d’un barrage à un autre, dans le cadre de « la solidarité hydrique », ce responsable a eu aussi à s’exprimer sur la qualité de l’eau stockée dans les barrages. Il a ainsi rassuré les citoyens, affirmant que des analyses et contrôles périodiques sont effectués pour s’assurer de la qualité de l’eau.