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Nationale

Plaidoyer pour un plan de sauvetage de la filière de l’électroménager

Plaidoyer pour un plan de sauvetage de la filière de l’électroménager

Un plan de sauvetage doit être envisagé par les autorités dans les meilleurs délais pour redresser la filière de l’électroménager, à l’image de l’Eniem qui fait face à une faillite certaine.
C’est ce qu’a recommandé le professeur en économie Mohamed-Cherif Belmihoub lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale.
Il a indiqué que des mesures doivent être prises en urgence en passant d’abord par la levée des contraintes imposées par la note ABEF (Association des professionnels des banques et établissements financiers) (Réf. 479/DGC/2019 du 30 septembre 2019), afin de permettre aux entreprises de s’approvisionner en kits SKD ET CKD et préserver ainsi les milliers de postes d’emploi menacés d’une disparition certaine.
Ces fleurons de l’industrie nationale connaissent une dégradation effrénée, conséquence directe des pratiques « administratives » qui n’obéissent à aucune logique économique, affirme l’économiste. Il met l’accent dans ce sillage sur les aberrations qui frappent ce secteur, notamment les décisions favorisant l’importation durant les vingt dernières années.
Faisant savoir que quelques entreprises nationales ont pu atteindre un taux d’intégration de 70% pour certains produits électroménagers, Belmihoub estime « injuste » de continuer à accorder les mêmes avantages aux opérateurs qui restent loin de cette performance. Il suggère à ce titre de différencier entre les entreprises et d’adopter un système « progressif » incitant les opérateurs à augmenter le taux d’intégration en faveur de l’industrie sous-traitante nationale.
Et d’ajouter : « L’industrie de montage peut être le début d’une industrialisation d’une filière. La faute n’incombe pas dans ce secteur aux industriels ayant bénéficié des avantages accordés pour la réalisation de leurs projets, mais plutôt au manque de suivi à même d’en faire une véritable industrie nationale. » 
Le spécialiste ne s’arrête pas là et dresse tableau noir sur la situation globale de l’industrie nationale. Dans son analyse, il voit que la dégradation de la filière électroménagère est due à un manque de stratégie industrielle de cette filière inondée par l’importation très coûteuse et non contrôlée des kits SKD ET CKD, sans réfléchir, ajoute-t-il, à une bonne évaluation de l’évolution des usines de montage. « Il ne s’agit pas de se contenter des décisions « génériques » consistant à fixer aux opérateurs un taux d’intégration à atteindre au bout d’un certain temps d’activité dans un secteur donné ».
La gestion industrielle de la filière, souligne-t-il, suppose une compréhension de la logique économique et une stabilité et une rupture avec la mauvaise gestion des devises qui ne pourrait que perturber le système de production et affecter, par ricochet, la filière entière.
Pour rappel, les dispositions émises par l’ABEF en septembre 2019 sont en rapport avec le payement des importations en kits CKD et SKD des produits électroménagers et des téléphones mobiles. Il est mentionné dans ladite note que le paiement de ces importations devra se faire exclusivement par différé de paiement avec un délai obligatoire compris entre neuf (9) mois au minimum et une année (360 jours) au maximum ». Tout compte fait, la filière de l’électroménager et électrique fait les frais d’une mauvaise gestion de plus de vingt ans, tout comme les autres compartiments du tissu industriel national dont la conception est basée sur les réserves de change. Ces dernières sont tributaires du yo-yo du marché mondial des hydrocarbures et ne cessent de rétrécir comme une peau de chagrin, atteignant quelque 50 milliards de dollars. 

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