Plan national de l’autisme : L’État accélère le maillage territorial des structures spécialisées
Moins d’un an après les directives du président de la République et la création du Centre national de l’autisme par décret en janvier 2026, la stratégie nationale entre dans sa phase opérationnelle. Plusieurs centres spécialisés ouvriront leurs portes dès la rentrée 2026/2027 à travers le pays, portés par un nouveau programme pédagogique unifié et une mise à niveau scientifique des équipes sur le terrain.
La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, a annoncé ce lundi, depuis la wilaya de Béchar, l’entrée prochaine en service de plusieurs centres spécialisés dédiés à l’autisme, et ce à travers différentes wilayas du pays.
Cette annonce a été faite à l’occasion de l’inauguration d’un centre spécialisé de prise en charge des enfants autistes, considéré parmi les premiers établissements du genre en Algérie. Selon la ministre, ces structures entreront officiellement en activité à partir de la rentrée sociale 2026/2027.
Les nouveaux centres seront implantés notamment à Tipasa, Tébessa, Oran, Alger et Béchar, en application des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui avait ordonné, lors du Conseil des ministres du 1er juin 2025, la création d’un Centre national de l’autisme ainsi que d’établissements spécialisés à travers le territoire national.
La ministre a indiqué que la création du Centre national de l’autisme constitue une étape stratégique dans la construction d’un système intégré de prise en charge des personnes atteintes de troubles du spectre autistique.
Créé par décret présidentiel en janvier 2026, ce centre aura pour mission de superviser la mise en œuvre du plan national de l’autisme, d’assurer le suivi des programmes spécialisés et d’évaluer les mécanismes de prise en charge.
L’établissement sera également chargé de coordonner les interventions des différents secteurs concernés, notamment dans les domaines du dépistage précoce, du diagnostic, de l’accompagnement pédagogique et du soutien aux familles.
La ministre a insisté sur la nécessité d’adopter une approche multidimensionnelle combinant les aspects médicaux, psychologiques, éducatifs et sociaux afin d’assurer une prise en charge adaptée des enfants autistes.
Dans cette optique, un nouveau programme pédagogique et éducatif a été élaboré au profit de l’ensemble des structures spécialisées, qu’elles relèvent du secteur public, du mouvement associatif ou d’établissements privés.
Les autorités ambitionnent ainsi d’unifier les méthodes de prise en charge et de s’aligner sur les références scientifiques internationales en matière d’accompagnement des enfants atteints de TSA.
Le dispositif prévoit également un accompagnement renforcé des familles, à travers un soutien psychologique et social adapté.
La responsable du secteur a souligné que la réussite de cette politique dépend essentiellement de la qualification des intervenants sur le terrain. Dans ce cadre, des cycles de formation et des ateliers régionaux et nationaux ont été organisés durant le mois de février 2026 dans plusieurs wilayas. Ces sessions ont bénéficié à 1 078 participants issus de différentes spécialités du secteur de la solidarité nationale, mais aussi à des enseignants, des représentants d’associations et des parents d’enfants autistes.
D’autres sessions de formation sont prévues durant les mois de mai et juin afin de renforcer les compétences des intervenants et d’améliorer les méthodes d’accompagnement.
La visite ministérielle à Béchar a également été marquée par le lancement d’une caravane sanitaire solidaire destinée aux personnes âgées vivant dans les zones éloignées.
La ministre a, par ailleurs, supervisé le lancement d’un atelier de formation destiné aux femmes au foyer, ainsi que la remise des décisions de bénéfice du programme « Famille productive », qui vise à encourager l’autonomisation économique des femmes et à promouvoir les activités génératrices de revenus, notamment dans les régions rurales, sahariennes et frontalières.
Dans le cadre du programme de développement social « DEVCOM », une enveloppe de 600 millions de dinars a été consacrée en 2026 au financement de 166 nouveaux projets à travers le pays.
Un autre programme, doté d’un milliard de dinars, permettra, quant à lui, le financement de 589 projets de travaux d’utilité publique à haute intensité de main-d’œuvre avec, à la clé, la création de près de 5 890 emplois.