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Nationale

Plan d’action de son gouvernement à l’APN : Le grand test d’Ouyahia

Plan d’action de son gouvernement à l’APN : Le grand test d’Ouyahia

Le plan d’action du gouvernement Ouyahia poursuit deux objectifs fondamentaux, à savoir l’accélération de la croissance économique et la réduction de la pauvreté. Il présente également des objectifs spécifiques relevant des différents secteurs tels que l’énergie, l’agriculture et le bâtiment et un degré moindre, l’industrie.

La validation du plan d’action du gouvernement Ouyahia devant le Parlement (APN et Sénat) ne sera finalement qu’une simple formalité tant le gouvernement dispose d’une confortable assise à l’Assemblée nationale (plus de 300 députés). Mais l’opposition qui l’attend de pied ferme compte lui lors de ces retrouvailles un accueil musclé.

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia qui revient pour la quatrième fois aujourd’hui devant l’APN pour présenter et défendre son programme de 58 pages ne part pas cette fois-ci dans l’inconnu.

Mieux préparé, et outillé pour la circonstance, Ouyahia va donner la pleine mesure de son talent d’orateur hors-pair pour faire passer son plan d’action qui fait appel, pour la première fois dans l’histoire du pays, au financement non-conventionnel, autrement dit au recours à la planche à billets pour payer les salaires des fonctionnaires et financer via cette technique les grands projets structurants.

Les échanges avec les députés de l’opposition ne manqueront pas de piment. Il faut s’attendre à des débats houleux, surtout avec la nouvelle technique de financement de l’économie nationale qui ne va pas laisser les députés indifférents.

Si les élus des quatre partis de la majorité présidentielle ont été plus ou moins mis dans la confidence, ceux des autres formations politiques seront très critiques sur cette méthode de financement qui fait peur à tout le monde.

L’opposition, qui a constitué il y a deux ans une instance de coordination dénommée ISCO, projet mort-né d’ailleurs, pour contrer les choix politiques et économiques du régime, se fera un malin plaisir de descendre en flammes le plan d’action d’Oyahia. Selon l’opposition, le programme du gouvernement tel que présenté n’est qu’un chapelet de bonnes intentions et de peu d’actions à mener, dont les coûts n’ont pas été cernés et le timing de mise en œuvre totalement absent.

Ainsi, l’impact des actions envisagées au niveau des différents secteurs d’activité économique n’est pas quantifié en termes d’objectifs poursuivis.

Le Premier ministre devrait donc expliquer comment son gouvernement compte mettre en œuvre ce qu’il appelle les politiques appropriées dans les domaines de la fiscalité, du budget, des salaires et de la protection sociale, pour atteindre ce qu’il appelle les valeurs, en l’occurrence la solidarité, la justice sociale et l’égalité des chances.

Plus concrètement, le gouvernement devrait indiquer clairement comment il entend appliquer cette politique de justice sociale. Le plan d’action omet de dire comment arriver à mieux maîtriser le comportement du taux de change du dinar pendant la période considérée.

Or, sa non maîtrise remet en cause toutes les prévisions des recettes et des dépenses. Comment le gouvernement entend-il répondre à ce défi ? Après la présentation de ce plan d’action par Ouyahia, le prix du baril a atteint le seuil des 55 dollars, soit la meilleure performance depuis la fin du mois de juillet. Les députés poursuivront les débats jusqu’à mardi, date à laquelle les présidents des groupes parlementaires devront intervenir.

La journée du jeudi sera consacrée à l’intervention du Premier ministre qui répondra aux questions des députés, avant de soumettre le plan d’action du gouvernement au vote des députés le jour même.

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