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Nationale

Plaidoyers pour un consensus national

Plaidoyers pour un consensus national

Les choses sérieuses commencent en cette fin de deuxième semaine de campagne électorale. Si la première fut terne et sans relief, la seconde étape du marathon est devenue intéressante à plus d’un titre.

De nombreux sujets à vocation nationale, politique et organisationnelle ont été abordés par les chefs de parti. Chacun a sorti son arme favorite.

Le premier secrétaire national du FFS, Mohamed El-Hadj Djilani, a tiré de son chapeau le fameux projet mort-né de consensus national, un slogan vieux de quatre ans mais qui n’arrive pas à fédérer l’ensemble de la classe politique : « Nous avons opté pour ces sorties sur le terrain à Bouira pour rencontrer le citoyen, être proche de lui et l’écouter ainsi que pour le sensibiliser sur l’importance de voter et de choisir le programme du FFS, qui porte sur la solidarité locale et vise à concrétiser à long terme un consensus national », a-t-il déclaré.

« Le projet du FFS est de parvenir à un consensus national afin d’unir toutes les forces pour bâtir une Algérie forte », a-t-il insisté, avant d’appeler le gouvernement à « revoir le code communal » de façon à décentraliser la gestion locale et à donner davantage de prérogatives aux élus locaux.

Le secrétaire national du FFS a saisi cette occasion pour rendre un vibrant hommage à la candidate de son parti dans la commune de Sidi Khlil (El-Oued), décédée lundi dernier dans un accident de la route.

De retour de Moscou où il a pris part à la 12e édition du Forum de Russie, Djamel Ould-Abbès n’a pas attendu longtemps pour se mettre dans le bain électoral. A partir de Gué de Constantine il a affirmé, ou plutôt soutenu, « être armé de missiles russes pour affronter les adversaires du FLN » lors de cette campagne électorale.

Le séjour moscovite du SG du FLN l’a-t-il armé à ce point ? Ses missiles feront-ils mouche ou disparaîtront-ils dans la nature comme ses nombreuses piques ? Or, Ould Abbès n’arrête jamais de se référer au président Bouteflika à qui il emprunte tout son programme : « Notre programme est celui du président de la République, inspiré des principes fondamentaux de la déclaration du 1er novembre 1954 », a-t-il souligné, ajoutant que les élections locales « s’inscrivent dans le cadre du combat permanent que mène le FLN » pour le parachèvement du processus d’édification du pays.

Le président du MSP, Abdelmadjid Menasra, a appelé de Bordj Bou Arréridj à associer les P/APC aux « initiatives d’investissement ». Menasra a considéré que « les présidents des APC doivent avoir davantage de prérogatives en matière de gestion du dossier de l’investissement pour réduire la dépendance à l’égard de l’administration centrale et générer, ainsi, une sorte de concurrence entre les présidents des APC ».

Il a qualifié de « déraisonnable » le fait que l’administratif « ait de larges prérogatives en matière de gestion des affaires locales tels que l’investissement et le logement social, tandis que l’élu local, plus proche des préoccupations des citoyens, s’en trouve privé ».

Le rôle de l’administration décriée

Le président du Front El-Moustakbal, Abdelaziz Belaïd a réitéré à partir de M’sila sa revendication première celle d’accorder dorénavant à l’élu une immunité totale et entière à l’image des parlementaires. « Cette immunité donnera une grande importance au rôle de cet élu local et concrétisera la démocratie et la décentralisation dans la gestion et la prise de décision », dit-il.

Pour justifier sa démarche, Belaid a expliqué que la situation sociopolitique du pays, la décentralisation et la croissance démographique « exigent la création de nouvelles communes pour prendre en charge les préoccupations citoyennes », estimant que les APW « n’exerçaient plus leur fonction de contrôle et sont devenues un simple instrument au service de l’administration ».

Le président du parti TAJ, Amar Ghoul, a abordé cette question des prérogatives des élus, estimant que la mission « doit être dévolue aux assemblées communales ».

Ghoul a exprimé son refus de voir ces assemblées « dépourvues de leurs prérogatives essentielles », annonçant qu’une proposition de réforme du rôle des assemblées élues a été déposée au Parlement et que les détails de cette proposition seront communiqués après les résultats du scrutin des élections locales du 23 novembre.

Il a aussi plaidé à Médéa en faveur « d’une levée du gel sur les projets de portée stratégique », estimant que l’effort de développement consenti par les pouvoirs publics « doit être consolidé et orienté vers des secteurs clefs de notre économie ».

Le SG du mouvement Ennahda, Mohamed Douibi, représentant de l’union nahda-Adala-Bina a appelé, à Guelma, les citoyens à « contribuer à l’assainissement de la commune des profiteurs et de la corruption ».

La SG du PT Louisa Hanoune, qui s’exprimait au cours d’un meeting électoral à Tizi-Ouzou, a sévèrement critiqué la loi de finances 2018 et la planche à billets prônée par le gouvernement pour faire face à la crise financière, tout en proposant d’autres solutions comme le recouvrement des impôts et les remboursements des crédits bancaires.

Elle a reconnu que pour une fois, son parti partage la même option de sortie de crise avec le FMI qu’elle a toujours combattu, en s’opposant au recours à la planche à billets. Pour elle, le plan du gouvernement n’engendrerait que des inégalités sociales par la création de deux Algéries, l’une « riche et utile et l’autre pauvre et inutile ».

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