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Nationale

Croissance de 4% prévue dans la PLF 2021: les spécialistes sceptiques

Croissance de 4% prévue dans la PLF 2021:  les spécialistes sceptiques

Atteindre un  taux de croissance de 4% du PIB durant l’année 2021, tel que prévu dans le cadre du projet de loi de finance PLF 2021, adopté mardi à l’APN, sera difficile. Critiqué par certains députés, lesquels s’interrogent sur le ton optimiste du gouvernement au moment où le monde entier connaît une récession en raison de la crise sanitaire, des spécialistes se montrent réticents à cette perspective de l’Exécutif.

C’est le cas de Mahfoud Kaoubi, analyste économique et financier pour qui ce taux de croissance sera difficile à atteindre, surtout que des réformes ne sont pas engagées. «Ce taux pourrait être atteint si un ensemble de réformes, qui tardent à voir le jour, sont engagées le plus vite possible», a-t-il affirmé, mercredi, lors de son passage sur les ondes de la Chaîne 3. Cependant, il estime que le contexte ne s’y prête pas, outre les réticences en matière d’engagement de réformes et surtout d’assistance au monde de l’entreprise, qui connaît une situation très critique depuis  deux ans. «Comment prévoir et envisager une croissance sans les entreprises ?», s’interroge l’économiste pour qui les entreprises n’ont pas été accompagnées dans le cadre de la loi de finance 2021. «On s’attendait à ce que des dispositions soient prises envers les entreprises, mais on est resté sur notre faim. Le monde de l’entreprise n’a pas vu des mesures qui doivent lui permettre de dépasser ce contexte », a-t-il précisé. C’est dans ce sens que M. Kaoubi plaide pour l’accompagnement des entreprises qui devaient avoir plus d’attention de la part des pouvoirs public, compte tenu de leur situation financière délicate, comme c’est le cas de par le monde où des aides ont été allouées aux entreprises.
Il a en outre indiqué que ce taux de 4 % est basé sur des hypothèses très optimistes dont une croissance des hydrocarbures de plus de 7.2 %. « Comment peut-on atteindre cette croissance dans un secteur d’activité qui connait une conjoncture mondiale pratiquement instable et pleine d’incertitudes», s’interroge-t-il, rappelant que le gouvernement a projeté une augmentation des exportations de 10 %, en se basant sur un prix de vente  à 45 dollars le baril. « Est-ce possible avec cette deuxième, ou une  probable troisième, vague du Covid-19 ?», s’interroge-t-il encore, mettant en avant les prévisions du FMI et de la Banque mondiale. « Ils ne plaident pas et ne justifient pas une croissance aussi optimiste que celle prévue par le gouvernement  dans le cadre de cette loi de finance 2021 », a-t-il indiqué, affirmant que cet optimisme pourrait être révisé dans la réalité comme ce fut le cas les années précédentes.
L’invité de la rédaction de la chaine 3, estime, par ailleurs, que le gouvernement après une année d’exercice, n’a pas entrepris des réformes budgétaires, monétaire et financière qui permettraient de sortir des déséquilibres qui s’accroissent de plus en plus. Si la pandémie du coronavirus en est pour beaucoup, « elle ne justifie pas l’immobilisme et le manque d’engagement de réformes », selon les précisions de l’intervenant.

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